mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2021, M. A B, représenté par Me Menard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 17 décembre 2020 par laquelle la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer une carte de résident de 10 ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de résident de dix ans dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, subsidiairement, sous la même astreinte et dans un délai d'un mois à compter du jugement, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat à la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, à lui-même, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article L. 314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pu être valablement fondée sur l'existence d'une menace pour l'ordre public, qui n'est pas caractérisée.
Par un mémoire enregistré le 3 mai 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour M. B a été enregistré le 9 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mai 2021
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Pinturault a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 8 septembre 1990, a demandé le 27 mai 2019 la délivrance d'une carte de résident de dix ans en tant que parent d'un enfant français. Par une décision en date du 17 décembre 2020, la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et lui a délivré, en lieu et place, une carte de séjour temporaire valable du 31 novembre 2020 au 29 novembre 2021. M. B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle porte refus de lui délivrer une carte de résident de dix ans.
2. En premier lieu, la décision en litige a été signée par le secrétaire général de la préfecture de la Vienne à qui, par un arrêté du 27 novembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de cette préfecture, la préfète de ce département a donné délégation à l'effet de signer notamment tous les arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision contestée a été prise sur le fondement des dispositions de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et de l'article L. 314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel une carte de résident peut être refusée à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public. Elle expose que l'intéressé a fait l'objet d'une plainte déposée contre lui pour des faits de harcèlement sur une personne sans incapacité, propos ou comportements répétés ayant eu pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie altérant la santé, commis entre le 1er février 2017 et le 22 juin 2019. Cette décision, qui comporte, de la sorte, l'exposé des considérations de fait et de droit qui la fondent, est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, il ne résulte pas des motifs de la décision contestée que la préfète de la Vienne aurait omis d'examiner la situation personnelle de l'intéressé.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : () c) au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ". L'article 11 de cet accord précise : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. ". Aux termes de l'article L. 314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " La carte de résident peut être refusée à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public. "
6. De l'union entre M. B et une ressortissante française est né le 21 mars 2016 un enfant que M. B a reconnu dès avant sa naissance par déclaration du 4 septembre 2015, de sorte qu'il exerce de plein droit l'autorité parentale en application des dispositions de l'article 372 du code civil.
7. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le 24 juin 2019, la mère de son fils a déposé plainte contre lui. Elle a notamment exposé qu'à partir du 20 juin 2019, date à laquelle il l'avait surprise en présence d'un autre homme, M. B lui a adressé de très nombreux messages au contenu injurieux et menaçant, dont l'existence, après vérification sur le téléphone portable de la plaignante, a été confirmée sur le compte-rendu d'infraction initial établi par l'agent de police judiciaire qui a reçu sa plainte. Elle a précisé que la semaine précédente, il s'était emporté contre elle après qu'elle avait refusé d'attester sur l'honneur qu'il s'occupait convenablement de leur fils, qu'il s'était alors mis à hurler contre elle et qu'il l'avait " plaquée " contre le mur. Elle a aussi rapporté que leur fils s'était plaint d'avoir été frappé par son père.
8. Il ressort, en outre, du fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) que M. B est défavorablement connu des services de police, notamment pour des faits de violence délictuelle commis en août 2016, qui ont été classés sans suite par le ministère public au motif d'une infraction insuffisamment caractérisée, mais aussi pour des faits de violence contraventionnelle commis le 22 mai 2022. Quand bien-même ces faits n'ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires, la réalité du comportement violent de M. B est corroborée par les déclarations précises et circonstanciées de la mère de son fils et n'est pas sérieusement démentie par l'intéressé, qui se borne à invoquer l'absence de suite pénale donnée aux faits dénoncés par cette dernière en juin 2019.
9. Dans ces conditions, la préfète de la Vienne n'a pas fait une appréciation inexacte des faits de l'espèce en estimant que le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public et en lui refusant, pour ce motif, la délivrance d'une carte de résident.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pinturault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. PINTURAULT
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026