lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101121 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BURGET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 avril 2021 et le 8 septembre 2021, Mme B C, représentée par Me Burget, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Charente a refusé de lui attribuer la prime exceptionnelle dite " covid-19 ", ensemble la décision du 24 février 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Charente, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui reconnaitre le droit à attribution de cette prime, et d'en tirer les conséquences qui s'y attachent ;
3°) de mettre à la charge du département de la Charente la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Elle soutient que :
- le motif tiré de ce que les agents doivent avoir été " contraints sur la totalité de la période de deux mois " pour bénéficier de la prime covid est illégal car il ne figure pas au nombre des conditions prévues par la délibération du 3 juillet 2020 ;
- ses missions habituelles n'ont pas été réduites ;
- elle a dû exercer des missions supplémentaires qui dépassaient la simple suppléance du médecin référent.
Par des mémoires en défense enregistrés le 9 août 2021 et le 3 mai 2022, le département de la Charente, représenté par Me Heymans, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n°2020-473 du 25 avril 2020 ;
- le décret n°2020-570 du 14 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance du 12 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mai 2022 à 12h00.
Un mémoire enregistré le 28 juin 2022 pour Mme C n'a pas été communiqué.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Quevarec, représentant le département de la Charente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, cadre de santé, exerce les fonctions de chargée de mission " politique de santé publique " au département de la Charente. Par un courrier du 13 août 2020, Mme C a sollicité auprès de son employeur le bénéfice de la prime exceptionnelle dite " covid-19 ". Sa demande a été rejetée par une décision du 17 novembre 2020. Son recours gracieux du 20 décembre 2020 a également été rejeté, par une décision du 24 février 2021.
2. En premier lieu, par un arrêté n°2020/1-2 du 16 octobre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département, le président du conseil départemental de la Charente a donné délégation à M. A D, directeur général des services, à effet de " signer tous les actes, arrêtés et ampliations, décisions, documents et correspondances en toutes matières ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 11 de la loi n°2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificatives pour 2020 : " I.- La prime exceptionnelle versée, en 2020, par les administrations publiques au sens du règlement (CE) n° 2223/96 du Conseil du 25 juin 1996 relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans la Communauté, à ceux de leurs agents particulièrement mobilisés pendant l'état d'urgence sanitaire déclaré en application de l'article 4 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 afin de tenir compte d'un surcroît de travail significatif durant cette période est exonérée d'impôt sur le revenu, de toutes les cotisations et contributions sociales d'origine légale ou conventionnelle ainsi que des participations, taxes et contributions prévues à l'article 235 bis du code général des impôts et à l'article L. 6131-1 du code du travail. ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2020-570 du 14 mai 2020 relatif au versement d'une prime exceptionnelle à certains agents civils et militaires de la fonction publique de l'Etat et de la fonction publique territoriale soumis à des sujétions exceptionnelles pour assurer la continuité des services publics dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclaré pour faire face à l'épidémie de covid-19 : " Sont considérés comme particulièrement mobilisés au sens de l'article 1er les personnels pour lesquels l'exercice des fonctions a, en raison des sujétions exceptionnelles auxquelles ils ont été soumis pour assurer la continuité du fonctionnement des services, conduit à un surcroît significatif de travail, en présentiel ou en télétravail ou assimilé. ". L'article 4 du décret prévoit que : " Le montant plafond de la prime exceptionnelle est fixé à 1 000 euros. ". Enfin, l'article 8 de ce décret dispose : " Pour les agents relevant de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, les modalités d'attribution de la prime exceptionnelle sont définies par délibération de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou de son établissement public dans la limite du plafond fixé à l'article 4. / Les bénéficiaires de la prime, le montant alloué et les modalités de versements sont déterminés par l'autorité territoriale. ".
4. Il résulte de ces dispositions que seuls les agents mobilisés pour assurer la continuité des services publics dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclaré pour faire face à l'épidémie de covid-19 et soumis à des sujétions exceptionnelles durant cette période pour assurer la continuité du fonctionnement des services sont éligibles au versement de la prime exceptionnelle instituée par le décret du 14 mai 2020 susvisé.
5. Par une délibération du 3 juillet 2020, le conseil départemental de la Charente a fixé les conditions d'attribution d'une prime dite " covid-19 " par référence aux dispositions citées au point 3. Cette délibération prévoit notamment qu'une prime de 1 000 euros sera allouée " aux agents mobilisés pendant l'état d'urgence sanitaire en retenant les critères suivants : sujétions maximales liées aux relations entre les autorités sanitaires et hospitalières ".
6. Mme C soutient que, pendant la période de l'état d'urgence, elle a exercé des missions supplémentaires, en binôme avec le Dr E, médecin référent de la direction de l'autonomie. Elle fait valoir qu'elle a notamment été chargée du suivi complet des cas de covid-19 d'un établissement d'hébergement, qu'elle assurait une permanence téléphonique sept jours sur sept en tant que " référente violences conjugales ", qu'elle a mis à disposition d'un EHPAD ses compétences d'infirmière du 12 au 23 avril 2020, et qu'elle a participé à l'opération " un charentais : un masque " du 4 au 9 avril. Elle fait, en outre, valoir que ses missions habituelles n'ont pas été réduites pendant cette période.
7. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, en tant que chargée de mission " politique de santé publique ", Mme C avait déjà pour mission habituelle d'assurer le lien avec les partenaires institutionnels du secteur médico-social. Pendant la période de l'état d'urgence, certaines de ses activités de représentation ont été suspendues, tandis que d'autres activités ont été renforcées, notamment le suivi des cas de covid-19 dans les établissements médico-sociaux relevant du département, en lien avec l'agence régionale de santé. En outre, antérieurement à l'état d'urgence, Mme C était déjà " référente violences conjugales " et à ce titre, assurait une permanence téléphonique dans le cadre d'une convention avec l'association France Victimes 16. Par ailleurs, sa mise à disposition en tant qu'infirmière auprès d'un EHPAD pendant sept jours a fait suite à un appel à volontariat lancé par la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente. De même, la participation à l'opération " un charentais : un masque " s'est faite sur la base d'un appel à volontaires. Enfin, Mme C, qui était en congés pendant les 18 premiers jours de l'état d'urgence, ne figure pas sur le plan de continuité d'activités établi en mars 2020 par le département de la Charente. Par suite, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait dû faire face à un surcroit de travail significatif ni à des sujétions exceptionnelles pendant cette période, c'est sans erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation que le président du conseil départemental de la Charente a refusé de lui attribuer le bénéfice de prime exceptionnelle dite " covid-19 ".
8. A supposer que le motif tiré de ce que la prime était réservée aux agents " contraints sur la totalité de la période des deux mois " qui figure dans la décision du 24 février soit illégal, il résulte de ce qui a été dit au point précédent, qu'en tout état de cause, le président du conseil départemental de la Charente aurait pris la même décision s'il n'avait pas retenu ce motif.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative, le département de la Charente n'étant pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C la somme que réclame le département de la Charente sur le fondement de ces dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au département de la Charente.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOTLa présidente,
Signé
S. BRUSTON
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026