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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2504085

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2504085

jeudi 23 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2504085
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMARQUES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. et Mme M... et par M. E... pour demander la suspension de la décision du maire de Roquebrune-sur-Argens du 25 septembre 2025 ordonnant à ENEDIS de couper le raccordement électrique de leurs parcelles. Les requérants invoquaient l’urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment au regard des articles L. 2212-1 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. La commune a demandé une substitution de motif fondée sur l’article L. 111-12 du code de l’urbanisme, relatif aux pouvoirs de police spéciale en matière d’urbanisme. Le juge des référés a rejeté les requêtes, considérant que la condition d’urgence n’était pas établie et que les moyens soulevés n’étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025 sous le n°2504085, M. A... M... et Mme D... M..., représentés par Me Cunin, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 septembre 2025 par laquelle le maire de Roquebrune sur Argens a demandé à la société ENEDIS de procéder à la coupure du raccordement au réseau public d’électricité de leur parcelle, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au maire de Roquebrune sur Argens d’ordonner à la société ENEDIS de rétablir le raccordement au réseau électrique de leur parcelle, dans un délai de 48h, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Roquebrune sur Argens une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et Mme M... soutiennent que :

La condition d’urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée, consistant à une coupure brutale du raccordement électrique d’une maison d’habitation, malgré l’existence d’un contrat avec ENEDIS, porte un préjudice important à leur situation personnelle et familiale.

Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le défaut de base légale à la mise hors service d’un raccordement existant de longue date ;
- la violation des dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, ainsi que l’erreur de fait, puisque le maire de Roquebrune-sur-Argens ne démontre aucun trouble à l’ordre public qui résulterait de l’occupation de ces parcelles par les propriétaires ;
- le retrait d’un raccordement existant créateur de droit en méconnaissance de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2025, la société ENEDIS, représentée par Me Spano, conclut à ce qu’il soit statué ce que de droit sur la requête et à ce qu’une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme M... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société ENEDIS fait valoir que :
- une obligation de sécurité pèse sur elle ; elle a reçu injonction du maire de la commune de Roquebrune-sur-Argens, par courrier du 13 aout 2025, de procéder à la coupure du raccordement électrique de la parcelle ;
- les parcelles, propriétés des requérants, n’ont jamais bénéficié d’un raccordement définitif régulier.

Par un mémoire, enregistré le 21 octobre 2025 à 16h 46, la commune de Roquebrune-sur-Argens, représentée par Me Marques, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut de production d’une copie de la requête au fond et de la décision attaquée ;
- l’urgence n’est pas constituée ;
- une substitution du motif tiré de l’exercice des pouvoirs de police spéciale de l’urbanisme fondée sur l’article L. 111-12 du code de l'urbanisme est demandée, plaçant le maire en situation de compétence liée et rendant les moyens soulevés inopérants ;
- subsidiairement, les moyens soulevés ne sont pas fondés.


II/ Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025 sous le n°2504092, M. F... E..., représenté par Me Cunin, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 septembre 2025 par laquelle le maire de Roquebrune sur Argens a demandé à la société ENEDIS de procéder à la coupure du raccordement au réseau public d’électricité de sa parcelle, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au maire de Roquebrune sur Argens d’ordonner à la société ENEDIS de rétablir le raccordement au réseau électrique de sa parcelle, dans un délai de 48h, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Roquebrune sur Argens une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. E... soutient que :

La condition d’urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée, consistant à une coupure brutale du raccordement électrique d’une maison d’habitation, malgré l’existence d’un contrat avec ENEDIS, porte un préjudice important à sa situation personnelle et familiale ;

Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le défaut de procédure contradictoire préalable à cette décision individuelle défavorable en méconnaissance des articles L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le défaut de base légale à la mise hors service d’un raccordement existant de longue date ;
- la violation des dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, ainsi que l’erreur de fait, puisque le maire de Roquebrune-sur-Argens ne démontre aucun trouble à l’ordre public qui résulterait de l’occupation de ces parcelles par les propriétaires ;
- le retrait d’un raccordement existant créateur de droit en méconnaissance de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2025, la société ENEDIS, représentée par Me Spano, conclut à ce qu’il soit statué ce que de droit sur la requête et à ce qu’une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. E... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société ENEDIS fait valoir que :
- une obligation de sécurité pèse sur elle ; elle a reçu injonction du maire de la commune de Roquebrune-sur-Argens, par courrier du 13 aout 2025, de procéder à la coupure du raccordement électrique de la parcelle ;
- les parcelles, propriétés des requérants, n’ont jamais bénéficié d’un raccordement définitif régulier.

Par un mémoire, enregistré le 21 octobre 2025 à 16h 53, la commune de Roquebrune-sur-Argens, représentée par Me Marques, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut de production d’une copie de la requête au fond et de la décision attaquée ;
- l’urgence n’est pas constituée ;
- une substitution du motif tiré de l’exercice des pouvoirs de police spéciale de l’urbanisme fondée sur l’article L. 111-12 du code de l'urbanisme est demandée, plaçant le maire en situation de compétence liée et rendant les moyens soulevés inopérants ;
- subsidiairement, les moyens soulevés ne sont pas fondés.


III/ Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025 sous le n°2504093, Mme J... H..., représentée par Me Cunin, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 septembre 2025 par laquelle le maire de Roquebrune sur Argens a demandé à la société ENEDIS de procéder à la coupure du raccordement au réseau public d’électricité de sa parcelle, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au maire de Roquebrune sur Argens d’ordonner à la société ENEDIS de rétablir le raccordement au réseau électrique de sa parcelle, dans un délai de 48h, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Roquebrune sur Argens une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme H... soutient que :

La condition d’urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée, consistant à une coupure brutale du raccordement électrique d’une maison d’habitation, malgré l’existence d’un contrat avec ENEDIS, porte un préjudice important à sa situation personnelle et familiale.

Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le défaut de procédure contradictoire préalable à cette décision individuelle défavorable en méconnaissance des articles L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le défaut de base légale à la mise hors service d’un raccordement existant de longue date ;
- la violation des dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, ainsi que l’erreur de fait, puisque le maire de Roquebrune-sur-Argens ne démontre aucun trouble à l’ordre public qui résulterait de l’occupation de ces parcelles par les propriétaires ;
- le retrait d’un raccordement existant créateur de droit en méconnaissance de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2025, la société ENEDIS, représentée par Me Spano, conclut à ce qu’il soit statué ce que de droit sur la requête et à ce qu’une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme H... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société ENEDIS fait valoir que :
- une obligation de sécurité pèse sur elle ; elle a reçu injonction du maire de la commune de Roquebrune-sur-Argens, par courrier du 13 aout 2025, de procéder à la coupure du raccordement électrique de la parcelle ;
- les parcelles, propriétés des requérants, n’ont jamais bénéficié d’un raccordement définitif régulier.

Par un mémoire, enregistré le 21 octobre 2025 à 17h 01, la commune de Roquebrune-sur-Argens, représentée par Me Marques, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut de production d’une copie de la requête au fond et de la décision attaquée ;
- l’urgence n’est pas constituée ;
- une substitution du motif tiré de l’exercice des pouvoirs de police spéciale de l’urbanisme fondée sur l’article L. 111-12 du code de l'urbanisme est demandée, plaçant le maire en situation de compétence liée et rendant les moyens soulevés inopérants ;
- subsidiairement, les moyens soulevés ne sont pas fondés.


