mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2500071 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MGR AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 et 24 janvier 2025, l'association Var Inondations Ecologisme " V.I.E de l'Eau ", l'association France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d'Azur " FNE PACA ", l'association France Nature Environnement dans le Var " FNE 83 ", l'association de défense du Plan de La Garde " ADPLG ", l'association Comité d'intérêt local La Grenouille " CIL La Grenouille ", l'association Comité d'intérêt local Le Pradet Nord-Est " CIL Pradet Nord-Est " et l'association Le Pradet Environnement demandent au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le maire de la commune du Pradet a délivré à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée un permis de construire afin de créer un pôle de valorisation des déchets sur la parcelle cadastrée section AB n° 242 et située 1680 avenue Ganzin sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée une somme de 500 euros à verser à chaque association requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elles soutiennent que :
Sur la recevabilité :
- elles ont capacité pour agir ;
- leurs présidents respectifs ont qualité pour agir en leur nom ;
- elles ont intérêt pour agir ;
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- l'arrêté attaqué ne comporte pas de dérogation au régime de protection des espèces animales et végétales protégées, en l'occurrence l'alpiste aquatique et le lézard à deux raies, en violation des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement, ;
- il méconnaît les principes de la loi littoral relatifs à la continuité de l'urbanisation et à la préservation des coupures d'urbanisation ;
- la notice d'incidence environnementale est partiellement absente et insuffisante, en méconnaissance des articles L. 181-1, L. 181-2 et R. 181-14 du code de l'environnement ;
- les remblais, les excavations et plus généralement l'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) prévus dans le périmètre de protection rapprochée du puits de Fontqueballe méconnaissent les interdictions prévues par l'arrêté préfectoral du 7 janvier 2020 ;
- la parcelle d'assiette du projet est située dans une zone exposée à un fort risque d'inondation et les remblais prévus dans le lit majeur du cours d'eau de La Règue méconnaissent la rubrique 2.1.5.0 de la doctrine préfectorale " MISEN " en matière d'écoulement des eaux ainsi que la disposition 8.03 du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Rhône-Méditerranée ;
- la métropole Toulon-Provence-Méditerranée réalise des travaux alors qu'une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage s'ouvre concernant le forage de La Foux ;
- les dérogations à la législation sur les ICPE sollicitées par la métropole Toulon-Provence-Méditerranée sont infondées ;
- les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune du Pradet sont entachées d'un " manque d'anticipation " depuis 2011 et méconnaissent " toutes les législations actuelles en matière d'urbanisme ".
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 et 27 janvier 2025, la commune du Pradet, représentée par Me Gravé, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des associations requérantes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est sans objet ;
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- les moyens soulevés ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2025, la métropole Toulon-Provence-Méditerranée, représentée par Me Pyanet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge solidaire des associations requérantes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car dépourvue d'objet ;
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- les moyens soulevés ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation présentée par les associations requérantes sous le n° 2500109.
Vu :
- le code de l'environnement :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cros, premier conseiller, en qualité de juge des référés en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 janvier 2025 à 9 heures :
- le rapport de M. Cros, juge des référés ;
- les observations de MM. Volpin et Pigaglio et de Mme A pour les associations requérantes, qui persistent dans leurs conclusions écrites par les mêmes moyens développés oralement ;
- les observations de Me Gravé pour la commune du Pradet ;
- les observations de Me Teyssier pour la métropole Toulon-Provence-Méditerranée.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative () fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Aucun des moyens invoqués par les associations requérantes, analysés ci-dessus, n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir et la condition d'urgence, les conclusions des associations requérantes à fin de suspension de l'exécution de cet arrêté doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que celles relatives aux dépens qui, au demeurant, sont inexistants dans la présente instance.
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune du Pradet et la métropole Toulon-Provence-Méditerranée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Var Inondations Ecologisme " V.I.E de l'Eau " et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Pradet et la métropole Toulon-Provence-Méditerranée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Var Inondations Ecologisme " V.I.E de l'Eau ", à l'association France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d'Azur " FNE PACA ", à l'association France Nature Environnement dans le Var " FNE 83 ", à l'association de défense du Plan de La Garde " ADPLG ", à l'association Comité d'intérêt local La Grenouille " CIL La Grenouille ", à l'association Comité d'intérêt local Le Pradet Nord-Est " CIL Pradet Nord-Est ", à l'association Le Pradet Environnement, à la commune du Pradet et à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée .
Fait à Toulon, le 28 janvier 2025.
Le juge des référés,
signé
F. CROS
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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