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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2101426

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2101426

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2101426
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantROUCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n° 2101426 enregistrée le 31 mai 2021 et des mémoires enregistrés les 1er décembre 2021, 14 février 2022, 20 avril 2022 et 8 juin 2022, M. D B, M. A E, la SARL KLBG et M. H G, représentés par Me Rouché, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de La Rochelle a délivré à la SAS 2M le permis de construire PC 17300200220 pour la réalisation d'un manège et la décision du 7 avril 2021 de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Rochelle et de la SAS 2M une somme de 2 500 euros à verser à chacun des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ou insuffisant au regard des exigences prévues par l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme pour les établissements recevant du public, des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme s'agissant des travaux portant sur les réseaux de distribution et des dispositions des article R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme s'agissant de la notice architecturale ;

- le permis de construire méconnait l'article 1.15 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) relatif aux obligations en terme de déchets, l'article 1.11 du PLUi relatif à la gestion quantitative des eaux pluviales, l'article 1.12 du PLUi relatif aux obligations en termes d'eau potable, l'article 1.13 du PLUi relatif aux obligations en termes d'eaux usées et l'article 1.14 du PLUi relatif aux obligations en termes de desserte électrique ainsi que les dispositions de l'article 4.3.3 du PLUi relatif à l'aspect extérieur des constructions ;

- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, de l'article 1.6 des dispositions générales du PLUi, de l'article A.1 du règlement de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) et des articles 7.1 et 7.3 de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Construire aujourd'hui " s'agissant de l'insertion du projet dans son environnement ;

- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article UU5 du PLUi relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis aux abords des constructions.

Par des mémoires en défense enregistrés les 12 avril et 11 mai 2022, la commune de La Rochelle, représentée par la SCP BCJ Brossier, Carré, Jolly, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner M. D B, M. A E, la SARL KLBG et M. H G à lui verser une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2021, la SAS 2M, représentée par Me Verluise, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner solidairement M. D B, M. A E, la SARL KLBG et M. H G à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable au motif du défaut d'intérêt à agir des requérants ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire enregistré le 14 février 2022, M. G déclare se désister de sa requête.

II. Par une requête n° 2101427 enregistrée le 31 mai 2021 et des mémoires enregistrés le 1er décembre 2021, le 14 février 2022, le 20 avril 2022 et le 1er juin 2022, M. C F, représenté par Me Rouché, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de La Rochelle a délivré à la SAS 2M le permis de construire PC17300200220 pour la réalisation d'un manège et la décision du 7 avril 2021 de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Rochelle et de la SAS 2M une somme de 2 500 euros à verser au requérant en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ou insuffisant au regard des exigences prévues par l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme pour les établissements recevant du public, des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme s'agissant des travaux portant sur les réseaux de distribution et des dispositions des article R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme s'agissant de la notice architecturale ;

- le permis de construire méconnait l'article 1.15 des dispositions générales du PLUi relatif aux obligations en terme de déchets, l'article 1.11 du PLUi relatif à la gestion quantitative des eaux pluviales, l'article 1.12 du PLUi relatif aux obligations en termes d'eau potable, l'article 1.13 du PLUi relatif aux obligations en termes d'eaux usées et l'article 1.14 du PLUi relatif aux obligations en termes de desserte électrique ainsi que les dispositions de l'article 4.3.3 du PLUi relatif à l'aspect extérieur des constructions ;

- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, l'article 1.6 des dispositions générales du PLUi, l'article A.1 du règlement de la ZPPAUP et les articles 7.1 et 7.3 de l'OAP " Construire aujourd'hui " s'agissant de l'insertion du projet dans son environnement ;

- le permis de construire méconnait les dispositions de l'article UU5 du PLUi relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis aux abords des constructions.

Par des mémoires en défense enregistrés les 12 avril et 11 mai 2022, la commune de La Rochelle, représentée par la SCP BCJ Brossier, Carré, Jolly, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner M. F à lui verser une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2021, la SAS 2M, représentée par Me Verluise, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de condamner M. F à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable au motif du défaut d'intérêt à agir du requérant ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la construction et de l'habitat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Philippe Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Rouché, représentant les requérants et de Me Brossier, représentant la commune de La Rochelle.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux requêtes distinctes, M. B, M. E, la SARL KLBG, M. G et M. F demandent l'annulation de l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de La Rochelle a délivré à la SAS 2M le permis de construire PC 17300200220 pour l'installation d'un manège pour enfants d'une surface de plancher de 81 m² sur un terrain situé avenue de Lazaret donnant sur le front de mer de la plage des Minimes et de la décision du 7 avril 2021 par laquelle le maire a rejeté leur recours gracieux.

