jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DENIZEAU GABORIT TAKHEDMIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2021, M. A C, représenté par la SCP Denizeau, Gaborit, Takhedmit et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2020, notifié le 23 février 2021, par lequel le préfet de la Vienne a ordonné la remise de ses armes et munitions, ainsi que la décision du 19 avril 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui restituer ses armes et munitions, de supprimer l'interdiction d'acquérir ou de détenir des armes ou des munitions du fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes, de rétablir la validation et restituer le récépissé de déclaration et d'enregistrement d'acquisition relatif à ses armes, de rétablir la validation de son permis de chasser, de restituer le document de validation de son permis de chasser et de lui rembourser le droit de timbre, les redevances cynégétiques, les cotisations, les contributions et les participations acquittées, le tout dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 10 novembre 2020 a été signée par une autorité incompétente ;
- les décisions du 10 novembre 2020 et du 19 avril 2021 sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure dès lors qu'il n'est pas établi qu'il constitue un danger grave pour lui-même ou pour les tiers.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2021, la préfète de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a fait l'objet, le 10 novembre 2020, d'un arrêté de remise de ses armes et munitions sur le fondement de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure et de retrait de son permis de chasse. Par décision du 19 avril 2021, la préfète de la Vienne a rejeté son recours gracieux contre cette décision. M. C demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté du 10 novembre 2020 en litige a été signé par M. B D, directeur de cabinet de la préfète de la Vienne, qui disposait d'une délégation de signature consentie par un arrêté du 6 octobre 2020, publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, pour signer toute décision relevant des attributions du cabinet, à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions en litige, et, dans le cadre des permanences préfectorales, les décisions de saisie d'armes. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 10 novembre 2020 a été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 10 novembre 2020 vise notamment les articles L. 312-7 à L. 312-10 du code de la sécurité intérieure sur lesquels est fondée la décision de saisie d'armes. Elle fait référence au procès-verbal relatif à l'intervention, le 31 juillet 2021, de la communauté de brigades de gendarmerie de Neuville-de-Poitou au domicile de M. C pour des intentions suicidaires. Il mentionne que le rapport des services de gendarmerie fait apparaître que l'intéressé " s'est signalé par une disparition alors qu'il était dépressif et pour avoir évoqué de vouloir se suicider par arme à feu " et que ce comportement présente un danger grave pour lui-même ou pour autrui et s'avère donc incompatible avec la détention d'armes et de munitions. La décision du 19 avril 2021, prise par le préfet de la Vienne sur recours gracieux, confirme l'arrêté du 10 novembre 2020 en visant plus précisément l'article L. 312-9 du code de la sécurité intérieure. Les décisions en litige sont ainsi suffisamment motivées.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure : " Si le comportement ou l'état de santé d'une personne détentrice d'armes, de munitions et de leurs éléments présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui, le représentant de l'Etat dans le département peut lui ordonner, sans formalité préalable ni procédure contradictoire, de les remettre à l'autorité administrative, quelle que soit leur catégorie. " Aux termes de l'article L. 312-9 du même code : " La conservation de l'arme, des munitions et de leurs éléments remis ou saisis est confiée pendant une durée maximale d'un an aux services de la police nationale ou de la gendarmerie nationale territorialement compétents. / Durant cette période, le représentant de l'Etat dans le département décide, après que la personne intéressée a été mise à même de présenter ses observations, soit la restitution de l'arme, des munitions et de leurs éléments, soit leur saisie définitive. () ". Aux termes de l'article L. 312-10 de ce code : " Il est interdit aux personnes dont l'arme, les munitions et leurs éléments ont été saisis en application de l'article L. 312-7 ou de l'article L. 312-9 d'acquérir ou de détenir des armes, munitions et leurs éléments, quelle que soit leur catégorie. Le représentant de l'Etat dans le département peut cependant décider de limiter cette interdiction à certaines catégories ou à certains types d'armes, de munitions et de leurs éléments. Cette interdiction cesse de produire effet si le représentant de l'Etat dans le département décide la restitution de l'arme, des munitions et de leurs éléments dans le délai mentionné au premier alinéa de l'article L. 312-9. Après la saisie définitive, elle peut être levée par le représentant de l'Etat dans le département en considération du comportement du demandeur ou de son état de santé depuis la décision de saisie ".
5. Pour prendre la décision en litige, la préfète de la Vienne s'est fondée sur la dangerosité du comportement de M. C au regard des évènements du 31 juillet 2020 au cours desquels les services de Pôle emploi de Chasseneuil-du-Poitou ont informé la gendarmerie de Neuville-de-Poitou que ce dernier leur avait déclaré qu'il allait mettre fin à ses jours, en précisant qu'il était armé et qu'il pourrait s'en prendre aux gendarmes s'ils venaient à son domicile. Le rapport dressé le 31 juillet 2021 par la brigade de gendarmerie de Neuville-Poitou indique que l'intervention d'un négociateur a permis à M. C de se rendre à la brigade de gendarmerie de la commune de Mirebeau, où il aurait expliqué qu'il n'avait jamais eu l'intention d'utiliser ses armes et qu'il voulait seulement alerter Pôle emploi sur sa situation. Le rapport de gendarmerie mentionne également qu'une hospitalisation à la demande d'un tiers a été formulée par l'oncle de M. C et que ce dernier a été transporté le 31 juillet 2020 au centre hospitalier universitaire de Poitiers pour une prise en charge. Dans ces circonstances, la seule attestation d'un ami produite par le requérant indiquant qu'il est " sérieux, stable, consciencieux et prudent dans ses activités ", ne permet pas d'établir que la décision de remise des armes prise par la préfète de la Vienne sur le fondement de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure serait entachée d'une erreur d'appréciation, quand bien même les évènements du 31 juillet 2020 n'auraient finalement pas fait l'objet de poursuites judiciaires ou d'une hospitalisation à la demande d'un tiers.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 26 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026