mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VIGREUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 août 2021 et le 19 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Vigreux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 4 août 2021 par laquelle le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a implicitement rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire de prendre toute mesures utiles afin de faire cesser le harcèlement moral dont elle s'estime victime de la part de son supérieur hiérarchique, et notamment, de rédiger et communiquer une lettre publique de soutien, de suspendre à titre conservatoire son supérieur hiérarchique et d'engager une procédure disciplinaire à l'encontre de celui-ci, de la nommer sur un poste de directrice-adjointe en établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de catégorie équivalente à son établissement d'affectation dans la région de son choix ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 8 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les agissements répétés dont elle est victime de la part du directeur de l'établissement dans lequel elle exerçait ses fonctions sont constitutifs de faits de harcèlement moral ;
- ces agissements sont à l'origine d'une dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé qui se traduit par un syndrome anxiodépressif réactionnel ;
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2023, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligation des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de Mme Boutet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Vigreux, représentant Mme B.
Une note en délibéré présentée pour Mme B a été enregistrée le 16 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, professeure certifiée de l'enseignement agricole, a été nommée à partir de septembre 2020, par la voie du détachement, au poste de directrice adjointe chargée de la formation scolaire au sein de l'établissement public local d'enseignement agricole (EPLEFPA) Poitiers-Venours. S'estimant victime de harcèlement moral de la part du directeur de l'établissement qui souhaitait, selon elle, l'évincer de son poste au profit d'une conseillère principale d'éducation de l'établissement, elle a sollicité, le 4 juin 2021, le bénéfice de la protection fonctionnelle auprès du ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre sur cette demande.
2. D'une part, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions, d'une protection organisée par la collectivité publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales. / () La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ". Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général qui a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. D'autre part, aux termes de l'article 6 quinquies de la même loi: " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Pour être qualifiés de harcèlement moral, de tels faits répétés doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Mme B, qui, comme il a été dit au point 1, estime être victime de harcèlement moral de la part du directeur de l'établissement dans lequel elle exerçait ses fonctions, fait valoir que celui-ci souhaite l'évincer de son poste au profit d'une conseillère principale d'éducation, qu'il a d'ailleurs déclaré le poste de directrice adjointe comme potentiellement vacant et a installé la conseillère principale d'éducation dans son bureau de directrice adjointe pendant ses arrêts maladie. En outre, elle fait valoir que le directeur a tenu des propos blessants à son égard, soulignant notamment qu'elle serait " fragile " et " suicidaire ", qu'il a fait réaliser une évaluation précoce de ses compétences par l'inspectrice de l'enseignement agricole alors qu'elle n'avait pas encore suivi les formations prévues, qu'il lui a fixé des objectifs irréalisables et qu'il a adopté un ton méprisant à son égard, en conséquence de quoi son état de santé se serait fortement dégradé et aurait entraîné trois arrêts de travail pour syndrome anxiodépressif réactionnel.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été accompagnée, depuis sa prise de fonctions en septembre 2020, par les services du ministère de l'agriculture et de l'alimentation. Devant les difficultés rencontrées par l'intéressée, une inspection précoce d'appui à la prise de poste a eu lieu dès le mois de décembre 2020. Il ressort notamment du rapport de l'inspectrice de l'enseignement agricole daté du 15 janvier 2021 rédigé à cette occasion que l'intéressée était " fatiguée et dans l'incapacité de se centrer sur son travail ", qu'elle avait " des difficultés à appréhender les outils techniques et le management " et qu'il lui a alors été conseillé de " réfléchir à une solution professionnelle alternative ". Dans ces circonstances, suivies de trois arrêts de travail successifs de l'intéressée, qui se trouvait, à l'époque, placée dans des circonstances personnelles et familiales particulièrement difficiles, le directeur de l'EPLEFPA a dû adapter le fonctionnement de son organisation en s'appuyant, notamment, sur la conseillère principale d'éducation, sans qu'il ressorte d'aucune des pièces du dossier que ces réorganisations, qui étaient justifiées par les absences répétées de l'intéressée, visaient à évincer cette dernière de ses fonctions ou à porter atteinte à ses prérogatives. Si Mme B prétend avoir été écartée de ses fonctions de directrice-adjointe et du processus décisionnel au sein de l'établissement et apporte à l'appui de ses affirmations des témoignages, dont plusieurs sont anonymisés, ceux-ci ne suffisent toutefois pas, dans le contexte décrit précédemment, à établir que les difficultés professionnelles qu'elle a rencontrées et qui ne sont, au demeurant, pas réellement contestées, seraient imputables au comportement de sa hiérarchie. En outre, à supposer même que le directeur de l'établissement aurait parfois tenu des propos inappropriés, il ne ressort pas des pièces du dossier que ceux-ci auraient été plus particulièrement dirigés contre l'intéressée, ni que celui-ci aurait, vis-à-vis de cette dernière, excédé les limites du pouvoir hiérarchique.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pinturault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
Y. CROSNIER
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026