Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête du syndicat des copropriétaires des Capucins, qui demandait l’annulation d’un permis de construire délivré par le maire de Saint-Tropez. Le juge a constaté que le requérant n’avait pas justifié, malgré une demande de régularisation, avoir notifié son recours au titulaire de l’autorisation et à l’auteur de la décision, comme l’exige l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme. Cette omission, non régularisée dans le délai imparti, a entraîné l’irrecevabilité de la requête sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Le président de la 1ère chambreVu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2025, le syndicat des copropriétaires des Capucins, représenté par Me Ceresiani, demande au Tribunal d’annuler la décision du 17 février 2025 par laquelle le maire de Saint-Tropez a accordé un permis de construire à la SC Leef pour la rénovation et l’extension d’une villa sur la parcelle cadastrée AK 40, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire, d'aménager ou de démolir. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ».
3. Les délais susmentionnés sont des délais francs. La requête, enregistrée le 4 juillet 2025, ne contenait pas la justification de sa notification au pétitionnaire et à l’auteur de la décision attaquée portant permis de construire. Il a été demandé au requérant, par lettre du greffe du 1er août 2025, d’en justifier. Il n’en a pas justifié. Par suite la requête doit être rejetée comme manifestement irrecevable, sur le fondement de l’ensemble des dispositions susvisées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires des Capucins.
Copie en sera adressée à la commune de Saint-Tropez et à la SC Leef.
Fait à Toulon, le 5 décembre 2025.
Le président de la 1ère chambre
Signé : J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.