lundi 9 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101839 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GOMBAUD-COMBEAU-COUTAND-CAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2021, Mme B A, représentée par Me Gargadennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 février 2021 par laquelle le directeur du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis a refusé de reconnaître imputable au service l'accident qu'elle a déclaré le 15 avril 2020, ainsi que la décision du 8 juin 2021 par laquelle il a rejeté le recours gracieux qu'elle a exercé à l'encontre de cette décision ;
2°) de mettre à la charge du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-l'accident du 12 avril 2020, qui a eu lieu au cours d'une réunion du CHSCT, est présumé imputable au service dès lors qu'aucune faute de sa part ou aucune autre circonstance particulière n'est intervenue pour détacher l'événement du service ;
-le lien de causalité entre la violence des propos proférés à son égard et les troubles anxieux qui s'en sont suivis, qui n'a pas à être exclusif, est établi ;
-l'inspecteur du travail a rappelé à l'établissement son obligation de prévention des risques psycho-sociaux et de toute forme de discrimination et son obligation de sécurité de résultat sur la santé physique et mentale de ses agents.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2021, le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis, représenté par la SCP Gombaud Combeau Coutand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-le lien de causalité direct et certain entre le service et les troubles allégués par Mme A n'est pas établi ;
-les propos tenus par le directeur adjoint de l'établissement lors du CHSCT, qui ne visaient pas personnellement la requérante, avaient pour seul objectif de questionner les actions du syndicat auquel elle appartient.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coutand, représentant le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été recrutée par le groupe hospitalier de La Rochelle-Ré-Aunis en qualité d'infirmière diplômée d'Etat. Elle bénéficie d'une décharge pour exercer une activité syndicale à hauteur de 50 % de son temps de travail, dans le cadre de laquelle elle est élue au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'établissement. Après la tenue d'un CHSCT extraordinaire le 12 avril 2020, Mme A a déclaré un accident de service, le 15 avril 2020, estimant avoir fait l'objet de propos injurieux, violents et menaçants, en lien avec son appartenance syndicale, lors de cette réunion. A la demande de la commission de réforme, un médecin psychiatre agréé a été saisi pour se prononcer sur la situation de Mme A. Il a rendu son rapport administratif en décembre 2020. Par son avis du 29 janvier 2021, la commission de réforme a considéré qu'elle ne pouvait pas reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme A. Par une décision du 10 février 2021, le groupe hospitalier a refusé de reconnaître imputable au service cet événement. Par un courrier du 9 avril 2021, Mme A a contesté ce refus auprès du directeur du groupe hospitalier, qui l'a expressément rejeté par une décision du 8 juin 2021. Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision du 10 février 2021 par laquelle le directeur du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis a refusé de reconnaître imputable au service l'accident qu'elle a déclaré le 15 avril 2020, ainsi que la décision du 8 juin 2021 par laquelle il a rejeté le recours gracieux qu'elle a exercé à l'encontre de cette décision.
Sur le cadre juridique applicable au litige :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une maladie non désignée dans les tableaux auxquels les articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale renvoient, peut être reconnue imputable au service dans les conditions déterminées par l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précité, lequel est entré en vigueur, s'agissant de la fonction publique hospitalière, à compter du 16 mai 2020, date à laquelle a pris effet le décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée. Par suite, et dès lors que l'accident dont se prévaut Mme A est survenu le 12 avril 2020, préalablement à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020, la reconnaissance de l'imputabilité au service de son état de santé ne peut être appréciée au regard des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ". Constitue un accident de service, pour l'application de ces dispositions, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Il appartient au juge administratif, saisi d'un litige portant sur l'imputabilité au service d'un accident survenu en cours de service, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de l'expertise médicale réalisée le 11 décembre 2020 par un médecin psychiatre du centre hospitalier Henri Laborit, transmis à la requérante, qu'elle a rapporté l'apparition d'une anxiété notable à la suite du CHSCT du 12 avril 2020, quasi sidérante sur le moment, qu'elle attribue à la tenue de propos inappropriés, irrespectueux et menaçants du président de séance, avec répercussions sur son sommeil et craintes de représailles de sa direction. L'expert relève que Mme A ne présente pas de décompensation psychiatrique, qu'il ne retrouve pas " d'anxiété notable " chez elle et qu'elle n'a pas de manifestation psychiatrique, bien qu'elle soit suivie par une psychologue depuis quatre à cinq ans. En outre, dans le rapport administratif, plus succinct, que le même médecin a remis au groupe hospitalier en décembre 2020, il indique ne pas pouvoir " conclure que [l']état de santé [de Mme A] est en relation directe et exclusive avec l'accident du 12 avril 2020 déclaré ". Par ailleurs, la commission de réforme n'a pas émis d'avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'événement déclaré par Mme A comme accident de service, lors de sa réunion du 29 janvier 2021. Enfin, la requérante, qui n'a pas été placée en congé de maladie à la suite du CHSCT du 12 avril 2020, n'établit, ni n'allègue même, avoir bénéficié de soins médicaux pour traiter l'état anxieux qu'elle invoque. Dans ces conditions, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'événement du 12 avril 2020, quand bien même la teneur des propos tenus serait inappropriée à l'encontre du syndicat SUD dans son ensemble, aurait provoqué à l'égard de Mme A une lésion de nature à constituer un accident de service. Par suite, en refusant, par la décision litigieuse, de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident qui serait survenu le 12 avril 2020, le directeur du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 4 du présent jugement.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A à fin d'annulation de la décision du 10 février 2021 par laquelle le directeur du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis a refusé de reconnaître imputable au service l'accident qu'elle a déclaré le 15 avril 2020, ainsi que la décision du 8 juin 2021 par laquelle il a rejeté le recours gracieux qu'elle a exercé à l'encontre de cette décision, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026