mercredi 27 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | BOYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2021, Mme E, représentée par Me Boye, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 25 juin 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire de réversion ;
2°) d'enjoindre à la ministre des armées de lui verser cette pension militaire de réversion augmentée des intérêts au taux légal à compter du décès de son mari ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son recours est recevable car formé dans les délais ;
- le duplicata d'acte de naissance de M. B délivré par le centre d'état civil de Fianga sous le numéro 018/59 fait foi et le jugement supplétif ne pouvait être délivré que par le tribunal de grande instance de Bongor dont dépend Fianga ;
- aucun acte ne pouvait être délivré par les autorités tchadiennes tant que le Tchad était sous domination française, mais son union avec M. B en date du 9 novembre 1961 figure sur le livret individuel du militaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juillet 2021, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'administration est en possession de deux jugements supplétifs justifiant de la naissance du militaire établis le même jour au sein de la même entité par des magistrats différents et avec des témoins différents ;
- les mêmes noms des magistrat, assistant, greffier, assesseurs et témoins sont présents sur le jugement supplétif d'acte de naissance de Mme C n°12 du 28 janvier 1947 et sur le jugement d'acte de naissance de M. B n°44 établi le 13 avril 1959, soit 12 ans plus tard ;
- la requérante a adressé un acte de mariage n°23/61 délivré par le centre d'état civil de Fianga alors que le dossier du militaire contient une déclaration de mariage n°52/61 établie à Largeau.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010, notamment son article 211 ;
- le décret n° 2010-1691 du 30 décembre 2010 ;
- l'arrêté du 30 décembre 2010 portant application du décret n° 2010-1691 du 30 décembre 2010 pris en application de l'article 211 de la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010 de finances pour 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- et les conclusions de M. Revel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tchadien, a été rayé des contrôles de l'armée et a obtenu le bénéfice d'une pension militaire de retraite proportionnelle à compter du 1er août 1964. Il est décédé le 7 février 2011. Mme E a demandé, le 2 janvier 2014, le bénéfice d'une pension de réversion du chef de M. B. Elle sollicite l'annulation de la décision du 25 juin 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande.
2. D'une part, aux termes de l'article 211 de la loi du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, applicable aux demandes de pension de réversion : " I. - () les pensions civiles et militaires de retraite () servies aux ressortissants des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté ou ayant été placés sous le protectorat ou sous la tutelle de la France sont calculées dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. () / V. - Les demandes de pensions présentées en application du présent article sont instruites dans les conditions prévues par le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et par le code des pensions civiles et militaires de retraite. () / VIII. - Un décret fixe les modalités d'application du présent article, notamment () les modalités de présentation et d'instruction des demandes mentionnées aux III, IV et V./ () / XI. - Le présent article entre en vigueur au 1er janvier 2011 ". Aux termes de l'article L. 4 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version en vigueur à la date du décès de M. B : " Le droit à la pension est acquis : / 1° Aux fonctionnaires après quinze années accomplies de services civils et militaires effectifs ; / (). ". Aux termes de l'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version en vigueur à la même date : " Le droit à pension de réversion est subordonné à la condition : / a) Si le fonctionnaire a obtenu ou pouvait obtenir une pension accordée dans le cas prévu à l'article L. 4 (1°), que depuis la date du mariage jusqu'à celle de la cessation de l'activité du fonctionnaire, celui-ci ait accompli deux années au moins de services valables pour la retraite, sauf si un ou plusieurs enfants sont issus du mariage antérieur à ladite cessation ; / b) Si le fonctionnaire a obtenu ou pouvait obtenir une pension accordée dans le cas prévu à l'article L. 4 (2°), que le mariage soit antérieur à l'événement qui a amené la mise à la retraite ou la mort du fonctionnaire. / Toutefois, au cas de mise à la retraite d'office par suite de l'abaissement des limites d'âge, il suffit que le mariage soit antérieur à la mise à la retraite et ait été contracté deux ans et au moins avant soit la limite d'âge en vigueur au moment où il a été contracté, soit le décès du fonctionnaire si ce décès survient antérieurement à ladite limite d'âge./ Nonobstant les conditions d'antériorité prévues ci-dessus, le droit à pension de réversion est reconnu : / 1° Si un ou plusieurs enfants sont issus du mariage ; / 2° Ou si le mariage, antérieur ou postérieur à la cessation de l'activité, a duré au moins quatre années ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 47 du code civil français : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Cet article pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère. Il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question.
4. A l'appui de sa demande, Mme C produit plusieurs pièces présentant des contradictions ou des invraisemblances, notamment deux jugements supplétifs de naissance de M. B établis le même jour par des juges différents, ainsi qu'un jugement supplétif d'acte de naissance de M. B en date du 13 avril 1959 rendu par le tribunal de grande instance de Bongor et faisant mention du même magistrat, des mêmes assesseurs, du même greffier et des mêmes témoins que le jugement supplétif d'acte de naissance de Mme C rendu le 28 janvier 1947 par le même tribunal. En outre, la requérante produit un acte de mariage n°023/61 établi par le centre d'état civil de Fianga qui entre en contradiction avec la déclaration de mariage du 28 octobre 1971 qui fait état également état d'un mariage célébré le 9 novembre 1961, mais dans la commune de Largeau. Mme C produit d'autres pièces, notamment un certificat de non-séparation de corps et de non-divorce en date du 3 avril 2012 et un acte de notoriété pour hérédité daté du 2 avril 2012, la mentionnant ainsi que la seconde épouse présumée de M. B comme héritières de ce dernier. Néanmoins, ces éléments ne sauraient suffire à lever les contradictions et incertitudes entourant les autres pièces du dossier. Par suite et alors que Mme C n'établit pas que le livret individuel du militaire mentionne son union avec celui-ci, le bénéfice d'une pension de réversion du chef du soldat B a légalement pu lui être refusé.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire de réversion. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la ministre des armées de lui verser cette pension doivent être également rejetées, ainsi que les conclusions qu'elle présente en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E et au ministre des armées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
A. D La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026