IV/ Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025 sous le n°2504094, Mme I... G..., représentée par Me Cunin, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 septembre 2025 par laquelle le maire de Roquebrune sur Argens a demandé à la société ENEDIS de procéder à la coupure du raccordement au réseau public d’électricité de sa parcelle, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au maire de Roquebrune sur Argens d’ordonner à la société ENEDIS de rétablir le raccordement au réseau électrique de sa parcelle, dans un délai de 48h, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Roquebrune sur Argens une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme G... soutient que :

La condition d’urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée, consistant à une coupure brutale du raccordement électrique d’une maison d’habitation, malgré l’existence d’un contrat avec ENEDIS, porte un préjudice important à sa situation personnelle et familiale.

Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le défaut de procédure contradictoire préalable à cette décision individuelle défavorable en méconnaissance des articles L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le défaut de base légale à la mise hors service d’un raccordement existant de longue date ;
- la violation des dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, ainsi que l’erreur de fait, puisque le maire de Roquebrune-sur-Argens ne démontre aucun trouble à l’ordre public qui résulterait de l’occupation de ces parcelles par les propriétaires ;
- le retrait d’un raccordement existant créateur de droit en méconnaissance de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2025, la société ENEDIS, représentée par Me Spano, conclut à ce qu’il soit statué ce que de droit sur la requête et à ce qu’une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme G... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société ENEDIS fait valoir que :
- une obligation de sécurité pèse sur elle ; elle a reçu injonction du maire de la commune de Roquebrune-sur-Argens, par courrier du 13 aout 2025, de procéder à la coupure du raccordement électrique de la parcelle ;
- les parcelles, propriétés des requérants, n’ont jamais bénéficié d’un raccordement définitif régulier.

Par un mémoire, enregistré le 21 octobre 2025 à 17h 07, la commune de Roquebrune-sur-Argens, représentée par Me Marques, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut de production d’une copie de la requête au fond et de la décision attaquée ;
- l’urgence n’est pas constituée ;
- une substitution du motif tiré de l’exercice des pouvoirs de police spéciale de l’urbanisme fondée sur l’article L. 111-12 du code de l'urbanisme est demandée, plaçant le maire en situation de compétence liée et rendant les moyens soulevés inopérants ;
- subsidiairement, les moyens soulevés ne sont pas fondés.


V/ Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025 sous le n°2504095, M. C... L... et Mme B... K..., représentés par Me Cunin, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le maire de Roquebrune sur Argens s’est opposé au raccordement au réseau public d’électricité de leur parcelle, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au maire de Roquebrune sur Argens d’ordonner à la société ENEDIS de rétablir le raccordement au réseau électrique de leur parcelle, dans un délai de 48h, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Roquebrune sur Argens une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. L... et Mme K... soutiennent que :

La condition d’urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée, consistant à une coupure brutale du raccordement électrique d’une maison d’habitation, malgré l’existence d’un contrat avec ENEDIS, porte un préjudice important à leur situation personnelle et familiale.

Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le défaut de procédure contradictoire préalable à cette décision individuelle défavorable en méconnaissance des articles L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le défaut de base légale à la mise hors service d’un raccordement existant de longue date ;
- la violation des dispositions des articles L. 2212-1 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, ainsi que l’erreur de fait, puisque le maire de Roquebrune-sur-Argens ne démontre aucun trouble à l’ordre public qui résulterait de l’occupation de ces parcelles par les propriétaires ;
- le retrait d’un raccordement existant créateur de droit en méconnaissance de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2025, la société ENEDIS, représentée par Me Spano, conclut à ce qu’il soit statué ce que de droit sur la requête et à ce qu’une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. L... et Mme K... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société ENEDIS fait valoir que :
- une obligation de sécurité pèse sur elle ; elle est intervenue après incendie et a donc refusé de raccorder de nouveau la parcelle au réseau, outre l’ordre de couper le raccordement reçu du maire;
- les parcelles, propriétés des requérants, n’ont jamais bénéficié d’un raccordement définitif régulier.

