lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2403881 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2024 la SARL Elementerre, représentée par Me Rosenfeld, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 septembre 2024 par laquelle le maire de Seillons Source d'Argens a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée E 225, ensemble la décision implicite du 26 octobre 2024 refusant de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite ;
2°) de lui enjoindre de lui délivrer ce certificat ou le permis tacite sous un mois et 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la décision attaquée du 17 septembre 2024 ;
- les autres pièces du dossier ;
- la désignation du président du Tribunal.
Vu :
- le code de justice administrative, notamment son article L. 522-3.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement en fait et en droit, si les effets de l'acte attaqué sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. La commune de Seillons Source d'Argens a précédemment refusé à la requérante le 4 juin 2020 un permis de construire une maison. Ce permis a été annulé par le jugement du tribunal n°2003334 du 26 décembre 2023 pour défaut de motivation. Il a été enjoint à son maire de réexaminer la demande.
4. Si la requérante soutient être titulaire d'un permis de construire tacite né le 3 avril 2024 en l'état de l'instruction il ne ressort pas des pièces du dossier un doute sérieux allant dans ce sens. Dès lors elle n'est pas recevable à demander la suspension d'exécution d'une décision implicite refusant de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite.
5. La requérante soutient, sur l'urgence, qu'elle est constituée, car la décision attaquée du 17 septembre 2024 porte une atteinte grave et immédiate à ses intérêts, met en péril sa survie de manière imminente, que sa situation financière est critique puisque son résultat est négatif et sa trésorerie proche de zéro tel que l'atteste son expert-comptable, qu'elle ne peut rembourser le prêt garanti par l'Etat. Mais il ne ressort pas des pièces du dossier que cette situation - en l'état des éléments produits - justifie d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite la requérante n'est pas fondée à demander la suspension d'exécution de la décision attaquée du 17 septembre 2024. Par voie de conséquence doivent être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que ses conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Elementerre.
Copie en sera adressée à la commune de Seillons Source d'Argens.
Fait à Toulon le 02 décembre 2024.
Le vice-président désigné
Juge des référés
Signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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