jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BALTAZAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 13 septembre 2023, qui n'a pas été communiqué, la société par actions simplifiée (SAS) France Littoral Aménagement, représentée par Me Baltazar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le maire de Médis a procédé au retrait du permis de construire délivré tacitement le 23 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Médis la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le maire de Médis a commis une erreur de droit et de fait en retirant le permis de construire accordé tacitement le 23 mars 2021 alors que, le même jour, il avait pris un arrêté délivrant ce permis de construire de manière expresse ;
- le motif de retrait tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est infondé ;
- le motif de retrait tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme est infondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 août 2023, la commune de Médis, représentée par la SELAS Elige Bordeaux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du commerce ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Lagarde, représentant la SAS France Littoral Aménagement et de Me Merlet-Bonnan, représentant la commune de Médis.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 mars 2021, un permis tacite a été délivré par le maire de la commune de Médis à la société par actions simplifiée (SAS) France Littoral Aménagement pour la construction, sur un terrain situé au lieu-dit " Devant chez Terrasse ", sur la parcelle cadastrée AI 94, de 28 logements individuels et de garages et l'aménagement de 50 aires de stationnement. Ce permis tacite a été confirmé par un arrêté du maire de Médis du même jour. Par un arrêté du 21 juin 2021, dont la SAS France Littoral Aménagement demande l'annulation, le maire de Médis a retiré le permis délivré tacitement.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de qualité pour agir du représentant de la SAS :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 227-6 code du commerce, applicable aux sociétés par actions simplifiée : La société est représentée à l'égard des tiers par un président désigné dans les conditions prévues par les statuts. Le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l'objet social (). "
3. D'autre part, lorsque la requête est présentée par un avocat, mandataire d'une personne morale dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom et que l'avocat se borne à indiquer que la personne morale est représentée par ses représentants légaux, il n'est pas nécessaire, en l'absence de circonstance particulière, de s'assurer que le représentant de la personne morale a qualité pour engager l'action.
4. En l'espèce, l'avocate de la SAS requérante indique que cette dernière est représentée par son président M. B A, lequel, sur le fondement de l'article L. 227-6 précité du code du commerce, dispose de plein droit de la qualité pour agir en justice en son nom.
5. La commune de Médis ne contestant pas sérieusement que M. A dispose de la qualité de président de la SAS France Littoral Aménagement, la fin de non-recevoir qu'elle invoque ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire (). ". Il en résulte que seule une décision de permis de construire illégale peut faire l'objet d'un retrait.
7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
8. Pour retirer le permis de construire délivré le 23 mars 2021, le maire de la commune de Médis s'est fondé sur la circonstance que l'accès projeté à la parcelle litigieuse entraînerait une insécurité routière compte tenu de sa localisation au croisement de trois voies, de la géométrie des voies d'approche et de la végétation dense sur les accotements de ces voies, qui ne permettent pas d'assurer une bonne visibilité.
9. Toutefois, à supposer même que la visibilité sur les voies d'approche soit effectivement limitée et que ces voies soient particulièrement fréquentées pendant la période estivale, ce que la commune n'établit pas, la présence de deux panneaux " Stop " positionnés de part et d'autre du croisement de ces voies, au niveau de l'accès au projet, suffit à assurer à cet endroit une vitesse de circulation très faible ainsi que la sécurité de l'usage des voies. Il en résulte que le maire de la commune de Médis ne pouvait fonder la décision de retrait litigieuse sur la circonstance que le projet de construction était de nature à créer un risque particulier d'atteinte à la sécurité publique.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article. R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette, comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".
11. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
12. En l'espèce, il est constant que le permis de construire délivré le 23 mars 2021, qui vaut autorisation de procéder à une division parcellaire, entre dans le champ d'application de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme. La commune de Médis est dès lors fondée à soutenir que le dossier de demande de permis de construire devait, en conséquence, comporter un projet de constitution d'une association syndicale des futurs propriétaires.
13. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'absence au dossier de demande de permis de construire de cette pièce, qui concerne les seuls rapports entre les futurs propriétaires des logements, aurait pu induire l'administration en erreur quant à l'application des règles d'urbanisme au projet. Dans ces conditions, le maire de Médis ne pouvait fonder la décision de retrait litigieuse sur la circonstance que le permis de construire avait été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 21 juin 2021 par laquelle le maire de Médis a retiré le permis de construire qu'il avait accordé à la SAS France Littoral Aménagement le 23 mars 2021 doit être annulée. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté en litige.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS France Littoral Aménagement, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Médis demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Médis une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SAS France Littoral Aménagement et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1 : L'arrêté du 21 juin 2021 du maire de Médis est annulé.
Article 2 : La commune de Médis versera à la SAS France Littoral Aménagement la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Médis présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée France Littoral Aménagement et à la commune de Médis.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
N°2101915
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026