mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101810 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021, Mme A C, représentée par la SCP d'avocats Breillat-Dieumegard-Masson, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 10 juin 2021 par laquelle la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder dans le même délai à un nouvel examen de sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, le tout sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, à elle-même sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- ses motifs révèlent un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3, paragraphe 1er, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante camerounaise née le 4 janvier 1986, déclare être entrée en France au mois de juillet 2018. Le 31 juillet 2020, elle a formé une demande de titre de séjour en tant que parent d'un enfant français. Par une décision du 15 juin 2021, la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 15 octobre 2021, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, la décision contestée a été signée par le secrétaire général de la préfecture de la Vienne à qui le préfet de ce département a, par un arrêté du 26 mars 2021 régulièrement publié, donné délégation pour signer tous les actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas la décision contestée. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté manque en fait.
4. En deuxième lieu, la décision contestée vise les articles applicables de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui déterminent les conditions d'obtention d'une carte de séjour temporaire en tant que parent d'un enfant français. il expose que Mme C ne justifie pas suffisamment que le père de son plus jeune enfant, de nationalité française, contribue de manière effective à l'entretien et à l'éducation de cet enfant et que l'intéressée ne démontre pas avoir noué en France des liens particulièrement intenses, stables et anciens. Dans ces conditions, cette décision, qui comporte un exposé suffisant des circonstances de droit et de fait qui la fondent, est suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas de cette motivation que la préfète de la Vienne, qui n'était pas tenue de faire un rappel exhaustif des conditions d'entrée et de séjour de Mme C en France, aurait omis d'examiner la situation personnelle de l'intéressée.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Selon l'article L. 421-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. "
7. Mme C est la mère d'une enfant mineure, née le 17 avril 2020 et reconnue par un ressortissant français avant sa naissance.
8. En ce qui concerne la contribution financière du père à l'entretien de cet enfant, elle produit divers tickets de caisse, relatifs à divers achats pour bébé effectués à la fin de l'année 2020 et au début de l'année 2021, qui ne permettent pas de déterminer la personne ayant réalisé ces achats. Si elle produit également six factures établies au nom du père de l'enfant, entre le 7 mai 2021 et le 17 juin 2021, portant sur un montant total de 107,08 euros, ces dépenses de très faibles montants et qui ne sont, dans le meilleur des cas, susceptibles d'établir qu'une participation purement occasionnelle du père aux frais courants d'entretien de l'enfant, ne sont pas suffisantes pour établir que celui contribuait à l'entretien et à l'éducation de l'enfant depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans à la date de la décision contestée. Enfin, Mme C ne peut utilement se prévaloir des factures établies en octobre 2021 au nom du père de sa fille, des récépissés de paiement des frais de scolarité, dont elle allègue qu'ils ont été payés par ce dernier, et de l'attestation établie par le père le 8 juillet 2021, dans laquelle celui-ci déclare prendre soin de l'entretien et de l'éducation de sa fille, sans davantage de précision sur les dépenses qu'il a exposées pour celle-ci, ces documents ayant été établis après la date de la décision contestée et étant donc sans incidence sur la légalité de celle-ci, qui ne s'apprécie qu'au regard des circonstances de fait qui existaient à la date à laquelle elle a été prise, étant au demeurant relevé que ces éléments ne suffisent pas davantage à démontrer le caractère effectif de la contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
9. Si Mme C fait également valoir qu'elle-même et le père de son enfant, séparés, ont, d'un commun accord, déterminé les modalités de prise en charge de celui-ci en ce qui concerne la fixation de sa résidence habituelle au domicile de la requérante, les modalités d'exercice par le père de son droit de visite et d'hébergement et la contribution financière du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, elle ne produit aucun acte formalisant cet accord dont elle indique elle-même, dans sa requête, qu'elle n'a fait l'objet d'aucune décision judiciaire. Dans ces conditions, à supposer même qu'un tel accord existe, Mme C ne peut utilement s'en prévaloir, les dispositions précitées de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exigeant soit la démonstration d'une contribution effective du père, soit la production d'une décision judiciaire, qui peut être une décision d'homologation d'un accord formalisé entre les parents.
10. Dans ces conditions, en l'absence, à la fois, de démonstration du caractère effectif de cette contribution et de production d'une décision de justice en ayant fixé les modalités, la préfète de la Vienne n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation en refusant de délivrer à Mme C un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français.
11. En cinquième lieu, comme il a été dit au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ressortissant français ayant reconnu l'enfant de la requérante participerait à son éducation et à son entretien. Il ne ressort pas davantage des mêmes pièces que la cellule familiale ne pourrait pas être recomposée dans le pays d'origine de la requérante, où réside son autre enfant mineur, âgé de quatre ans à la date de la décision contestée, ni que sa fille née en France ne pourrait y bénéficier d'une prise en charge adaptée et y être scolarisée. Par suite, en prenant la décision contestée, la préfète de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3, paragraphe 1er, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pinturault, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
M. PINTURAULT
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026