mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100867 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DUCLOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés respectivement le 26 mars 2021, le 7 décembre 2022 et le 22 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Duclos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'Université de Poitiers sur sa demande de renouvellement de la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR) pour la période 2020-2024, ensemble la décision du 29 janvier 2021 par laquelle la présidente de l'Université de Poitiers a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la présidente de l'Université de Poitiers à titre principal, de renouveler la prime d'encadrement doctoral et de recherche pour la période 2020-2024 et, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Université de Poitiers une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de renouvellement de sa PEDR est entaché d'un vice de procédure en ce que sa demande n'a été soumise ni à l'avis de la commission de la recherche du conseil académique en application de l'article L. 954-2 du code de l'éducation, ni à la procédure d'évaluation nationale qui s'appliquait pourtant en l'espèce dès lors qu'il ressort de la décision du 29 janvier 2021 que la présidente de l'Université de Poitiers a entendu examiner sa demande de renouvellement de la PEDR au regard des critères de la procédure ordinaire d'évaluation ;
- la présidente de l'Université de Poitiers a méconnu les dispositions de l'article 1er du décret n° 2009-851 du 8 juillet 2009 en refusant de renouveler sa PEDR dès lors qu'il ressort de ce texte que la PDER est attribuée de plein droit aux lauréats de certaines distinctions scientifiques internationales ou nationales et qu'il s'est vu décerner une distinction scientifique lui ouvrant de plein droit le bénéfice de l'attribution et du renouvellement de cette prime et le dispensant de la procédure d'évaluation nationale, sans que l'administration puisse, sur ce point, se prévaloir utilement des dispositions de la circulaire du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation du 28 février 2018 qui soit n'a pas de caractère règlementaire, soit revêt un caractère réglementaire et est dès lors entachée d'incompétence ;
- la présidente de l'Université de Poitiers ne peut utilement se prévaloir des dispositions du décret n° 2021-1895 précité du 29 décembre 2021 qui est postérieur à la décision attaquée et qui, en toute hypothèse, n'a pas remplacé les dispositions des articles 1er et 3 du décret n° 2009-851 précité du 8 juillet 2009.
Par des mémoires en défense enregistrés le 14 mars 2022 et le 21 décembre 2022, la présidente de l'Université de Poitiers conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n°2009-851 du 8 juillet 2009 modifié, relatif à la prime d'excellence scientifique attribuée à certains personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche ;
- l'arrêté du 20 janvier 2010 fixant la liste des distinctions scientifiques ouvrant droit à la prime d'encadrement doctoral et de recherche attribuée à certains personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Boutet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duclos, représentant M. B, et de M. D, représentant l'Université de Poitiers.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, professeur agrégé de l'enseignement supérieur en histoire du droit, a été nommé professeur à l'Université de Poitiers à compter du 1er septembre 2002. Préalablement, il s'était vu décerner en 1998 le prix Henri Texier I par l'académie des sciences morales et politiques de l'Institut national de France. Cette distinction lui a permis de bénéficier de plein droit de la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR) au titre des années 2016 à 2020. Par son courrier du 8 février 2020, M. B a demandé le renouvellement de cette prime pour la période 2020-2024. En l'absence de réponse de l'Université sur sa demande, M. B a formé le 14 janvier 2021 un recours gracieux contre la décision implicite de rejet née de ce silence. Par une décision du 29 janvier 2021, la présidente de l'Université de Poitiers a rejeté son recours. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite :
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et qu'une décision expresse de rejet intervient postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme étant dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
3. En l'espèce, il résulte du principe énoncé au point précédent que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la présidente de l'Université de Poitiers a rejeté la demande de renouvellement de la PEDR présentée par M. B le 8 février 2020, doivent être regardées comme dirigées contre la décision explicite de rejet intervenue le 29 janvier 2021 contre le recours gracieux présenté le 14 janvier 2021 par lequel M. B contestait le rejet implicite de sa demande.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 29 janvier 2021 :
