jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100999 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 avril 2021, 24 février et 6 juillet 2022, l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne, représentée par la SELARL Landot et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2021 par lequel le maire de Saint-Brice a interdit de circuler sur les chemins de l'abbaye de Châtres et de stationner devant les barrières y donnant accès ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Brice de retirer les barrières et de laisser libre accès aux chemins ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Brice la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable, dès lors que les statuts de l'association prévoient la représentation de cette dernière par son président ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il ne repose pas sur un des motifs prévus aux articles L. 2213-2 et L. 2213-4 du code général des collectivités territoriales ;
- il est entaché d'une inexactitude matérielle des faits ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est disproportionné.
Par des mémoires en défense enregistrés les 16 novembre 2021 et 24 mai 2022, la commune de Saint-Brice, représentée par l'AARPI Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que les personnes ayant signé la requête n'ont pas été habilitées par l'assemblée générale de l'association ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Thomas Sainte Thérèse, représentant l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne, et celles de Me Dallemane, représentant la commune de Saint-Brice.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 janvier 2021, le maire de Saint-Brice a interdit la circulation sur les chemins de l'abbaye de Châtres, par la RD15 et la RD157, du 1er novembre au 31 mai de chaque année et le stationnement devant les barrières y donnant accès toute l'année. Le 26 février 2021, l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne a demandé la modification de cet arrêté. Sa demande a été rejetée par courrier du 11 mars 2021. Par la présente requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 22 janvier 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :
2. En l'absence, dans les statuts d'une association ou d'un syndicat, de stipulation réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif, celle-ci est régulièrement engagée par l'organe tenant des mêmes statuts le pouvoir de représenter cette association ou ce syndicat en justice Dans le silence desdits statuts sur ce point, l'action ne peut être régulièrement engagée que par l'assemblée générale.
3. En l'espèce, l'article 8 des statuts de l'association stipule que : " Le Président qui doit jouir du plein exercice des droits civils, est le représentant légal de l'association en toutes circonstances, notamment en justice et vis-à vis des tiers ". Par suite, le président de l'association a qualité pour agir au nom de l'association dans la présente affaire. La fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa version alors en vigueur : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : / 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; / 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ; / 3° Réserver sur la voie publique ou dans tout autre lieu de stationnement ouvert au public des emplacements de stationnement aménagés aux véhicules utilisés par les personnes titulaires de la carte "mobilité inclusion" portant la mention "stationnement pour personnes handicapées" mentionnée à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, aux véhicules bénéficiant d'un label " auto-partage ", aux véhicules bénéficiant d'un signe distinctif de covoiturage ou aux véhicules à très faibles émissions au sens de l'article L. 318-1 du code de la route. ". Aux termes de l'article L. 2213-4 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l'air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques. / Dans ces secteurs, le maire peut, en outre, par arrêté motivé, soumettre à des prescriptions particulières relatives aux conditions d'horaires et d'accès à certains lieux et aux niveaux sonores admissibles les activités s'exerçant sur la voie publique, à l'exception de celles qui relèvent d'une mission de service public. / Ces dispositions ne s'appliquent pas aux véhicules utilisés pour assurer une mission de service public et ne peuvent s'appliquer d'une façon permanente aux véhicules utilisés à des fins professionnelles de recherche, d'exploitation ou d'entretien des espaces naturels. () ".
5. Dans le silence de l'arrêté sur ce point, le maire de Saint-Brice doit être regardé comme s'étant fondé sur les circonstances, notamment invoquées dans les mémoires en défense, d'une part, que le chemin est détérioré et qu'un accident mortel serait intervenu il y a onze ans et, d'autre part, que ce chemin est l'unique accès à l'abbaye de Châtres. Si la commune produit notamment deux constats d'huissier sur l'état du chemin, postérieurs à l'arrêté attaqué, elle n'apporte toutefois pas la preuve qui lui incombe de la matérialité de ces faits qui sont contestés par l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne. En outre, s'agissant de l'interdiction de stationnement, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des photographies versées aux débats par les deux parties, que le chemin serait l'unique accès à l'abbaye de Châtres. Par suite, l'association est fondée à soutenir que l'arrêté repose sur des faits matériellement inexacts.
6. Il résulte de qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du maire de Saint-Brice du 22 janvier 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. L'association requérante soutient sans être contredite que l'arrêté du 22 janvier 2021 a été matérialisé par l'implantation de plusieurs barrières sur les chemins de l'abbaye de Châtres. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que le maire de Saint-Brice procède à la dépose de ces barrières. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Saint-Brice une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Brice la somme de 1 200 euros à verser à l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Saint-Brice du 22 janvier 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Brice de procéder à la dépose des barrières implantées sur les chemins de l'abbaye de Châtres dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Brice versera à l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Brice en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association communale de chasse Saint-Brice Julienne et à la commune de Saint-Brice.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTELa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026