jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100359 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2021, M. A B, représenté par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal:
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2020 par laquelle la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de cette notification, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 500 euros à verser à son conseil ou, à titre subsidiaire, de mettre à la charge de l'Etat la somme 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 313-7 et R. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la préfète ne pouvait légalement lui opposer le fait qu'un contrat d'apprentissage est incompatible avec la mention " étudiant " ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 313-10 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur sur l'authenticité des actes de son état civil.
Un mémoire, présenté par le préfet de la Vienne, a été enregistré le 17 octobre 2022 mais n'a pas été communiqué.
Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 21 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus le rapport de M. C et les observations de Me Ago Simala, substituant la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant guinéen, a déclaré être né le 3 avril 2001 et être entré en France le 1er octobre 2017. Après que le département de la Sarthe a refusé sa prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance (ASE) le 16 octobre 2017, l'intéressé a été mis à l'abri par le service de l'ASE du département de la Vienne le 16 février 2018. Au regard des conclusions de l'enquête de minorité formulées le 14 novembre 2017 et du rapport technique de la cellule de fraude documentaire à l'identité de la brigade mobile de recherches de Limoges du 20 novembre 2017 concluant à l'inauthenticité des documents d'état civil de l'intéressé, ce département a mis fin à sa prise en charge par une décision du 26 février 2018. Le 2 mai 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " auprès de la préfecture de la Vienne. Par un arrêté du 9 avril 2021, dont la légalité a été confirmée par décision du 13 avril 2021 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal, la préfète de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a assigné à résidence. Par un arrêté du 14 décembre 2020, la préfète de la Vienne a refusé de délivrer à M. B le titre demandé le 2 mai 2019. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté du 27 novembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat, M. Emile Soumbo, secrétaire général de la préfecture de la Vienne a reçu délégation de signature à l'effet de signer notamment tous les arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment l'article L 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers au regard duquel a été examinée la demande de titre de séjour et qui constitue le fondement en droit de la décision contestée. Il précise la situation personnelle et familiale de l'intéressé, lequel n'a pas justifié d'un visa de long séjour. Par suite, l'arrêté comporte de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui le fondent et le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de l'arrêté attaqué, que la préfète de la Vienne, qui n'avait pas à reprendre expressément et de manière exhaustive la situation du requérant, n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France. () ". Aux termes de l'article L. 313-2 du même code : " () la première délivrance de la carte de séjour temporaire et celle de la carte de séjour pluriannuelle () sont subordonnées à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 311-1. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 311-2-2 dudit code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants. () ".
5. A supposer même qu'en estimant qu'un contrat d'apprentissage est incompatible avec la mention " étudiant " la préfète de la Vienne ait entaché sa décision d'une erreur de droit, cette circonstance est sans influence sur le sens de cette décision dès lors que la préfète s'est fondée, pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé, sur le fait que le requérant ne justifiait ni d'un visa long séjour ni de son état civil. Si M. B se prévaut, pour établir son identité et notamment son âge, d'un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du 24 août 2017, d'un extrait d'acte de naissance du 28 août 2017 et d'un extrait du registre de l'état civil, il ressort toutefois des pièces du dossier que la brigade mobile de recherche de Limoges a conclu, le 20 novembre 2017, que ces actes présentent les signes de documents délivrés frauduleusement. En outre, la carte d'identité consulaire et le nouveau jugement supplétif qu'il produit, dans des circonstances qui laissent penser qu'ils ont été établis au vu de documents d'état-civil présentant un caractère falsifié, ne revêtent pas davantage un caractère probant.
6. Dès lors que M. B ne disposait pas d'un visa de long séjour, la préfète de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 313-7 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour, alors que le motif tiré de ce que l'intéressé n'a pas produit de document justifiant de son état civil et de sa nationalité à l'appui de sa demande de titre de séjour, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 311-2-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, justifiait également la décision litigieuse. Par ailleurs, dès lors que M. B s'est borné à solliciter la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-7 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 313-10 et L. 313-14 de ce code ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 décembre 2020 par laquelle la préfète de la Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SCPA Breillat, Dieumegard, Masson et au préfet de la Vienne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
M. Lacaïle, premier conseiller,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
P. C
Le président,
Signé
A.LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,La greffière en chef par intérim,
Signé
G. FAVARD
N ° 2100359
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026