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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2404022

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2404022

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2404022
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui demandait l'annulation d'un arrêté d'expulsion du préfet du Var. Le juge a constaté que le recours, enregistré le 8 décembre 2024, était tardif car introduit plus de deux mois après la notification de l'arrêté intervenue le 5 juillet 2023. Cette notification mentionnait les voies et délais de recours, et le requérant n'a pas justifié d'une nécessité d'assistance linguistique pour en comprendre la portée. La solution est fondée sur les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Jarraya, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2023 par lequel le préfet du Var a prononcé son expulsion du territoire français à destination de l'Algérie ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Des pièces, enregistrées le 11 décembre 2024, ont été présentées par le préfet du Var.

Un courrier, enregistré le 12 décembre 2024, a été présenté en réponse par M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il ressort du dossier, notamment de la pièce produite par le préfet du Var le 11 décembre 2024, que l'arrêté attaqué prononçant l'expulsion a été notifié au requérant le 5 juillet 2023, alors que l'intéressé était incarcéré et qu'il a refusé de le signer. Le recours contentieux enregistré le 8 décembre 2024 au greffe du Tribunal, présenté par M. B contre cette décision, qui comportait la mention des voies et délais de recours est, par suite, tardif. Il n'est pas établi à cet égard que M. B, qui allègue être entré en France dès le 15 avril 2001 et avoir contracté mariage avec une ressortissante française avant qu'un divorce soit prononcé au cours de l'année 2010, ait eu besoin en 2023 de l'assistance d'un interprète en langue arabe pour comprendre la portée de la décision qui lui a été notifiée. Il s'ensuit qu'en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la présente requête enregistrée le 8 décembre 2024 doit être rejetée comme manifestement irrecevable.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 12 décembre 2024.

Le président,

Signé

JF. SAUTON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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