jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ELIGE BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2100013 et des mémoires complémentaires enregistrés les 4 janvier, 27 septembre et 10 novembre 2021, et des pièces complémentaires enregistrées le 22 janvier 2021, Mme et M. C et Fabien B, représentés par la SELARL Leonem, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler le permis d'aménager n° PA 16358 20 C0001 accordé le 10 juillet 2020 par le maire de Saint-Yrieix-sur-Charente à la société LOTI 16 pour la réalisation d'un lotissement sur un terrain situé à " Les Gouniaces ", ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux le 3 novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la société LOTI 16 et de la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable, dès lors qu'ils ont intérêt à agir ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme, dès lors que le dossier de demande était incomplet ;
- le plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême est illégal, dès lors que classement en zone 1AU du secteur dans lequel se trouve le projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; le projet méconnaît les dispositions de l'ancien document d'urbanisme remises en vigueur dès lors que le terrain n'est pas constructible ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 1AU 3.1 du PLU, dès lors que la voie de desserte du projet n'est pas adaptée au trafic qu'il génère et est de nature à porter atteinte à la sécurité de ses usagers ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 1AU 3.2 du PLU, dès lors qu'il n'est pas établi que le projet est bien desservi par tous les réseaux dans des conditions suffisantes et conformes aux réglementations en vigueur ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article A1 du PLU, dès lors qu'il prévoit l'implantation d'un poste de refoulement des eaux usées et d'une bâche incendie sur une parcelle agricole, classée en zone A ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, dès lors que la réalisation du projet est de nature à porter atteinte à la biodiversité caractéristique des lieux avoisinants et aux paysages naturels et urbains ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-2 du code de l'environnement, dès lors qu'il n'y a pas eu d'évaluation environnementale.
Par des mémoires en observations enregistrés les 19 juillet et 15 novembre 2021, la communauté d'agglomération du Grand Angoulême conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens sont infondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 septembre et 22 décembre 2021, la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente, représentée par Me Merlet-Bonnan, conclut, à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la régularisation du permis d'aménager du 31 juillet 2020, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;
- les moyens de la requête sont infondés.
II. Par une requête n° 2100014 et des mémoires complémentaires enregistrés les 4 janvier, 27 septembre et 10 novembre 2021, et des pièces complémentaires enregistrées le 22 janvier 2021, Mme et M. C et Fabien B, représentés par la SELARL Leonem, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler le permis d'aménager modificatif n° PA 16358 20 C0001 M01 accordé le 31 juillet 2020 par le maire de Saint-Yrieix-sur-Charente à la société LOTI 16 pour la réalisation d'un lotissement sur un terrain situé à " Les Gouniaces ", ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux le 3 novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la société LOTI 16 et de la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable, dès lors qu'ils ont intérêt à agir ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme, dès lors que le dossier de demande était incomplet ;
- le plan local d'urbanisme de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême est illégal, dès lors que le classement en zone 1AU du secteur dans lequel se trouve le projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; le projet méconnaît les dispositions de l'ancien document d'urbanisme remises en vigueur dès lors que le terrain n'est pas constructible ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 1AU 3.1 du PLU, dès lors que la voie de desserte du projet n'est pas adaptée au trafic qu'il génère et est de nature à porter atteinte à la sécurité de ses usagers ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 1AU 3.2 du PLU, dès lors qu'il n'est pas établi que le projet est bien desservi par tous les réseaux dans des conditions suffisantes et conformes aux réglementations en vigueur ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article A1 du PLU, dès lors qu'il prévoit l'implantation d'un poste de refoulement des eaux usées et d'une bâche incendie sur une parcelle agricole, classée en zone A ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, dès lors que la réalisation du projet est de nature à porter atteinte à la biodiversité caractéristique des lieux avoisinants et aux paysages naturels et urbains ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-2 du code de l'environnement, dès lors qu'il n'y a pas eu d'évaluation environnementale.
Par des mémoires en observations enregistrés les 19 juillet et 15 novembre 2021, la communauté d'agglomération du Grand Angoulême conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens sont infondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 septembre et 22 décembre 2021, la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente, représentée par Me Merlet-Bonnan, conclut, à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la régularisation du permis d'aménager du 31 juillet 2020, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Plas, rapporteur public,
- les observations de Me Ago Simala, substituant Me Merlet-Bonnan, représentant la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 janvier 2020, la société LOTI 16 a sollicité la délivrance d'un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de vingt-huit lots à usage d'habitations situé à " Les Gouniaces ". Le maire de la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente a fait droit à cette demande par un arrêté du 10 juillet 2020. Le 23 juillet 2020, la société LOTI 16 a sollicité la délivrance d'un permis d'aménager modificatif pour la modification du réseau d'eaux usées et la définition du stockage des eaux pluviales. Le maire de la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente a fait droit à cette demande par un arrêté du 31 juillet 2020. Ce dernier a rejeté les recours gracieux contre ces deux arrêtés par deux décisions du 9 septembre 2020. Par la requête n° 2100013, Mme et M. B demandent l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2020. Par la requête n° 2100014, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 31 juillet 2020.
