jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102172 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TRIBOT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2102172 le 16 août 2021 et des mémoires enregistrés le 24 février 2023 et le 9 octobre 2023, Mme C B, représentée par Me Tribot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2021 par laquelle le directeur des créances spéciales du Trésor a refusé d'instruire sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les troubles anxiodépressifs dont elle souffre, qui ne sont pas apparus de manière soudaine, relèvent de la maladie à caractère professionnel et non pas d'un accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, le ministre de l'économie et des finances conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut de moyen et défaut d'intérêt à agir ;
- aucun des moyens n'est fondé.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2300268 le 28 janvier 2023, Mme C B, représentée par Me Tribot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'économie et des finances a refusé de lui attribuer l'allocation temporaire d'invalidité ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme dont le montant sera chiffré ultérieurement.
Elle soutient qu'elle a droit à l'allocation temporaire d'invalidité dès lors que son accident de service a été reconnu imputable par l'administration et que son incapacité permanente partielle s'élève à 15%.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2023, le ministre de l'économie et des finances conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que Mme B n'a pas droit à l'allocation en litige dès lors que son état de santé relève non pas d'un accident de service mais d'une maladie imputable au service, qui ne peut être qualifiée de maladie professionnelle dès lors que son taux d'incapacité permanente partielle est inférieur à 25%.
III. Par une requête enregistrée sous le n° 2300566 le 24 février 2023 et un mémoire enregistré le 24 octobre 2024, Mme C B, représentée par Me Tribot, demande au tribunal, à titre principal, la réparation intégrale des préjudices subis en lien avec son accident de service pour faute de son employeur et, à titre subsidiaire, l'indemnisation de ses préjudices au titre de la responsabilité sans faute.
Elle soutient que son accident de service, lié à un contexte professionnel dégradé, est imputable à une faute de son employeur.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 octobre 2024, et un mémoire enregistré le 13 novembre 2024 qui n'a pas été communiqué, le ministre de l'économie et des finances conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut de chiffrage des conclusions indemnitaires ;
- l'administration n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la requérante n'établit pas avoir subi de préjudices.
Par courrier du 20 novembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par Mme B au titre de la responsabilité sans faute de l'Etat employeur, qui n'ont pas fait l'objet de demande préalable en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public a été enregistré pour Mme B le 20 novembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la requête n° 2300268 a été renvoyée devant une formation collégiale de jugement.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- et les observations de Me Tribot, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, qui est entrée à la direction générale des finances publiques en tant qu'agent administratif en 2015, a été titularisée le 1er septembre 2020 dans le grade d'inspecteur des finances publiques après sa réussite au concours et affectée au pôle national de soutien au réseau de la direction des créances spéciales du Trésor. Le 13 novembre 2020, elle a été victime d'une crise de panique alors qu'elle était en télétravail à son domicile. Elle a établi le 15 mars 2021 une déclaration d'accident de service puis, le 2 juin 2021, une déclaration de maladie professionnelle en invoquant cette même crise de panique. Par une décision du 28 juin 2021, dont Mme B demande l'annulation par la requête n° 2102172, le directeur des créances spéciales du Trésor a refusé d'instruire sa demande de reconnaissance d'une maladie professionnelle au motif que, par une décision du 16 juin 2021, l'accident qu'elle avait précédemment déclaré avait été reconnu imputable au service.
2. Le 27 janvier 2022, Mme B a demandé le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité au titre de la névrose anxiodépressive dont elle souffre, déclarée comme imputable à l'accident de service survenu le 13 novembre 2020 et qui a donné lieu à la reconnaissance d'un taux d'incapacité permanente de travail de 15%. Par une décision du 30 novembre 2020, dont Mme B demande l'annulation par la requête n° 2300268, le ministre de l'économie et des finances a rejeté sa demande au motif que son état de santé trouve son origine, non pas dans un accident de service, mais dans une maladie imputable au service, et que celle-ci ne peut être qualifiée de professionnelle dès lors que son taux d'incapacité permanente partielle est inférieur à 25%.
3. Enfin, le 25 octobre 2022, Mme B a déposé une demande indemnitaire préalable par laquelle elle demande la réparation de l'intégralité du préjudice lié à son accident de service pour faute de son employeur. Par la requête n° 2300556, Mme B demande, à titre principal, l'indemnisation de son entier préjudice pour faute de son employeur et, à titre subsidiaire, sa réparation au titre de la responsabilité sans faute.
Sur la décision du 28 juin 2021 de refus de reconnaissance de maladie professionnelle :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par l'administration :
4. D'une part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
5. Mme B soutient dans sa requête que la décision en litige, dont elle demande explicitement l'annulation, est illégale dès lors que le malaise dont elle a été victime le 13 novembre 2020 a été provoqué par ses conditions de travail depuis sa prise de poste et relèvent ainsi de la maladie à caractère professionnel et non pas d'un accident de service. La fin de non-recevoir invoquée par l'administration, tirée de ce que la requête serait dépourvue de moyen, doit donc être écartée.
