jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LECLER-CHAPERON AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 19 janvier et 29 octobre 2021, 10 février 2022 et 19 janvier 2023, M. C A, représenté par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 5 août 2020 par laquelle le maire de la commune d'Angoulême a exécuté d'office des mesures prescrites par l'arrêté de péril ordinaire du 10 mai 2019, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé le 23 septembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Angoulême la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 5 août 2020 est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le maire aurait dû user de son pouvoir de police administrative générale ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation ;
- les travaux entrepris par la commune sont disproportionnés et insuffisants face au péril.
Par des mémoires en défense enregistrés les 23 août 2021, 20 décembre 2021 et 6 septembre 2022, la commune d'Angoulême, représentée par Me Drouineau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Finkelstein, représentant la commune d'Angoulême.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire d'un immeuble au (ANO)128 rue Saint-Ausone(ANO) à Angoulême. Au cours de l'année 2000, la communauté d'agglomération du grand Angoulême a acquis plusieurs immeubles implantés le long de la route de Bordeaux, à Angoulême, entre la rue Saint- Ausone et l'avenue Wilson, dans le but de les démolir et d'y créer une voie réservée à la circulation des bus. Par un arrêté du 10 mai 2019, la commune d'Angoulême a pris un arrêté de péril ordinaire comportant une mise en demeure de réaliser dans un délai de deux mois, la mise en place de contrefort sur l'immeuble situé au (ANO)128 rue Saint-Ausone(ANO). Par un nouvel arrêté du 30 septembre 2019, la commune a mis en demeure M. A d'exécuter les mesures de l'arrêté du 10 mai 2019, dans un délai de six mois. Par une décision du 5 août 2020, le maire d'Angoulême a informé M. A de l'exécution d'office des mesures prescrites par l'arrêté de péril ordinaire du 10 mai 2019. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 5 août 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé le 23 septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine () " L'article L. 2212-4 dispose : " En cas de danger grave ou imminent, (), le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors applicable : " I. ' Le maire, par un arrêté de péril pris à l'issue d'une procédure contradictoire dont les modalités sont définies par décret en Conseil d'Etat, met le propriétaire de l'immeuble menaçant ruine, et le cas échéant les personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 511-1-1, en demeure de faire dans un délai déterminé, selon le cas, les réparations nécessaires pour mettre fin durablement au péril ou les travaux de démolition, ainsi que, s'il y a lieu, de prendre les mesures indispensables pour préserver les bâtiments contigus. () V. ' Lorsque l'arrêté de péril n'a pas été exécuté dans le délai fixé, le maire met en demeure le propriétaire de procéder à cette exécution dans un délai qu'il fixe et qui ne peut être inférieur à un mois. A défaut de réalisation des travaux dans le délai imparti par la mise en demeure, le maire, par décision motivée, fait procéder d'office à leur exécution. () Lorsque la commune se substitue au propriétaire défaillant et fait usage des pouvoirs d'exécution d'office qui lui sont reconnus, elle agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais. (). ".
4. Il résulte de ces dispositions que, les pouvoirs de police générale reconnus au maire par les dispositions précitées des articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales, qui s'exercent dans l'hypothèse où le danger menaçant un immeuble résulte d'une cause qui lui est extérieure, sont distincts des pouvoirs qui lui sont conférés dans le cadre des procédures de péril ou de péril imminent régies par les articles L. 511-1 à L. 511-4 du code de la construction et de l'habitation, auxquels renvoie l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales, qui doivent être mis en œuvre lorsque le danger provoqué par un immeuble provient à titre prépondérant de causes qui lui sont propres. Toutefois, en présence d'une situation d'extrême urgence créant un péril particulièrement grave et imminent, le maire peut, quelle que soit la cause du danger, faire légalement usage de ses pouvoirs de police générale, et notamment prescrire l'exécution des mesures de sécurité qui sont nécessaires et appropriées.
5. Il résulte de l'instruction qu'en se fondant sur les conclusions du 20 décembre 2018 d'un expert désigné par le tribunal administratif de Poitiers, le maire d'Angoulême a pris la décision attaquée, le 5 août 2020, sur le fondement des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, afin d'exécuter d'office les mesures prescrites par l'arrêté de péril ordinaire du 10 mai 2019. Toutefois, il résulte également de l'instruction que l'expertise du 28 octobre 2022 de M. B, expert près de la cour administrative d'appel de Bordeaux, également désigné par le tribunal administratif de Poitiers, conclut à " l'imputabilité des désordres à : - 15 % pour Monsieur A - 50 % pour Grand Angoulême - 35 % pour Mairie d'Angoulême " en précisant que " le fait d'enlever le bâtiment sis au (ANO)130(ANO) () a ainsi décomprimé le terrain, agissant la construction avoisinante " et que le la " plantation de bambous entre le muret de protection des fondations et le pignon () participe à la déstabilisation du pignon ". Ainsi, l'état de péril trouve sa cause prépondérante dans les travaux de démolition de l'immeuble avoisinant et ne peut être regardé comme résultant d'une cause propre à l'immeuble visé par la décision du 5 août 2020. Dans ces conditions, le maire ne pouvait ordonner l'exécution des travaux d'office que sur le fondement des pouvoirs de police générale qu'il tient des dispositions des articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 5 août 2020 par laquelle le maire d'Angoulême a exécuté d'office des mesures prescrites par l'arrêté de péril ordinaire du 10 mai 2019 doit être annulée, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux exercé par le requérant le 23 septembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Angoulême la somme de 1 200 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 août 2020 par laquelle le maire d'Angoulême a exécuté d'office des mesures prescrites par l'arrêté de péril ordinaire du 10 mai 2019, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux exercé le 23 septembre 2020, sont annulées.
Article 2 : La commune d'Angoulême versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Angoulême au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune d'Angoulême.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
V. BUREAU
Le président,
A. LE MEHAUTELa greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026