2. Les requêtes n° 2100013 et 2100014 sont relatives aux mêmes décisions administratives et présentent à juger des questions identiques. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des permis d'aménager délivrés par le maire de Saint-Yrieix-sur-Charente :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier :
3. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager serait incomplet ou que des pièces seraient insuffisantes, imprécises ou inexactes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
4. Aux termes de l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis d'aménager : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet d'aménagement comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 441-3 et R. 441-4 ". Aux termes de l'article R. 441-3 de ce code : " " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager était accompagnée de la notice descriptive (PA2). Dès lors, le moyen tiré de ce que ce permis aurait été délivré au vu d'un dossier incomplet, en méconnaissance de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme, doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " Sous réserve de l'application des articles L. 600-12-1 et L. 442-14, l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a pour effet de remettre en vigueur le schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document d'urbanisme en tenant lieu ou la carte communale immédiatement antérieur ". Aux termes de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue de cette même loi : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions de refus de permis ou d'opposition à déclaration préalable. Pour ces décisions, l'annulation ou l'illégalité du document d'urbanisme leur ayant servi de fondement entraîne l'annulation de ladite décision ".
7. Il résulte de l'article L. 600-12-1 que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
8. Aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. (). / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. () ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme, qui ne sont pas liés par les modalités existantes d'utilisation du sol, de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
9. Il ressort des pièces du dossier que le projet contesté se situe en zone 1AUb du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême, définie par le règlement comme secteur " de développement à vocation résidentielle essentiellement dont la densité est moins élevée ". Si les requérants soutiennent que ce classement ne prendrait pas en compte la nécessité de limiter l'extension et la pression urbaines mises en exergue dans le diagnostic du territoire, il ressort du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) qu'il a pour objectif de " prioriser les meilleurs espaces pour permettre le développement urbain en continuité des centralités () en fonction de critères valorisants : ) localisation à proximité des équipements ; ) localisation à proximité d'un arrêt de réseau de transport urbain ; () raccordement aux réseaux ". Il ressort également des pièces du dossier que la zone 1AUb se trouve à la périphérie sud et immédiate d'une zone urbanisée qui dispose d'équipements dont un réseau d'assainissement collectif, et qu'elle se situe à quelques minutes à pied de l'arrêt de bus Rampaud au nord et à proximité du centre aquatique Nautilis. En outre, si les requérants soutiennent que le classement en zone 1AUb du secteur d'implantation du projet porterait atteinte à la biodiversité, il ressort des pièces du dossier que la zone ne se trouve ni dans les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique, de type 1 ou 2, ni dans les zones d'importance pour la conservation des oiseaux, ni dans les sites réservoirs de biodiversité, ni dans les zones de protection spéciale et les sites d'importance communautaire, existants à proximité de la zone. Par suite, les auteurs du PLU n'ont pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans le classement des parcelles litigieuses en zone 1AU. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême doit être écarté. En outre, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté du 31 juillet 2020, dès lors que les modifications qu'il acte portent sur le réseau d'eaux usées et la définition du stockage des eaux pluviales.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1AU 3.1 du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême :
10. L'article 1AU 3.1 du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême prévoit que : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin. Les caractéristiques et la configuration de ces voies doivent : () permettre d'assurer la sécurité des usagers au regard de la nature et de l'intensité de trafic. () Les voies de circulation doivent être adaptées à l'importance de l'opération. Les voies de circulation doivent respecter un minimum de 3 mètres de bande roulante ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement prévoit une voie d'accès à la rue du Rampaud, à double sens de circulation, d'une largeur de chaussée de 4,70 mètres, avec une vitesse de circulation limitée à 20 km/h, qui permet d'entrer et de sortir du lotissement. Si les requérants soutiennent que la voie de desserte du projet n'est pas adaptée au trafic qu'il génère et est de nature à porter atteinte à la sécurité de ses usagers, il n'est pas contesté que la largeur de la rue du Rampaud dépasse le minimum de 3 mètres de bande