lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA GAND-PASCOT-PENOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 février 2021, Mme B, représentée par la SCP Gand-Pascot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète de la Vienne a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer, à titre principal, une carte de résident dans un délai de quarante-cinq jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée, en l'absence de réponse de l'autorité préfectorale à sa demande de communication des motifs de rejet de sa demande de carte de résident ;
- elle remplit les conditions d'octroi de la carte de résident posées par l'article L. 314-9 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conclusions en annulation ont perdu leur objet, Mme A s'étant vu délivrer une carte de résident, valable du 11 mai 2021 au 10 mai 2031.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 septembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gibson-Théry a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante guinéenne née le 31 décembre 1978, a sollicité auprès de la préfecture de la Vienne, le 30 avril 2019 puis par un courrier du 13 mai 2019, la délivrance d'une carte de résident de dix ans en sa qualité de parent d'enfant français, sur le fondement du 2° de l'article L. 314-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La préfète de la Vienne lui a accordé une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " valable du 11 mai 2019 au 10 mai 2021. Mme A a demandé à l'autorité préfectorale, par un courrier du 13 septembre 2019 réceptionné le 17 septembre suivant, la communication des motifs de refus d'octroi de la carte de résident. Elle demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète de la Vienne a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résident.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité, par un courrier du 1er mars 2021, la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant français, et qu'elle s'est vu remettre ce titre, valable pour la période du 11 mai 2021 au 10 mai 2031, le 17 mai 2021. Si le préfet de la Vienne soutient qu'il n'y a plus lieu, en conséquence, de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante, la décision implicite de rejet en litige a cependant produit tous ses effets sans avoir été ni retirée ni abrogée, dès lors que Mme A n'avait pas obtenu de carte de résident à la suite de sa demande enregistrée le 30 avril 2019, mais une carte de séjour pluriannuelle. Par suite, l'exception de non-lieu opposée par le préfet de la Vienne ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a demandé à la préfète de la Vienne, par un courrier reçu le 17 septembre 2019, la communication des motifs de la décision implicite de rejet qu'elle a prise sur la demande de délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant français. Il est constant qu'il n'a pas été répondu à cette demande. Ainsi, en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois à compter du 17 septembre 2019, la décision implicite de rejet attaquée, non motivée, est entachée d'illégalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution, Mme A s'étant vu délivrer, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, une carte de résident pour la période du 11 mai 2021 au 10 mai 2031.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que l'avocat de Mme A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SCP Gand-Pascot de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à la SCP Gand-Pascot une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, au préfet de la Vienne et à la SCP Gand-Pascot.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026