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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2502445

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2502445

mercredi 25 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2502445
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. D et Mme A visant à suspendre une mesure d'expulsion prévue le 14 juillet 2025. Les requérants invoquaient une atteinte grave à leurs libertés fondamentales (droit au logement, dignité, vie privée et familiale) en raison de la vulnérabilité de leur famille. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, faute pour les requérants d'avoir produit des pièces justifiant l'imminence de l'expulsion ou une situation nécessitant une intervention dans les 48 heures. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juin 2025, M. C D et Mme B A demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la mesure d'expulsion prévue le 14 juillet 2025.

Ils soutiennent que :

Sur l'urgence :

- leur famille est composée de personnes vulnérables : enfants, personne malade et personne handicapée ;

- aucune solution de relogement ne leur a été proposée ;

Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :

- l'expulsion porte atteinte au droit au logement décent, au droit à la dignité humaine et au droit à la vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Faucher, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heure ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée ".

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier objectivement, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

3. Pour démontrer que la condition tenant à l'urgence est satisfaite, les requérants font valoir qu'une mesure d'expulsion est imminente et qu'elle est prévue le 14 juillet 2025. Cependant, cette affirmation n'est étayée par aucune pièce ou décision administrative. Par cette simple allégation, M. D et Mme A ne démontrent aucune situation d'urgence nécessitant l'intervention du juge des référé liberté dans le délai de 48 heures.

4. Dans ces conditions, la condition tenant à l'urgence ne peut être regardée comme satisfaite en l'état. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. D et Mme A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. D et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifié à M. C D et Mme B A.

Fait à Toulon le 25 juin 2025.

La magistrate désignée,

signé

S. Faucher

La greffière,

signé

L. Aparicio

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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