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 8 juillet 2009 : " La prime d'encadrement doctoral et de recherche prévue par l'article L. 954-2 du code de l'éducation, est attribuée par les établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche. / Elle peut être accordée aux personnels dont l'activité scientifique est jugée d'un niveau élevé au regard notamment de la production scientifique, de l'encadrement doctoral et scientifique, de la diffusion de leurs travaux et des responsabilités scientifiques exercées. / Elle peut également être attribuée aux personnels apportant une contribution exceptionnelle à la recherche. / Elle est attribuée aux personnels lauréats d'une distinction scientifique de niveau international ou national conférée par un organisme de recherche dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la recherche. ". L'article 3 du même décret précise : " La prime d'encadrement doctoral et de recherche est attribuée pour une période de quatre ans renouvelable () / Dans les établissements d'enseignement supérieur, l'ensemble des candidatures des personnels mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article 1er font l'objet soit de l'avis de l'instance nationale d'évaluation compétente à l'égard des personnels mentionnés à l'article 2, soit d'une expertise confiée à des enseignants-chercheurs ou personnels assimilés au sens du deuxième alinéa de l'article L. 952-24 du code de l'éducation, conformément à la proposition de la commission de la recherche du conseil académique ou de l'organe en tenant lieu. () Les attributions individuelles sont fixées par le président ou le directeur, après avis de la commission de la recherche du conseil académique ou de l'organe en tenant lieu. ". L'article 1er de l'arrêté du 20 janvier 2010 fixant la liste des distinctions scientifiques ouvrant droit à la prime d'encadrement doctoral et de recherche dispose : " La liste des distinctions scientifiques mentionnée à l'article 1er du décret du 8 juillet 2009 susvisé est fixée ainsi qu'il suit : / () 13. Les prix scientifiques attribués par l'institut de France et ses académies ".
5. En premier lieu, M. B soutient que la décision qu'il conteste est entachée d'un vice de procédure en ce que la présidente de l'Université de Poitiers a rejeté sa demande de renouvellement de plein droit de sa PEDR sans pour autant que la procédure d'évaluation nationale ait été diligentée, ni que sa demande soit soumise à l'avis de la commission de la recherche du conseil académique comme le prévoit l'article L. 954-2 du code de l'éducation et dont les modalités sont précisées par l'article 3 de ce même décret. Toutefois dans son courrier du 8 février 2020 demandant le renouvellement de sa prime, le requérant a uniquement entendu demander le renouvellement de plein droit de sa PEDR en vertu du 4ème alinéa de l'article 1er du décret du 8 juillet 2009, au titre de la distinction qui lui a été décernée par l'institut de France en 1998. Il n'est par ailleurs pas contesté qu'il n'a pas déposé sa demande dans le cadre et les délais prévus pour la procédure ordinaire d'évaluation. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'un vice de procédure en ce que la présidente de l'Université n'a pas examiné sa demande sur le fondement des deuxième et troisième alinéas de l'article 1er du décret du 8 juillet 2009.
6. En second lieu, il résulte de l'article 3 du décret du 8 juillet 2009 cité au point 4 que la PEDR est accordée pour une période de quatre ans renouvelable. Le décret ne prévoit aucune disposition spécifique et n'organise aucune dérogation aux conditions d'attribution de cette prime permettant de la renouveler automatiquement à l'issue de cette période quadriennale. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de renouveler automatiquement la prime d'encadrement doctoral et de recherche qui lui a été attribuée sur le fondement du quatrième alinéa de l'article 1er du décret du 8 juillet 2009, la présidente de l'Université de Poitiers a commis une erreur de droit. Par voie de conséquence le moyen tiré de l'illégalité de la circulaire du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en date du 28 février 2018 en ce qu'elle limite à une seule fois au titre de la même distinction l'attribution de la PEDR doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Université de Poitiers.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pinturault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
Y. C
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026