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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2600398

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2600398

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2600398
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHAIK

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension présentée par M. A... B.... Le requérant contestait un arrêté préfectoral du 13 janvier 2026 portant obligation de quitter le territoire français et assignation à résidence. Le juge constate que la condition d'urgence n'est pas remplie, car le dépôt de la requête au fond suspend déjà l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français en application des articles L. 722-7 et L. 722-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence d'urgence, la requête est rejetée sans examen des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2026, M. A... B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions, la suspension de l’exécution de :
- l’arrêté du 13 janvier 2026, par lequel le préfet du Var a pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire français,
- l’arrêté du préfet du var du 13 janvier 2026 portant assignation à résidence.

M. B... soutient que :

- sur l’urgence, la décision portant obligation de quitter le territoire français aurait pour effet de le séparer brutalement de sa compagne et de rendre impossible la poursuite de leur vie commune ainsi que de leur projet de mariage ;

- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées les moyens tirés de :
- l’erreur matérielle quant aux garanties de représentation et le défaut d’examen sérieux ;
- l’erreur de faits puisque l’arrêté évoque une interpellation alors que c’était une audition libre ;
- l’atteinte à la sécurité juridique en ce que l’arrêté portant assignation à résidence comporte une méconnaissance manifeste entre le domicile retenu, le lieu d’assignation et le lieu de pointage ;
- l’absence de menace réelle pour l’ordre public ;
- la violation de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme ;
- l’atteinte aux droits de la défense quant aux irrégularités ayant affecté l’audition libre.

Vu :
- la requête n° 2600396 enregistrée le 18 janvier 2026 par laquelle M. A... B... demande l’annulation des décisions susvisées ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

D’autre part, aux termes de l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi (…) ». Aux termes de l’article L. 722-8 du même code : « Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français ». Il résulte de ces dispositions que le dépôt d’une requête en annulation contre l’arrêté portant obligation de quitter le territoire français suspend l’exécution de cette obligation ainsi que, par voie de conséquence, celles de la décision fixant le pays de destination et de l’interdiction de retour sur le territoire français.

Enfin, par les dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le législateur a entendu déterminer l’ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l’intervention et l’exécution des décisions permettant à l’autorité administrative de signifier à l’étranger l’obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Eu égard aux caractéristiques particulières de la procédure ainsi définie, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’est justiciable de la procédure instituée par les dispositions de l’article L. 521-1 ni devant le juge des référés du tribunal administratif ni devant celui de la cour administrative d’appel. Il en va autrement dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l’exécution d’une telle mesure relative à l’éloignement forcé d’un étranger emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l’intervention de cette mesure et après que le juge a statué, excèdent ceux qui s’attachent normalement à sa mise à exécution.

En l’espèce, M. B... a saisi le tribunal d’une requête tendant à obtenir l’annulation des arrêtés du 13 janvier 2026 en litige, enregistrée sous le n°2600396, et le dépôt de cette requête a eu pour effet de suspendre l’exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, les conclusions de la présente requête tendant à la suspension de l’exécution de cette décision sont irrecevables.

En outre, à l’appui de sa demande, M. B... invoque uniquement, sans en justifier, les conséquences de son éloignement sur sa vie privée et familiale, mais ne fait valoir aucun élément nouveau dans sa situation personnelle, ni aucun changement de circonstances de fait ou de droit de nature à démontrer que cette exécution de l’obligation de quitter le territoire français ou de l’assignation à résidence emporterait des effets excédants ceux qui s’y attachent normalement. M. B... n’est ainsi pas recevable à demander, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution des arrêtés par lesquels le préfet du Var l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour et a ordonné son assignation à résidence.

En toute hypothèse, la légalité des arrêtés attaqués sera appréciée à très brève échéance, à l’occasion de l’enrôlement de la requête au fond, le 27 janvier 2026.

Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en référé.




ORDONNE :






Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera remise pour information au préfet du Var.


Fait à Toulon, le 21 janvier 2026.





Le juge des référés,


signé


JF. SAUTON


La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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