mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101102 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | ROBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 avril 2021 et 23 mai 2022, M. A E, représenté par Me Robin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension d'orphelin majeur infirme :
2°) d'ordonner une nouvelle expertise médicale pour déterminer le taux réel d'infirmité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature ;
- elle est entachée d'un vice de forme dans la mesure où elle ne comporte aucune signature ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors que son taux d'incapacité doit être fixé à 85% et non à 60% et que l'administration n'a pas pris en compte les pièces produites ;
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2022, et un mémoire enregistré le 2 juin 2022 qui n'a pas été communiqué, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juin 2021.
Par une ordonnance du 4 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Lemoine, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les conclusions de M. Plas, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le soldat Elmahjoub El Ouzlaf, ressortissant marocain, a été rayé des contrôles de l'armée active le 21 avril 1945 et a bénéficié d'une pension militaire de retraite. Il est décédé le 9 mars 1987. Son fils, M. A E, demande au tribunal d'annuler la décision du 1er février 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension d'orphelin majeur infirme.
2. En premier lieu, selon l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : 2° Les chefs de service, directeurs adjoints, sous-directeurs () ". M. B C, sous-directeur des pensions et signataire de l'acte attaqué, a été renouvelé dans ses fonctions par un arrêté du 23 mai 2019, publié au journal officiel de la République française le 25 mai 2019. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écartée.
3. En deuxième lieu, dès lors que l'acte attaqué comporte la signature de son auteur, le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, la décision contestée vise le code des pensions civiles et militaire de retraite annexé à la loi du 26 décembre 1964 et l'article 211 de la loi du 29 décembre 2010. Elle indique que le dossier de l'intéressé a été examiné en commission consultative médicale, que l'infirmité, incurable et permanente, a été évaluée à 60% mais qu'elle ne le met pas dans l'impossibilité de gagner sa vie. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 47 du code des pensions civiles et militaires de retraite dans sa rédaction en vigueur à la date du décès de l'ancien militaire : " Les dispositions du chapitre 1er du présent titre sont applicables aux ayants cause des militaires mentionnés aux articles L. 6 et L. 7 () ". Aux termes de l'article L. 40 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Chaque orphelin a droit jusqu'à l'âge de vingt et un ans à une pension égale à 10 % de la pension obtenue par le fonctionnaire ou qu'il aurait pu obtenir au jour de son décès, et augmentée, le cas échéant, de 10 % de la rente d'invalidité dont il bénéficiait ou aurait pu bénéficier () / Pour l'application des dispositions qui précèdent, sont assimilés aux enfants âgés de moins de vingt et un ans les enfants qui, au jour du décès de leur auteur, se trouvaient à la charge effective de ce dernier par suite d'une infirmité permanente les mettant dans l'impossibilité de gagner leur vie. () Elle est suspendue si l'enfant cesse d'être dans l'impossibilité de gagner sa vie. / () ".
6. Pour refuser à M. E le bénéfice des dispositions précitées en vue de l'obtention d'une pension d'orphelin majeur infirme, la ministre des armées s'est fondée sur l'avis de la commission consultative médicale, en date du 11 décembre 2017, estimant que si le requérant est atteint d'un " handicap moteur du membre supérieur droit de naissance " et que l'infirmité qui en résulte, permanente et incurable, doit être évaluée au taux de 60%, cette infirmité ne le met pas dans l'impossibilité de gagner sa vie.
7. Pour contester cette affirmation, M. E produit un certificat médical du Dr. Habachi du 2 septembre 2022 qui indique qu'il est atteint d'un " handicap moteur du membre supérieur droit de naissance ", une attestation du 29 janvier 2021 qui précise qu'il ne perçoit aucun revenu et une attestation administrative du 4 septembre 2017 laquelle mentionne la prise en charge de l'intéressé par son père. Toutefois, ces seules pièces, qui n'établissent pas que M. E serait dans l'impossibilité de travailler, ne sauraient remettre en cause l'appréciation portée par la ministre de la défense. De même, si l'intéressé soutient que son taux d'infirmité doit être fixé à 85% et que l'administration n'a pas pris en compte l'ensemble des éléments qu'il a produits, il n'apporte aucun élément à l'appui de son allégation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er février 2021 lui refusant le bénéfice de la pension. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise médicale sollicitée, sa requête doit être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à la ministre des armées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
D. DLa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef par intérim,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026