2. Les requêtes n° 2101426 et n° 2101427 présentées par les requérants ont le même objet et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.

Sur le désistement de M. G :

3. Par un mémoire enregistré le 14 février 2022, M. G déclare se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 123-2 du code de la construction et de l'habitation : " Pour l'application du présent chapitre, constituent des établissements recevant du public tous bâtiments, locaux et enceintes dans lesquels des personnes sont admises, soit librement, soit moyennant une rétribution ou une participation quelconque, ou dans lesquels sont tenues des réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non. Sont considérées comme faisant partie du public toutes les personnes admises dans l'établissement à quelque titre que ce soit en plus du personnel ". Enfin, aux termes de l'article R. 123-14 du même code, dans sa version applicable au litige : " Les établissements dans lesquels l'effectif du public n'atteint pas le chiffre fixé par le règlement de sécurité pour chaque type d'établissement sont assujettis à des dispositions particulières déterminées dans le règlement de sécurité. Le maire, après consultation de la commission de sécurité compétente, peut faire procéder à des visites de contrôle dans les conditions fixées aux articles R. 123-45 et R. 123-48 à R. 123-50 afin de vérifier si les règles de sécurité sont respectées. Lorsque ces établissements disposent de locaux d'hébergement pour le public, les travaux qui conduisent à leur création, à leur aménagement ou à leur modification ne peuvent être exécutés qu'après délivrance de l'autorisation prévue aux articles L. 111-8 et suivants et après avis de la commission de sécurité compétente. Ils sont par ailleurs soumis aux dispositions des articles R. 111-19-14 et R. 123-22 ainsi qu'aux articles R. 123-43 à R. 123-52 ".

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du courrier du directeur départemental des services d'incendie et de secours de Charente-Maritime du 10 novembre 2020, que le manège qui fait l'objet du permis de construire en litige est classé dans les établissements recevant du public de type " chapiteaux, tentes et structures " de cinquième catégorie et qu'en conséquence, il n'est pas soumis aux dispositions relatives à la sécurité contre les risques d'incendie dans les établissements recevant du public prévues à l'article R. 123-14 du code de l'urbanisme précité. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la demande de permis de construire était incomplète au motif qu'elle ne comportait pas le dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité prévues au b) de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme.

7. Le dossier de permis de construire se rapportant à un tel établissement devait néanmoins comporter les pièces requises par le a) de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme, afin de permettre à l'administration de vérifier que le projet respectait les règles d'accessibilité qui lui sont opposables. A ce titre, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, et notamment du plan de masse, que le manège en litige, de forme octogonale, comporte deux entrées permettant l'accès aux personnes handicapées, que la construction est constituée d'une seule pièce, qu'elle ne dispose pas de sanitaires et que la caisse est accessible depuis l'extérieur du manège sur la voie publique. Dans ces conditions, l'absence de dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable en matière d'accessibilité des établissements recevant du public.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ".

9. Il résulte de ces dispositions qu'un permis de construire doit être refusé, d'une part, lorsque des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

10. Il résulte de l'instruction, et notamment des schémas des réseaux produits par la commune que l'emplacement du manège est entièrement desservi par les réseaux de distribution d'électricité, d'eau potable et d'assainissement des eaux pluviales et usées. Dès lors que les requérants n'établissent pas en quoi ces réseaux seraient insuffisants pour l'installation en litige, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. []. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour alimentation en eau et l'assainissement ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; () ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".

