jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101318 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DAAGI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mai 2021, M. B C, représenté par Me Daagi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 18 mars 2021 par laquelle le directeur de l'institut de formation d'aide-soignant du centre hospitalier de Saintonge a prononcé son exclusion définitive de l'établissement ;
3°) d'enjoindre à l'administration d'effacer la décision de son dossier pédagogique à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle ne mentionne pas précisément les voies de recours ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le courrier de convocation ne faisait aucune référence à l'objet de la réunion en méconnaissance du principe du contradictoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2021, le centre hospitalier de Saintonge conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 22 octobre 2005 relatif à la formation conduisant au diplôme d'État d'aide-soignant ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 18 mars 2021, le directeur de l'institut de formation des aides-soignants (IFAS) du centre hospitalier de Saintonge a prononcé l'exclusion définitive de M. C, élève aide-soignant, en raison de son inaptitude théorique ou pratique au cours de sa scolarité. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. C n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle qu'il présente ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 37 de l'arrêté du 22 octobre 2005 relatif à la formation conduisant au diplôme d'État d'aide-soignant, alors applicable : " Le directeur de l'institut de formation peut prononcer, après avis du conseil technique, l'exclusion d'un élève pour inaptitudes théoriques ou pratiques au cours de la scolarité. Le directeur doit saisir les membres du conseil technique au moins quinze jours avant la réunion de celui-ci en communiquant à chaque membre un rapport motivé et le dossier scolaire de l'élève. () ". Aux termes de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique " : () Le directeur est ordonnateur des dépenses et des recettes de l'établissement. Il a le pouvoir de transiger. Il peut déléguer sa signature, dans des conditions déterminées par décret. () ". Aux termes de l'article D. 6143-34 du même code : " Toute délégation doit mentionner : / 1° Le nom et la fonction de l'agent auquel la délégation a été donnée ; / 2° La nature des actes délégués ; / 3° Eventuellement, les conditions ou réserves dont le directeur juge opportun d'assortir la délégation. ".
4. En premier lieu, la décision du 18 mars 2021 a été signée, pour le directeur des centres hospitaliers de Saintonge et de Saint-Jean-d'Angély, par Mme A, coordonnatrice générale des soins, en charge de l'intérim de la direction de l'IFAS, qui a reçu délégation du directeur, par une décision du 15 janvier 2021 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs, pour signer tous les documents concernant le fonctionnement courant de l'institut de formation. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision contestée doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée, après avoir visé les dispositions applicables à la situation de M. C, mentionne le parcours de l'élève et ses résultats, ainsi que ses différents entretiens avec la direction de l'institut. Par suite, cette décision, qui contient l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En troisième lieu, M. C ne saurait utilement se prévaloir de l'absence, dans la décision attaquée, de la mention des voies de recours, qui est sans incidence sur la légalité de la décision. En tout état de cause, cette mention est présente à l'article 3 de la décision attaquée.
7. En quatrième et dernier lieu, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " () les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du compte rendu de l'entretien du 22 février 2021, que M. C a été alerté sur les difficultés, notamment de compréhension, rencontrées tout au long de sa formation et qu'il a été invité, à plusieurs reprises, à se positionner sur la poursuite de son parcours. M. C a également été invité à expliquer les raisons susceptibles de justifier ses difficultés rencontrées en stage et à trouver les moyens d'y remédier. En outre, il a été informé de la réunion prochaine du conseil technique et de la probabilité de son exclusion en étant invité à formuler des observations, ce qu'il n'a pas fait. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du directeur de l'institut de formation des aides-soignants du centre hospitalier de Saintonge du 18 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction
10. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au centre hospitalier de Saintonge et à Me Daagi.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026