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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2101417

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2101417

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2101417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantGENDREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 mai 2021 et 11 août 2022, M. A B et Mme C B, représentés par Me Rimbaud, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2020 par lequel le maire de Plaine-d'Argenson a refusé de leur délivrer un permis de construire pour la construction d'un garage d'une surface de 98 m2 sur une parcelle cadastrée (ANO)B0 243, sise 7 route des Champs(ANO), ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commune de Plaine-d'Argenson de leur délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Plaine-d'Argenson la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de condamner la commune de Plaine d'Argenson aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- la carte communale est illégale, dès lors que le classement en zone N du secteur dans lequel se trouve une partie de la parcelle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, et un mémoire enregistré le 1er novembre 2022 qui n'a pas été communiqué, la commune de Plaine-d'Argenson, représentée par Me Gendreau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bureau,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- les observations de Me Rimbaud, représentant M. et Mme B, et celles de Me Gendreau, représentant la commune de Plaine-d'Argenson.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont déposé, le 30 octobre 2020, une demande de permis de construire un garage d'une surface de 98 m2 sur une parcelle cadastrée (ANO)B0 243, sise 7 route des Champs(ANO), dans le hameau de la Fricaudière, située sur le territoire de la commune de Plaine-d'Argenson. Par arrêté du 8 décembre 2020, le maire de Plaine-d-Argenson a refusé de leur délivrer le permis sollicité. Par courrier en date du 29 janvier 2021, M. et Mme B ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par la présente requête, ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2020, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté du 8 décembre 2020 comporte l'indication des considérations de fait et de droit sur lesquelles s'est fondé le maire de Plaine-d'Argenson pour refuser le permis de construire sollicité. Il rappelle les dispositions d'urbanisme applicables, notamment l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, et mentionne que le projet en litige prévoit un " garage d'une longueur de 14 mètres et d'une largeur de 7 mètres soit une emprise de 98 m2 ". Ainsi, cet arrêté, dont la motivation est suffisante, satisfait aux exigences des articles L. 424-3 et R. 424-5 du code de l'urbanisme. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté : " La carte communale délimite les secteurs où les constructions sont autorisées et les secteurs où les constructions ne sont pas admises, à l'exception : / 1° De l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension des constructions existantes ainsi que de l'édification d'annexes à proximité d'un bâtiment existant ; () ".

4. Il appartient aux auteurs d'une carte communale de déterminer le parti d'aménagement à retenir en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction sans être liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, ou par les limites de propriétés. L'appréciation à laquelle ils se livrent à cet égard ne peut être censurée par le juge administratif que dans le cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou serait fondée sur des faits matériellement inexacts.

5. En l'espèce, la parcelle cadastrée (ANO)B0 243(ANO) est classée, pour sa partie nord, dans une zone urbanisée et, pour sa partie sud, dans une zone naturelle. Il ressort des pièces du dossier que la volonté des auteurs de la carte communale, telle que notamment retranscrite dans le rapport de présentation, est avant tout de ne pas ouvrir à l'urbanisation le hameau " La Fricaudière ", où se situe la parcelle de M. et Mme B.

6. Pour contester le classement en zone inconstructible d'une partie de la parcelle servant d'assiette à leur projet, M. et Mme B se prévalent de sa proximité avec un ensemble immobilier, de la desserte de la parcelle par les réseaux d'eau et d'électricité et de la situation du sud de la parcelle qui longe une route. Toutefois, la proximité de maisons individuelles et la présence des seuls réseaux d'eau et d'électricité n'est pas de nature à justifier nécessairement un classement en zone constructible d'une carte communale. La circonstance qu'une route longe la parcelle au sud n'est pas davantage de nature à remettre en cause la pertinence de ce classement. Dans ces conditions, alors que la partie de la parcelle litigieuse est située à proximité immédiate de vaste espaces classés en zone N et n'est bordée par aucune construction. M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que la carte communale sur laquelle s'est fondée l'autorité communale serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Plaine-d'Argenson du 8 décembre 2020.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Plaine-d'Argenson au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Plaine-d'Argenson, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

10. Aucun dépens n'ayant été exposé dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par les requérants ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Plaine-d'Argenson la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C B et à la commune de Plaine-d'Argenson.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet, première conseillère,

M. Bureau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

Le rapporteur,

V. BUREAU

Le président,

A. LE MEHAUTE

La greffière,

G. FAVARD

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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