Par un mémoire, enregistré le 21 octobre 2025 à 17h 13, la commune de Roquebrune-sur-Argens, représentée par Me Marques, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut de production d’une copie de la requête au fond et de la décision attaquée ;
- l’urgence n’est pas constituée ;
- une substitution du motif tiré de l’exercice des pouvoirs de police spéciale de l’urbanisme fondée sur l’article L. 111-12 du code de l'urbanisme est demandée, plaçant le maire en situation de compétence liée et rendant les moyens soulevés inopérants ;
- subsidiairement, les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes enregistrées le 6 octobre 2025 sous les n°2504086, 2504088, 2504089, 2504090 et 2504091 par lesquelles les requérants susvisés demandent l’annulation des décisions attaquées.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience du 22 octobre 2025.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Aparicio, greffière d’audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Genies substituant Me Cunin pour les requérants,
- celles de Me Marques pour la commune de Roquebrune-sur-Argens,
- et celles de Me Spano pour la société Enedis.

Après avoir prononcé la clôture de l’instruction à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (...) ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

M. et Mme M..., M. E..., Mme H..., Mme G..., M. L... et Mme K..., propriétaires ou occupants des parcelles cadastrées AI 319, 320, 330, 329 et 315 situées sur le territoire de la commune de Roquebrune-sur-Argens, demandent la suspension des décisions par lesquelles le maire de Roquebrune sur Argens a demandé à la société ENEDIS de procéder à la coupure du raccordement au réseau public d’électricité de leurs parcelles ou s’est opposé au raccordement de leur parcelle après l’incendie de leur installation électrique. D’une part, il résulte en effet de l'instruction que, par un courrier du 13 aout 2025, le maire de la commune de Roquebrune-sur-Argens, dans le cadre de ses pouvoirs de police, a donné instruction à la société Enedis de procéder à la coupure du raccordement des parcelles de M. et Mme M..., M. E..., Mme H... et de Mme G... au réseau public d’électricité. Cette demande a été mise en œuvre par la société Enedis. D’autre part, la commune de Roquebrune-sur-Argens ne conteste pas sérieusement s’être opposée à la demande de raccordement présentée par M. L... et Mme K... suite au sinistre intervenu en juin 2025.

En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Par suite, sans qu’il soit besoin de statuer sur la recevabilité des requêtes ou de procéder à une substitution de motif, ni de rechercher si la condition tenant à l’urgence est satisfaite, les conclusions aux fins de suspension de l’exécution des décisions attaquées doivent être rejetées.

Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Ces dispositions font obstacle aux conclusions des requérants dirigées contre la commune de Roquebrune-sur-Argens qui n’est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. et Mme M..., M. E..., Mme H... et M. L... et Mme K... la somme chacun de 300 euros à verser à la commune de Roquebrune-sur-Argens et 300 euros à verser à la société Enedis en application desdites dispositions. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de Mme G..., simple locataire du logement sis sur les parcelles concernées, une somme à ce titre.



O R D O N N E :


Article 1er : Les requêtes de M. et Mme M..., M. E..., Mme H..., Mme G..., M. L... et Mme K... sont rejetées.

Article 2 : M. et Mme M... verseront à la commune de Roquebrune-sur-Argens la somme de 300 euros et à la société Enedis la somme de 300 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. E... versera à la commune de Roquebrune-sur-Argens la somme de 300 euros et à la société Enedis la somme de 300 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Mme H... versera à la commune de Roquebrune-sur-Argens la somme de 300 euros et à la société Enedis la somme de 300 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : M. L... et Mme K... verseront à la commune de Roquebrune-sur-Argens la somme de 300 euros et à la société Enedis la somme de 300 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... M... et à Mme D... M..., à M. F... E..., à Mme J... H..., à Mme I... G..., à M. C... L... et Mme B... K..., à la commune de Roquebrune-sur-Argens et à la société Enedis.

Copie en sera adressée pour information au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Draguignan.

Fait à Toulon, le 23 octobre 2025.


Le vice-président désigné,

signé


JF. SAUTON








La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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