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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2505026

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2505026

vendredi 12 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2505026
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAIDANI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté préfectoral du 29 octobre 2025 refusant le renouvellement du titre de séjour de M. A..., au motif qu’aucun moyen soulevé n’était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le juge a estimé que la condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’était pas remplie, sans qu’il soit besoin d’examiner l’urgence. Les conclusions aux fins d’injonction et les demandes de frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2025, M. B... A... représenté par Me Saïdani, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’arrêté préfectoral du 29 octobre 2025 en ce qu’il rejette sa demande de renouvellement de titre de séjour, ;

2°) d’enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 900 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle, sociale et professionnelle pour caractériser l’urgence.
- le préfet du Var n’a pas procédé à un examen suffisant de sa situation
- aucun élément ne démontre qu’il adopterait aujourd’hui un comportement troublant l’ordre public. Il ne fait l’objet d’aucune condamnation récente, ne commet aucun fait délictueux établi, et ne présente aucun trouble actuel à l’ordre public ;
- le préfet du Var a porté une appréciation manifestement erronée de sa situation au regard de l’article L. 435-3 du CESEDA et a méconnu les exigences de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2025 à 09h19, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- il n’existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2505030 par laquelle M. B... A... demande l’annulation de la décision attaquée.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience.

Au cours de l’audience publique, M. Harang a lu son rapport et entendu les observations de Me Saïdani pour M. B... A....

Après avoir prononcé la clôture de l’instruction à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (...) ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

Le préfet du Var a, par un arrêté du 29 octobre 2025, refusé le renouvellement du séjour à M. B... A... et pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant l’Algérie comme pays de renvoi.

En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. L’une des conditions mises à l’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’étant pas remplie, il y a lieu, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d’injonction de la requête de M. B... A....

Sur les frais d’instance :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit mis à la charge de l’Etat, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d’une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet du Var.


Fait à Toulon, le 12 décembre 2025.


Le Vice-président,
Juge des référés

Signé

Ph. Harang


La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier



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