lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BENAGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 mars 2021 et le 17 mars 2022, Mme G, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle la commune de Saintes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, ainsi que l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le maire de Saintes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et a retiré l'arrêté du 26 novembre 2020 lui attribuant un congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saintes de réexaminer sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saintes la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont signées par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2021, la commune de Saintes, représentée par Me Bénagès, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme G la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées contre la décision du 3 février 2021 sont irrecevables dès lors que cette décision ne fait pas grief ;
- les autres moyens soulevés par Mme G ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 avril 2022.
Un mémoire présenté par la commune de Saintes a été enregistré le 16 juin 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- et les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Fonctionnaire territoriale, titulaire du grade d'attaché principal, Mme G exerce, depuis janvier 2017, les fonctions de directrice des ressources humaines au sein de la commune de Saintes (Charente-Maritime). Elle a été placée en congé maladie à compter du 2 juillet 2018 pour un syndrome dépressif sévère sur épuisement professionnel et a sollicité, par un courrier daté du 29 juin 2020, la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie. Le 18 décembre 2020, la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance de sa pathologie comme maladie à caractère professionnel. Par un courrier en date du 3 février 2021 et un arrêté du 18 février 2021, la commune de Saintes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de l'intéressée. Mme G demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. La commune de Saintes soutient que le courrier du 3 février 2021 n'a pas eu d'impact juridique sur la situation de la requérante et qu'il ne présente qu'un aspect informatif préalablement à l'arrêté du 18 février 2021. Toutefois, ce courrier, qui rejette explicitement la demande d'imputabilité au service de la pathologie de Mme G et lui notifie les voies et délais de recours présente le caractère d'une décision faisant grief susceptible de recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable à la date de la décision en litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
4. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
5. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport d'expertise établi le 5 décembre 2020 par le Dr A, psychiatre, à la demande de la ville de Saintes, que Mme G " présente un syndrome dépressif majeur d'intensité sévère, avec comorbidité anxieuse. () Au regard de l'absence d'antécédent, en l'absence de troubles de la personnalité, nous considérons que l'affection présentée résulte d'une maladie à caractère professionnel hors régime du tableau général en lien avec une situation de souffrance chronique au travail ". En outre, le Dr D, psychiatre, qui a examiné l'intéressée à la demande de la commission de réforme des agents territoriaux de la Charente-Maritime indique, dans un certificat du 17 octobre 2019, qu'elle présente " des éléments constitutifs d'un état de stress post-traumatique avec des cauchemars à thème de travail, des flash-back " et confirme dans un certificat établi le 12 juin 2020 que l'intéressée " garde une charge anxieuse en permanence élevée, tout ce qui la ramène au conflit de travail réactive la souffrance morale ". Ces expertises sont corroborées par plusieurs autres avis médicaux, notamment un certificat établi le 29 juillet 2020 par le Dr B, médecin du travail, qui indique que " l'histoire de sa maladie va dans le sens d'une imputabilité au service de cette pathologie ", ainsi qu'un certificat médical établi le 28 mai 2020 par le Dr C, psychiatre, qui indique que Mme G " présente une symptomatologie anxieuse à type de ruminations, d'hypervigilance, de conduites d'évitement et de troubles du sommeil. Elle décrit des réactivations anxieuses lorsqu'elle est confrontée à la sphère professionnelle ". Dans son avis du 18 décembre 2020, la commission de réforme des agents territoriaux de la Charente-Maritime a estimé que la maladie de l'intéressée " présentait un caractère professionnel et que ses arrêts de travail et les soins prescrits pour cette affection depuis le 3 juillet 2018 sont à prendre en charge en congé pour invalidité temporaire imputable au service ". Ainsi, il résulte des éléments médicaux concordants précités que le contexte professionnel dans lequel la requérante exerçait ses fonctions est à l'origine directe de sa maladie. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la pathologie de Mme G résulterait d'un fait personnel ou d'une circonstance la rendant détachable du service. Par suite, l'arrêté du 18 février 2020 qui refuse de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme G est entaché d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 3 février 2021 et l'arrêté du 18 février 2021 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Compte tenu du motif retenu par le présent jugement, l'annulation de la décision du 3 février 2021 et de l'arrêté du 18 février 2021 implique nécessairement qu'il soit enjoint à la commune de Saintes de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme G. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Saintes d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saintes la somme de 1 300 euros à verser à Mme G sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 3 février 2021 et l'arrêté du 18 février 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saintes de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme G, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saintes versera à Mme G la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E G et à la commune de Saintes.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Thevenet-Brechot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOT
La présidente,
Signé
S. BRUSTON La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026