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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2100334

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2100334

lundi 17 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2100334
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS TEN FRANCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 22 janvier 2021 sous le n°2100334 et un mémoire enregistré le 25 février 2022, M. A B, représenté par Me Bernot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Bourcefranc-Le-Chapus a mis fin à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directeur général des services ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Bourcefranc-Le-Chapus l'a placé en surnombre au sein des effectifs de la commune pendant une période d'un an ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bourcefranc-Le-Chapus une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de fin de détachement est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision de placement en surnombre, alors qu'il existait un emploi vacant correspondant à son grade au sein de la commune, méconnaît l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- l'arrêté attaqué est entaché de vices de procédure dès lors que son dossier ne lui a pas été communiqué en intégralité, l'information transmise au conseil municipal est erronée et le centre de gestion n'a pas été informé de la décision.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2021, la commune de Bourcefranc-Le-Chapus, représentée par la SCP d'avocats Ten France, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Par ordonnance du 3 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2022.

Un mémoire présenté pour la commune de Bourcefranc-Le-Chapus a été enregistré le 21 avril 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.

II. Par une requête enregistrée le 9 février 2021 sous le n°2100367 et un mémoire enregistré le 25 février 2022, M. A B, représenté par Me Bernot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la délibération du conseil municipal de la commune de Bourcefranc-Le-Chapus du 15 décembre 2020 en tant qu'elle supprime l'emploi vacant d'attaché principal figurant au tableau des effectifs ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bourcefranc-Le-Chapus une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la délibération attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle n'a eu d'autre but que de permettre de faire obstacle à sa réintégration ;

-le maire n'a pas correctement informé les élus concernant l'abstention du comité technique ;

-la délibération comporte des éléments de motivation qui n'ont pas été discutés lors de la séance du conseil municipal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2021, la commune de Bourcefranc-Le-Chapus, représentée par la SCP d'avocats Ten France, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Par ordonnance du 3 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2022.

Un mémoire présenté pour la commune de Bourcefranc-Le-Chapus a été enregistré le 29 avril 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Brejeon, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bernot représentant M. B, et de Me Leeman représentant la commune de Bourcefranc-le-Chapus.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2100334 et 2100367 présentées par M. B concernent la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Par un arrêté du 27 août 2015, M. B, attaché territorial, a été recruté par voie de mutation par la commune de Bourcefranc-le-Chapus. Par un arrêté du 21 septembre 2015, le maire de Bourcefranc-le-Chapus l'a détaché dans l'emploi fonctionnel de directeur général des services pour une durée de cinq ans. Par un arrêté du 10 mai 2016, M. B a été promu au grade d'attaché principal. Par un courrier du 12 août 2020, il a sollicité le renouvellement de son détachement dans l'emploi fonctionnel de directeur général des services. Par un courrier du 31 août 2020, le maire de Bourcefranc-le-Chapus l'a informé de son intention de ne pas renouveler son détachement et l'a convoqué à un entretien préalable le 14 septembre 2020. Par un courrier du 21 septembre 2020, le maire a indiqué à l'intéressé que la fin de son détachement entraînerait sa réintégration dans son grade d'attaché principal et que la collectivité ne disposant d'aucun emploi vacant correspond à son grade, il avait le choix entre le maintien en surnombre au sein de la commune pour une durée maximale d'un an, le congé spécial ou l'indemnité de licenciement. Par un arrêté du 24 novembre 2020, le maire de Bourcefranc-Le-Chapus a mis fin au détachement de M. B sur l'emploi fonctionnel de directeur général des services à compter du 1er décembre 2020, l'a réintégré dans le cadre d'emploi des attachés territoriaux et l'a placé en surnombre au sein des effectifs de la commune pour une période d'un an. Par une délibération du 15 décembre 2020, le conseil municipal a supprimé, à compter du 16 décembre 2020, un emploi d'attaché principal. Par une requête n°2100334, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020 et par une requête n°2100367, il demande l'annulation de la délibération du 15 décembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020 :

3. Aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire occupant un emploi fonctionnel mentionné aux alinéas ci-dessous et que la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade, celui-ci peut demander à la collectivité ou l'établissement dans lequel il occupait l'emploi fonctionnel soit à être reclassé dans les conditions prévues aux articles 97 et 97 bis, soit à bénéficier, de droit, du congé spécial mentionné à l'article 99, soit à percevoir une indemnité de licenciement dans les conditions prévues à l'article 98. () ".

