jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 mai 2021 et 22 août 2023, Mme B Comte, représentée par la SCP KPL Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2021 par laquelle le maire de Montmorillon a déclaré non réalisable son projet de construction ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montmorillon la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;
- le classement de sa parcelle en zone N est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023, la commune de Montmorillon, représentée par Me Brugière, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Kolenc, représentant Mme Comte et de Me Brugière, représentant la commune de Montmorillon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Comte est propriétaire d'un terrain de 2 500 m2 non construit correspondant à la parcelle cadastrée F n° 388 située sur la commune de Montmorillon. Le 26 janvier 2021, elle a sollicité la délivrance d'un certificat d'urbanisme pour connaître la possibilité de construire une maison d'habitation sur ce terrain. Par une décision du 22 mars 2021, le maire de Montmorillon a déclaré cette opération non réalisable au regard du classement du terrain d'assiette en zone naturelle. Par une requête enregistrée le 20 mai 2021, Mme Comte demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes ().
3. D'une part, si la requérante soutient que la décision du 22 mars 2021 a été signée par une autorité incompétente, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 16 novembre 2020, le maire de Montmorillon a donné à M. A délégation pour signer les certificats d'urbanisme.
4. D'autre part, si la requérante soutient qu'il n'est pas établi que cet arrêté a été publié ou affiché, il ressort des pièces du dossier que son caractère exécutoire a été certifié, sous sa responsabilité, par l'autorité territoriale, cette mention faisant foi jusqu'à preuve du contraire. Dans ces circonstances, faute pour la requérante d'apporter de preuve contraire, l'arrêté donnant délégation à M. A doit être regardé comme ayant été publié ou affiché.
5. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision du 22 mars 2021 a été signée par une autorité incompétente.
6. En second lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. En l'espèce, si la parcelle de la requérante, qui n'est pas bâtie, est située dans un secteur boisé compris entre la rivière Gartempe à l'Ouest et une route départementale à l'Est, ce secteur comporte néanmoins, en bordure de cette voie, des espaces plus clairsemés où sont implantées des constructions individuelles. Il ressort des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme ont partiellement ouvert à l'urbanisation trois parcelles mitoyennes de celle de la requérante, après avoir retenu comme critère d'urbanisation le caractère non boisé d'une partie de ces parcelles dans leur partie proche de la route départementale. Dans ces circonstances, alors que la parcelle appartenant à la requérante comporte également une partie faiblement boisée en bordure de cette route départementale, la commune de Montmorillon a commis une erreur manifeste d'appréciation en classant en zone N la totalité de cette parcelle. Par suite, Mme Comte est fondée à exciper de l'illégalité de ce classement pour demander l'annulation du certificat d'urbanisme litigieux.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme Comte est fondée à demander l'annulation de la décision du maire de Montmorillon du 22 mars 2021.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme Comte, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Montmorillon sur ce fondement. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Montmorillon la somme de 1 200 euros à verser à Mme Comte au titre de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 22 mars 2021 du maire de Montmorillon est annulée.
Article 2 : La commune de Montmorillon versera à Mme Comte la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Montmorillon en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B Comte et à la commune de Montmorillon.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026