jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100682 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ROCHE BOUSQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 et 19 mars 2021 et le 17 janvier 2022, la SAS Transhumance, représentée par Me Bousquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2021 par laquelle le maire de Breuillet s'est opposé à sa déclaration préalable à la réalisation de travaux de construction d'une piscine dans le camping Céleste ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Breuillet la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 9 septembre 2021 et le 6 avril 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Breuillet, représentée par la SCP CGCB et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lacaïle rapporteur public,
- et les observations de Me Bousquet, représentant la SAS Transhumance, et de Me Gault-Ozimek, représentant la commune de Breuillet.
Considérant ce qui suit
1. La société Transhumance exploite, sur la commune de Breuillet, le camping Céleste. Souhaitant agrandir le parc aquatique du camping, elle a déposé une déclaration préalable à la réalisation des travaux de construction d'une nouvelle piscine. Par un arrêté du 11 janvier 2021, dont la requérante demande l'annulation, le maire de Breuillet s'est opposé à cette déclaration préalable.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes littorales, ne peuvent être autorisées que les constructions réalisées en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions ou, sous certaines conditions, au sein des secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, se distinguant des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. En revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages ou de ces secteurs déjà urbanisés.
4. Par ailleurs, si, en adoptant l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, le législateur a entendu interdire en principe toute opération de construction isolée dans les communes du littoral, le simple agrandissement d'une construction existante ne peut être regardé comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions.
5. En l'espèce, pour s'opposer au projet de la société requérante, le maire de Breuillet, après avoir considéré que le terrain d'assiette du projet est isolé et ne se situe pas en continuité d'une agglomération ou d'un village, a estimé que le projet de construction d'une piscine enterrée et d'un local technique devait être regardé comme une construction nouvelle interdite dès lors qu'elle entraînait une extension de l'urbanisation méconnaissant les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
6. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le camping dispose déjà dans le parc aquatique de quatre bassins pour une superficie totale de 441 mètres carrés. La taille du bassin projeté étant de 99 mètres carrés, l'extension du parc aquatique n'est donc pas excessive par rapport à la superficie des bassins existants. D'autre part, le nouveau bassin et sa plage sont dans la continuité du parc existant, le nouveau bassin étant accessible uniquement en empruntant l'accès actuel au parc aquatique et la liaison entre cette nouvelle piscine et les bassins actuels se faisant par un escalier et un ascenseur destiné aux personnes à mobilité réduite qui existent déjà à l'intérieur du parc aquatique. Enfin, le nouveau bassin bénéficiera des équipements communs à l'ensemble du parc aquatique : pédiluve, douches et sanitaires.
7. Il s'ensuit que ce nouveau bassin est implanté dans la continuité du parc aquatique avec lequel il forme un même ensemble fonctionnel. Il doit ainsi être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme une simple opération d'agrandissement ne constituant pas une extension de l'urbanisation.
8. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté du 11 janvier 2021 méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et doit être annulé.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SAS Transhumance, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Breuillet la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Breuillet le paiement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Breuillet du 11 janvier 2021 portant opposition à la déclaration préalable déposée par la société Transhumance est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par la SAS Transhumance est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Breuillet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Transhumance et à la commune de Breuillet.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
G. A
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026