En ce qui concerne la décision mettant fin au détachement de M. B :

4. Il peut être mis fin au détachement des agents occupant les emplois fonctionnels mentionnés à l'article 53 précité pour des motifs tirés de l'intérêt du service. Eu égard à l'importance du rôle des titulaires de ces emplois et à la nature particulière des responsabilités qui leur incombent, le fait pour le directeur général des services d'une commune de s'être trouvé placé dans une situation ne lui permettant plus de disposer de la part de l'autorité territoriale de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions peut légalement justifier qu'il soit, pour ce motif, déchargé de ses fonctions.

5. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que la décision de mettre fin au détachement de M. B est motivée par " une perte de confiance du maire en raison notamment des difficultés relationnelles que l'intéressé entretient avec certains membres du personnel et de l'absence de prise d'initiatives et de propositions préjudiciables au bon fonctionnement de la collectivité ". En outre, il ressort des pièces du dossier que la perte de confiance, qui s'est cristallisée lors de la crise sanitaire du printemps 2020, résulte notamment d'un encadrement insuffisant des équipes, de l'absence de rendu-compte au maire de l'état d'avancement de plusieurs projets en cours, et d'un manque d'anticipation dans la gestion des ressources humaines et de l'absence de mise en œuvre d'un plan de continuité des services lors du premier confinement. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a transmis aux élus une information erronée concernant l'installation des nouveaux conseillers municipaux à la suite des élections municipales de juin 2020, et a mis en œuvre une procédure irrégulière de préemption d'un terrain en juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision plaçant M. B en surnombre au sein des effectifs de la commune :

6. Aux termes de l'article 67 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " () A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est, sauf intégration dans le cadre d'emplois ou corps de détachement, réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. () Lorsqu'aucun emploi n'est vacant, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an dans sa collectivité d'origine dans les conditions prévues à l'article 97. () ".

7. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire territorial sur un emploi fonctionnel mentionné à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 précité, à l'initiative de la collectivité ou de l'établissement au sein de laquelle ou duquel il est détaché sur un tel emploi, que cette fin de fonctions intervienne avant le terme normal du détachement ou résulte du non-renouvellement de celui-ci, ce fonctionnaire est en principe réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. Si sa collectivité ou son établissement d'origine n'est pas en mesure, à la date à laquelle la fin du détachement prend effet, de le réaffecter sur un tel emploi, le fonctionnaire est en droit, dans les conditions prévues par l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984, de demander à la collectivité ou à l'établissement dans lequel il occupait l'emploi fonctionnel de bénéficier d'un reclassement, d'un congé spécial ou d'une indemnité de licenciement.

8. Dans le cas où le fonctionnaire territorial est détaché sur un emploi fonctionnel relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine, il appartient à celle-là ou à celui-ci, pour mettre en œuvre l'obligation de réintégration qui lui incombe en principe, de prendre en compte, sous réserve des nécessités du service, les emplois vacants à la date à laquelle cette collectivité ou cet établissement informe son organe délibérant, en application de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984, de la fin du détachement, ainsi que ceux qui deviennent vacants ultérieurement.

9. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du tableau des effectifs au 1er juin 2019, que la commune de Bourcefranc-le-Chapus disposait, à la date à laquelle son conseil municipal a été informé de la fin du détachement de M. B, soit le 22 septembre 2020, d'un emploi vacant d'attaché principal. Par suite, en décidant de maintenir l'intéressé en surnombre dans la collectivité au lieu de lui proposer cet emploi correspondant à son grade, le maire de la commune de Bourcefranc-le-Chapus a commis une erreur de droit.