12. La notice architecturale du dossier de demande de permis de construire en litige indique que le projet se situe sur l'esplanade menant à la plage des Minimes. Elle précise que le projet consiste à installer un manège en retrait de 4 mètres par rapport au bâtiment de France 3 Atlantique et par rapport au commerce à l'enseigne " Le Grain de Sable ", que ce manège aura une emprise au sol de 9 x 9 mètres et qu'il sera de couleur bleu azur et blanc. Le dossier comporte un plan de masse et le plan d'une façade qui est suffisant compte tenu des caractéristiques du manège qui comprend huit façades identiques. Plusieurs photographies des lieux environnants, à la fois des constructions mais aussi de la vue sur la plage sont produites ainsi qu'une image permettant de visualiser l'insertion du projet dans son environnement. Compte tenu des caractéristiques du projet, la notice architecturale était ainsi suffisante au regard des dispositions des articles R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme précitées.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

14. Si les requérants invoquent l'atteinte à la salubrité publique liée aux nuisances sonores générées par les travaux de construction et par l'exploitation du manège pour enfants qui diffusera de la musique, il ne résulte pas, en tout état de cause, des pièces du dossier, que la construction ou le fonctionnement du manège exposerait les requérants à un risque tel que l'autorité compétente aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en autorisant le projet en litige.

15. Par ailleurs, et pour les mêmes motifs, le projet en litige n'est pas incompatible avec les objectifs de l'OAP " Construire aujourd'hui " du PLUi de La Rochelle qui prévoient que le porteur de projet réalise un " état des lieux des nuisances existantes et à venir " et intègre " de façon adapté les nuisances liées au bruit d'un point de vue technique mais également paysager en utilisant les bons outils en fonction de la contrainte existante ".

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.15 du PLUi : " Tout bâtiment d'activité professionnelle doit prévoir un espace pour le stockage des déchets dans le volume du bâtiment ou sur sa parcelle. Cet espace peut ne pas être dédié uniquement à cet usage ". Aux termes de l'article 1.11 du PLUi : " La gestion quantitative des eaux pluviales est imposée au sein des zones urbanisées et à urbaniser du PLUi, dans les cas suivants : - construction ou imperméabilisation nouvelle de plus de 40 m² ; - extension de plus de 40 m² ; - restructuration urbaine/rénovation sur un projet de plus de 40 m² ". Aux termes de l'article L. 1.12 du PLUi : " Toute construction doit être raccordée au réseau public de distribution d'eau potable dans les conditions et selon les modalités définies par le gestionnaire du réseau. Pour chaque raccordement au réseau d'eau potable de la commune un système anti-retour () doit être installé pour sécuriser le réseau public () ". Aux termes de l'article L. 1.13 du PLUi : " Toute construction doit être raccordée au réseau public d'assainissement des eaux usées dans les conditions et selon les modalités définies par la Communauté d'Agglomération de La Rochelle, compétente en matière de collecte, transfert et traitement des eaux usées ". Aux termes de l'article L. 1.14 du PLUi : " Lorsque les réseaux publics d'électricité sont souterrains, les branchements particuliers doivent l'être également. () Dans les projets disposant de parties communes susceptibles d'être incorporées dans le Domaine Public (voirie interne, aires de stationnement communes, aires de jeux, espaces verts, autres équipements), tous les réseaux devront être mis en souterrain y compris les réseaux suivants : éclairage public, alimentation électrique en basse ou moyenne tension, téléphone. En outre, la réalisation du réseau fibre optique (fourreaux) est obligatoire. La réalisation de fourreaux enterrés pour passage des câbles réseau de transmission d'informations numériques et téléphonique, est obligatoire ". Enfin, aux termes de l'article 4.3.3 du PLUi: " Une attention particulière doit être portée pour le choix des matériaux et des couleurs afin d'assurer une insertion harmonieuse du projet dans son environnement ". Le lexique du règlement du PLUi définit par ailleurs la notion de " construction " comme " un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface ". La notion de bâtiment est définie quant à elle comme " un sous-ensemble de la notion construction".

17. Le projet en litige consiste à installer un manège pour enfants clos et couvert sur le domaine public dans le cadre d'une convention d'occupation signée le 16 décembre 2020 pour une durée de douze ans. Dans ces conditions, cette installation, dont il n'est pas sérieusement contesté qu'elle est démontable, ne constitue pas un ouvrage fixe et pérenne caractérisant une construction au sens du lexique du PLUi précité, quand bien même ce manège entre dans le champ d'application des dispositions de l'article L.421-1 du code de l'urbanisme qui prévoit que les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du PLUi citées au point précédent doivent être écartés.

18. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1.6 des dispositions générales du PLUi relatif à l'aspect extérieur des constructions : " Le projet peut être refusé, ou être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Les constructions doivent s'intégrer harmonieusement aux lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages environnants. Ce principe général concerne aussi bien l'édification de constructions nouvelles que toute intervention sur des bâtiments et des aménagements existants (restauration, transformation, extension). Il en est de même des constructions annexes qui doivent en outre s'intégrer harmonieusement avec la construction principale à laquelle elles se rattachent ".

19. Dès lors que les dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme invoquées par les requérants ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et qu'elles prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

20. Comme le font valoir les requérants, le projet contesté est situé à proximité immédiate de la plage des Minimes classée en zone de patrimoine naturel et de vestiges de la ligne des forts référencés en tant qu'" éléments rares de patrimoine " dans le cadre du règlement de la ZPPAUP du PLUi. Toutefois, compte tenu, d'une part, des caractéristiques spécifiques de l'ouvrage qui n'a pas vocation à être pérenne et, d'autre part, de son environnement urbain immédiat composé de constructions sans caractère particulier et pour certaines beaucoup plus hautes, le maire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 1.6 du PLUi en accordant le permis de construire en litige.

21. Par ailleurs, et pour les mêmes motifs, le projet en litige n'est pas non plus incompatible avec l'OAP " Construire aujourd'hui " du PLUi qui dispose, dans son article 7.1, qu'une " étude fine du contexte dans lequel le projet prendra place " doit être menée afin " d'appréhender les contraintes et les atouts du site et de les prendre en compte par la suite dans les choix effectués par le concepteur " et, dans son article 7.3, qu'il convient de privilégier une volumétrie et une architecture basées sur la simplicité, de favoriser l'éclairage naturel et d'intégrer les locaux transformateurs, techniques ou les conteneurs de déchets dans la volumétrie générale du bâtiment.

22. En septième lieu, aux termes de l'article UU5 du PLUi : " La totalité des espaces non bâtis doit être aménagée et entretenue de façon à garantir le bon aspect des lieux. Les règles des espaces non bâtis sont déterminées dans toutes les zones par l'application d'un coefficient de biotope, à l'exception du secteur UU4 qui définit un coefficient de pleine terre en raison des prescriptions spécifiques définies dans le plan des secteurs à plan masse () 5.4 : Les espaces libres aux abords de la construction doivent être traités avec un soin particulier afin de participer à leur insertion dans le site, à l'amélioration du cadre de vie et à la gestion de l'eau pluviale ".

23. Il ressort de la convention d'occupation du domaine public signée entre la commune de La Rochelle et la SAS 2M le 16 décembre 2020 que l'espace mis à disposition de la société exploitante est de 81 m² ce qui correspond à la dimension du manège. Les requérants ne peuvent, en conséquence, se prévaloir des dispositions du PLUi relatives aux espaces non bâtis pour contester la légalité du permis de construire.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n° 2101426 et n° 2101427 doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur la fin de non-recevoir invoquée par la SAS 2M.

Sur les frais liés à l'instance :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la commune de La Rochelle et de la SAS 2M, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les requérants réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

26. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B, de M. E et de la SARL KLBG la somme globale de 500 euros au titre des frais exposés par la commune de La Rochelle et non compris dans les dépens, ainsi que la somme globale de 500 euros au titre des mêmes frais exposés par la SAS 2M.

27. Il y a lieu également, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. F une somme de 500 euros à verser à la commune de La Rochelle et une somme de 500 euros à verser à la SAS 2M en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de M. G.

Article 2 : Les requêtes n° 2101426 et n° 2101427 sont rejetées.

Article 3 : M. B, M. E et la SARL KLBG verseront une somme globale de 500 euros à la commune de La Rochelle et une somme globale de 500 euros à la SAS 2M au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : M. F versera une somme de 500 euros à la commune de La Rochelle et une somme de 500 euros à la SAS 2M en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, à M. H G, à M. C F, à la commune de La Rochelle et à la SAS 2M.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet, premier conseillère,

M. Bureau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

La rapporteure,

Signé

M. BOUTET

Le président,

Signé

A. LE MEHAUTE

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

2, 2101427

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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