jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSET & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2021, des pièces complémentaires enregistrées le 3 février 2022 et un mémoire enregistré le 21 mars 2022, l'association Saint Hubert Club Chalaisien, représentée par la SCP Lavalette Avocats Conseils, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2020 du maire de Sauvignac lui interdisant de chasser sur le territoire de la commune, hormis les chasseurs y habitant ;
2°) d'enjoindre au maire de Sauvignac de procéder à l'enlèvement de tout dispositif restreignant l'accès au lieu-dit Le Ramart, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sauvignac la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est fondée sur des considérations mêlant jugement de valeur et attaques nominatives, caractérisant une situation de harcèlement et mentionne des circonstances dont la matérialité n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'association n'a pas été mise à même de présenter ses observations ;
- la mesure de police n'est ni bornée dans le temps ni dans l'espace et aucune véritable menace pour l'ordre public n'est caractérisée rendant impérative l'interdiction du droit de chasse ;
- elle porte atteinte au schéma départemental cynégétique approuvé par arrêté n°16-2018-06-28-003 du 28 juin 2018 du préfet de la Charente.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2021, des pièces complémentaires enregistrées le 27 septembre 2021 et un mémoire enregistré le 3 mars 2022, la commune de Sauvignac, représentée par la SELARL Cosset-Grossias, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du Saint Hubert Club Chalaisien la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Rimbaud, substituant le cabinet Lavalette Avocats Conseils, représentant l'association Saint Hubert Club Chalaisien.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, l'association communale de chasse Saint Hubert Club Chalaisien demande l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2020 par lequel le maire de Sauvignac (Charente) lui a interdit de chasser sur le territoire de la commune, à l'exception des chasseurs y habitant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 420-2 du code de l'environnement : " Le Gouvernement exerce la surveillance et la police de la chasse dans l'intérêt général. ". Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". Enfin, aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ".
3. Si la police de la chasse relève, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 420-2 du code de l'environnement, de la compétence de l'Etat, ces dispositions ne font pas obstacle à l'exercice, par le maire, de son pouvoir de police générale qu'il tient de l'article L. 2212-2 précité du code général des collectivités territoriales.
4. Pour prendre la décision d'interdiction de chasse en litige concernant l'association Saint Hubert Club Chalaisien hormis les membres résidents de la commune, le maire de Sauvignac s'est fondé premièrement sur " le non-respect de l'arrêté en date du 25 février 2016 concernant les voies communales 4, 5, 6, 103 et 108 ", deuxièmement sur " la dégradation des propriétés privées sans excuse de leur part envers les propriétaires concernés " et troisièmement sur la circonstance que Mme Chadefaud, présidente de l'association, " se permet d'exhiber ses trophées de chasse à l'arrière de son véhicule en parcourant les rues de la commune ", alors que " le bail de chasse ne lui appartient pas " et que le " Club Saint Hubert créé des nuisances quasi-permanentes ".
5. L'association requérante ne conteste pas qu'elle a participé au déplacement de blocs de bétons installés par la commune pour faire respecter l'arrêté du 25 février 2016 interdisant la circulation aux véhicules motorisés sur les voies communales précitées. Il ressort également des pièces du dossier que la maire de la commune a déposé plainte auprès des services de gendarmerie le 11 septembre 2020, puis les 9 et 10 novembre 2020, pour non-respect de l'arrêté interdisant la circulation et dégradation des biens d'autrui, un panneau de sens interdit à tout véhicule motorisé ayant de surcroit été détruit. La commune produit par ailleurs une pétition non datée, signée par des riverains, indiquant ne plus vouloir " être perturbés et dérangés par les incivilités du club Saint Hubert Chalaisien et leur présidente ". Toutefois, ces griefs, qui sont relatifs aux nuisances causées par la circulation des véhicules des membres de l'association et aux incivilités que certains auraient commises, restent insuffisamment circonstanciées et ne permettent pas, en tout état de cause, d'établir une atteinte à la sécurité publique ou à la tranquillité publique de nature à justifier une interdiction de l'activité de chasse pour les membres de ce club non-résidents de la commune, au surplus sans limitation dans l'espace ni dans la durée. Par suite, la mesure de police en litige est entachée d'illégalité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'association communale de chasse Saint Hubert Club Chalaisien est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2020 par lequel le maire de Sauvignac lui a interdit de chasser sur le territoire de la commune à l'exclusion des membres résidents, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de l'association requérante tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de Sauvignac de procéder à l'enlèvement de tout dispositif restreignant l'accès au lieu-dit Le Ramart, qui ne constitue pas une mesure d'exécution de la décision d'interdiction de chasse annulée.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sauvignac la somme de 1 000 euros à verser à l'association Saint Hubert Club Chalaisien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administration. Les dispositions de cet article font, en revanche, obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association Saint Hubert Club Chalaisien, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Sauvignac demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 novembre 2020 du maire de Sauvignac est annulé.
Article 2 : La commune de Sauvignac versera à l'association Saint Hubert Club Chalaisien la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association Saint Hubert Club Chalaisien est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Sauvignac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association Saint Hubert Club Chalaisien et à la commune de Sauvignac.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, premier conseiller,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
N°2100244
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026