roulante prescrit par le PLU et il n'est pas établi que le projet prévoyant 28 lots serait disproportionné au regard de la voirie existante. Si les requérants soutiennent également que la desserte de la rue du Rampaud présente des angles droits non sécurisés pour les usagers, ils ne produisent toutefois aucun élément probant de nature à établir la dangerosité de ces accès. En outre, s'ils se prévalent du caractère sinueux que présenterait la voie de desserte, il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet se situe sur une portion rectiligne de la rue du Rampaud. Par suite, dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les dispositions précitées du PLU de la communauté d'agglomération du grand Angoulême. En outre, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté du 31 juillet 2020, dès lors que les modifications qu'il acte portent sur le réseau d'eaux usées et la définition du stockage des eaux pluviales.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1AU 3.2 du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême :
12. L'article 1AU 3.2 du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême prévoit que : " Les réseaux internes et les branchements doivent être réalisés conformément à la réglementation en vigueur et aux règlements de service de Grand Angoulême, avec l'accord des gestionnaires concernés. () Toute construction nouvelle ou réhabilitée doit obligatoirement raccorder les installations sanitaires (rejets eaux usées uniquement) au réseau collectif d'assainissement lorsqu'il existe par l'intermédiaire d'un regard de branchement placé généralement en limite de propriété, en domaine public. () Toute construction ou installation nouvelle nécessitant l'utilisation d'électricité sera obligatoirement raccordée au réseau public existant à proximité le cas échéant. () Les constructions, travaux, installations et aménagements réalisés dans la zone devront permettre aux futures constructions qui y sont liées de bénéficier d'un raccordement aux infrastructures et réseaux de communications électroniques existants à proximité. () ".
13. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice explicative, que " Tous les équipements : Electricité, Adduction d'Eau potable, Eaux Usées, Orange, sont en place sous la Rue du Rampaud ou dans le lotissement existant voisin (). Toutes les opérations de raccordement sont prévues au programme du présent lotissement () ". Il ressort également des pièces du dossier que l'article 6 de l'arrêté du 10 juillet 2020 reprend exactement l'avis favorable du 10 juin 2020 de la direction des services techniques, division assainissement et eau potable, de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême, concernant le réseau des eaux usées et
que l'article 2 de l'arrêté du 31 juillet 2020 reprend exactement l'avis favorable du 30 juillet 2020 de la même direction. Par ailleurs, l'avis favorable des services ENEDIS du 23 avril 2020 est visé et annexé à l'arrêté. L'absence de la mention, dans l'arrêté du 10 juillet 2020, selon laquelle l'aménageur pourrait solliciter une puissance de raccordement supérieure à une hypothèse de 154 kVa triphasé est sans conséquence sur la légalité de ce dernier, dès lors que cela concerne seulement les conséquences financières pour la commune. En outre, les requérants n'apportent aucun élément de nature à corroborer leurs allégations sur l'insuffisance des réseaux. Par suite, dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les dispositions précitées du PLU de la communauté d'agglomération du grand Angoulême.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A1 du PLU de la communauté d'agglomération du grand Angoulême :
14. L'article A1 3.2 du PLU de la communauté d'agglomération du Grand Angoulême prévoit que : " Dans l'ensemble de la zone A, sont interdits tous les modes d'occupation du sol et notamment les constructions quelle que soit leur destination à l'exception de ceux autorisés ou autorisés sous conditions. () Dans la zone A qui n'est pas concernée par un secteur sont uniquement autorisées : () L'ensemble des constructions et installations liées et nécessaires aux services publics et d'intérêt collectif () Conditions : - Avoir pour objet la satisfaction de besoins d'intérêt général ; () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée AM 8 est classée en zone A du PLU de la communauté d'agglomération du grand Angoulême et que le projet prévoit l'implantation d'un poste de refoulement des eaux usées et d'une bâche incendie sur cette parcelle. Ainsi, en soutenant que ces équipements ne figurent pas parmi les occupations du sol autorisées dans la zone A, alors qu'il est constant qu'ils ont pour objet la satisfaction de besoins d'intérêt général, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les dispositions précitées du PLU de la communauté d'agglomération du grand Angoulême. En outre, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté du 31 juillet 2020, dès lors que les modifications qu'il acte portent sur le réseau d'eaux usées et la définition du stockage des eaux pluviales.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
16. Aux termes de l'article 1AU 2.2 du règlement du PLU : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
17. Les dispositions de l'article 1AU du règlement du PLU ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du PLU que doit être appréciée la légalité du permis de construire en litige.
18. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage urbain ou naturel, de nature à fonder un refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site urbain ou naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
19. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des planches photographiques produites à l'instance par les parties, qu'eu égard à leur composition et leur configuration, les lieux avoisinants du terrain d'assiette du projet ne présentent ni un caractère remarquable, ni un intérêt particulier. Si les requérants soutiennent que la création d'une voie reliant le lotissement projeté à l'allée des Kiwis va conduire à l'abattage d'arbres anciens, dont notamment deux grands sapins, et modifier l'aspect du lotissement existant, la hauteur limitée des habitations envisagées et l'implantation d'un rideau d'arbres de haute et basse tige, permettront d'atténuer la perception visuelle du projet dans son environnement. Par ailleurs, les requérants ne peuvent faire valoir utilement que la décision a été prise sans égard pour les espèces vivant sur les lieux, dès lors que les atteintes à la biodiversité ne figurent pas parmi les réserves mentionnées par les dispositions précitées au point 19. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet litigieux porterait atteinte à son environnement. En outre, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté du 31 juillet 2020, dès lors que les modifications qu'il acte portent sur le réseau d'eaux usées et la définition du stockage des eaux pluviales.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-22 du code de l'environnement :
20. Aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'environnement : " I. - Pour l'application de la présente section, on entend par : 1° Projet : la réalisation de travaux de construction, d'installations ou d'ouvrages, ou d'autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, y compris celles destinées à l'exploitation des ressources du sol ; () II.- Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas. () ". Aux termes de l'article R. 122-2 du même code : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau () ". En vertu des dispositions du b) de la rubrique 39 de l'annexe à cet article, dans sa rédaction issue du décret du 4 juin 2018 susvisé applicable à la date de l'arrêté attaqué, les opérations d'aménagement sont soumises à évaluation environnementale au cas par cas lorsque " le terrain d'assiette est compris entre 5 et 10 ha, ou dont la surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme ou l'emprise au sol au sens de l'article R.* 420-1 du code de l'urbanisme est comprise entre 10 000 et 40 000 m². ". Toutefois, par la décision n° 425424 du 15 avril 2021, le Conseil d'Etat a, sans moduler dans le temps les effets de sa décision, annulé le décret n° 2018-435 du 4 juin 2018 en tant qu'il ne prévoit pas de dispositions permettant qu'un projet susceptible d'avoir une incidence notable sur l'environnement pour d'autres caractéristiques que sa dimension puisse être soumis à une évaluation environnementale, alors que la question de savoir si un projet est susceptible d'avoir une telle incidence peut également dépendre d'autres caractéristiques du projet, telles que sa localisation, comme le prévoit expressément l'annexe III de la directive du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement, à laquelle renvoie l'article L. 122-1 du code de l'environnement.
21. En l'espèce, en se bornant à soutenir, d'une part, que le terrain d'assiette du projet est situé à moins de 600 mètres d'une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique, et floristique, à un kilomètre d'une zone Natura 2000 et à proximité d'une zone d'importance pour la conservation des oiseaux et, d'autre part, que ce projet aurait dû être soumis, en application de la décision du Conseil d'Etat précitée, à une saisine de l'autorité environnementale d'une demande d'examen au cas par cas, dès lors qu'il est susceptible d'avoir des effets importants sur le plan environnemental puisque le terrain d'assiette offre aux oiseaux un espace de déplacement en dehors de l'enveloppe urbaine de la commune, les requérants, qui n'apportent pas d'éléments justificatifs, notamment quant à l'impact du projet sur la faune existante, ne démontrent pas que ce projet, eu égard à sa localisation, serait susceptible d'avoir une incidence notable sur l'environnement, alors qu'il s'inscrit dans un environnement urbanisé et qu'il sera érigé sur un terrain voisin de bâtiments existants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-2 du code de l'environnement doit être écarté. En outre, ce moyen est inopérant à l'encontre de l'arrêté du 31 juillet 2020, dès lors que les modifications qu'il acte portent sur le réseau d'eaux usées et la définition du stockage des eaux pluviales.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme et M. B ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis d'aménager et du permis d'aménager modificatif accordés par le maire de la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente à la société LOTI 16 pour la réalisation d'un lotissement sur un terrain situé à " Les Gouniaces ".
Sur les frais liés au litige :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme et M. B la somme de 1 600 euros à verser à la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente et de la société LOTI 16, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. B est rejetée.
Article 2 : Mme et M. B verseront à la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente la somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme et M. C et Fabien B, à la commune de Saint-Yrieix-sur-Charente et la communauté d'agglomération du grand Angoulême.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
M. Lacaïle, premier conseiller,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
V. A
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef par intérim,
Signé
G. FAVARD
2 - 2100014
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026