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

10. En premier lieu, en vertu de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.

11. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été informé de l'intention du maire de Bourcefranc-le-Chapus de mettre fin à son détachement par un courrier du 31 août 2020 qui fixait l'entretien préalable au 14 septembre 2020. Le courrier précisait que l'intéressé avait " la possibilité, avant l'entretien de venir prendre connaissance de [son] dossier individuel ainsi que de présenter [ses] éventuelles observations ". En outre, le requérant indique lui-même qu'il a consulté son dossier par l'intermédiaire d'une personne qu'il avait mandatée. S'il allègue que " les éléments utiles du dossier attestant de la perte de confiance ne lui ont pas été communiqués ", notamment des éléments produits par la commune dans le cadre de l'instance, il n'apporte pas d'éléments suffisamment précis à l'appui de son allégation permettant d'apprécier les pièces dont il n'aurait pas pu obtenir la communication et les garanties dont il aurait été privé de ce fait. Par suite, le moyen tiré de ce que l'intéressé n'aurait pas été mis à même de consulter l'intégralité de son dossier doit être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Il ne peut être mis fin aux fonctions des agents occupant les emplois mentionnés ci-dessus, sauf s'ils ont été recrutés directement en application de l'article 47, qu'après un délai de six mois suivant soit leur nomination dans l'emploi, soit la désignation de l'autorité territoriale. La fin des fonctions des agents mentionnés aux troisième à huitième alinéas du présent article est précédée d'un entretien de l'autorité territoriale avec les intéressés et fait l'objet d'une information de l'assemblée délibérante et du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ; la fin des fonctions de ces agents prend effet le premier jour du troisième mois suivant l'information de l'assemblée délibérante. ".

13. Il ressort des pièces du dossier que le conseil municipal de Bourcefranc-le-Chapus a été informé, le 22 septembre 2020, de la fin du détachement de M. B prévue pour le 1er décembre 2020. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 précité que l'obligation d'information du conseil municipal devrait porter également sur les modalités de reclassement. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le centre de gestion a également été informé de cette décision préalablement au 28 septembre 2020 et de nouveau par un courrier du 20 octobre 2020. Par suite, les moyens tirés de ce que les obligations d'information de l'assemblée délibérante et du centre de gestion n'auraient pas été respectées doivent également être écartés.

14. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 24 novembre 2020 du maire de Bourcefranc-le-Chapus doit être annulé en tant seulement qu'il place M. B en surnombre au sein des effectifs de la commune pour une période d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 15 décembre 2020 :

15. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, lors de la séance du conseil municipal du 15 décembre 2020, le maire a informé les élus, en reprenant les termes mêmes de l'avis du comité technique, que celui-ci, qui s'est réuni le 10 décembre 2020, s'est abstenu à l'unanimité " compte tenu du fait que l'avis du comité technique doit être pris avant la suppression de l'emploi ". Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, le maire n'a pas communiqué une information erronée aux conseillers municipaux.

16. En deuxième lieu, si le requérant soutient que l'information selon laquelle l'emploi d'attaché principal a été créé par une délibération du 9 février 2016 n'a pas été transmise aux élus, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance aurait exercé une influence sur le sens de la délibération, ni qu'elle aurait privé l'intéressé d'une garantie.

17. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la délibération litigieuse du 15 décembre 2020 n'aurait eu d'autre but que de faire obstacle à la réintégration de M. B alors qu'elle trouvait notamment sa justification dans l'absence de besoin d'un agent au grade d'attaché principal pour remplir un emploi au sein de la commune. Par suite, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 15 décembre 2020 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bourcefranc-Le-Chapus la somme totale de 1 300 euros à verser à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la commune de Bourcefranc-Le-Chapus.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 novembre 2020 du maire de Bourcefranc-le-Chapus est annulé en tant qu'il place M. B en surnombre au sein des effectifs de la commune.

Article 2 : La commune de Bourcefranc-Le-Chapus versera à M. B la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La requête n°2100367 est rejetée.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Bourcefranc-Le-Chapus.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Bruston, présidente,

Mme Thévenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé

A. THEVENET-BRECHOT

La présidente,

Signé

S. BRUSTON

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef par intérim,

La greffière,

N. COLLET

2 - 2100367

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