6. D'autre part, la circonstance que le directeur des créances spéciales du Trésor ait, par une décision du 16 juin 2021, reconnu le malaise dont Mme B a été victime le 13 novembre 2020 comme un accident de service ne fait pas obstacle à ce que la décision par laquelle cette même autorité a refusé d'instruire sa demande de reconnaissance de ce même malaise en tant que relevant d'une maladie professionnelle, qui correspond à un régime juridique distinct, fasse grief à l'intéressée et lui donne intérêt à agir pour contester cette décision. La fin de non-recevoir invoquée à ce titre par l'administration doit, par suite, être écartée.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes des dispositions alors applicables du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais reprises à l'article L822-20 du code général de la fonction publique en vigueur depuis le 1er mars 2022 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. [] II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 47-8 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. ". Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au quatrième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ".
8. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Par ailleurs, constitue un accident de service, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
9. Il ressort des pièces du dossier que, dans sa déclaration de maladie professionnelle, Mme B indique avoir être victime de la malveillance et de la maltraitance de deux de ses collègues depuis plusieurs semaines, à l'origine de troubles anxieux et d'insomnies préexistants à son malaise intervenu le 13 novembre 2020, qui a été provoqué par " une énième mise en difficulté ". Le rapport d'expertise du Dr A du 5 mai 2021 conclut à un lien direct entre le malaise de Mme B et le service, et précise que la situation de l'agent peut relever d'une maladie professionnelle. La direction des créances spéciales du Trésor indique elle-même qu'une enquête interne menée le 17 décembre 2020 a révélé un contexte de tension qui a conduit à la mise en place d'une mission de médiation, puis à l'intervention, sur recommandation du médecin du travail, d'un ergonome du travail pour analyser les process de travail et remédier aux difficultés d'intégration des nouveaux rédacteurs. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que les évènements survenus le 13 novembre 2020 ne sont pas la cause brutale de son état anxiodépressif mais sont la manifestation d'une maladie liée au service. Par suite, le directeur des créances spéciales du Trésor a fait une inexacte application des dispositions citées au point 5 en refusant d'instruire la demande de reconnaissance de maladie professionnelle de Mme B.
10. Il résulte de ce qui précède que la décision du 28 juin 2021 par laquelle le directeur des créances spéciales du Trésor a rejeté la demande de reconnaissance de maladie professionnelle de Mme B doit être annulée.
Sur la décision du 30 novembre 2022 de refus d'attribution d'allocation temporaire d'invalidité :
11. Aux termes de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat codifié depuis le 1er mars 2022 à l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille mentionnée à l'article 15 du titre Ier du statut général, correspondant au pourcentage d'invalidité ".
12. Pour refuser la demande d'allocation temporaire d'invalidité en litige, le ministre de l'économie et des finances a considéré que l'état anxiodépressif dont souffre Mme B trouve son origine dans une maladie imputable au service qui ne peut être reconnue comme une maladie professionnelle au sens des dispositions de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 dès lors que le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) est inférieur à 25%.
13. Pour contester cette décision, Mme B se prévaut de la décision du 16 juin 2021 du directeur des créances spéciales du Trésor reconnaissant que son état anxiodépressif trouve son origine dans l'accident de service qu'elle a subi le 13 novembre 2020 et fait valoir qu'en conséquence, elle a droit à l'allocation temporaire d'invalidité dès lors que son taux d'IPP consolidé au 21 août 2022 s'élève à 15%, comme l'en atteste le Dr D dans son rapport d'expertise du 26 octobre 2021.
14. Toutefois, la circonstance que l'administration ait reconnu l'imputabilité au service d'un accident dans le cadre des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires n'a pas pour objet et ne peut légalement avoir pour effet de conférer à l'intéressé des droits en ce qui concerne l'attribution éventuelle d'une allocation temporaire d'invalidé, qui s'apprécie au regard des seules dispositions de l'article 65 de la même loi du 11 janvier 1984. Par ailleurs, comme cela a été exposé au point 9, c'est à bon droit que le ministre a considéré que l'état de santé de Mme B relevait d'une maladie liée au service et non pas d'un accident de service. Par suite, et dès lors qu'il n'est pas contesté que le taux d'IPP résultant de la pathologie anxiodépressive de l'intéressée est inférieur à 25%, le ministre de l'économie et des finances n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 en refusant d'attribuer à Mme B l'allocation temporaire d'invalidité demandée.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation de la décision du 30 novembre 2022 lui refusant l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidé doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
16. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
17. Il résulte de l'instruction que l'état anxiodépressif dont souffre Mme B, révélé par son malaise du 13 novembre 2020, est imputable au service. Toutefois, les pièces produites par l'intéressée, notamment les échanges de messages et témoignages d'autres agents du pôle national de soutien au réseau, ne permettaient pas d'établir une faute de l'administration à l'origine de cette situation, alors par ailleurs qu'il résulte de l'instruction que le chef de service a diligenté une enquête interne dès le 17 décembre 2020, puis mis en place une mission de médiation et, enfin, fait intervenir un ergonome du travail pour notamment analyser les process de travail et remédier aux difficultés d'intégration des nouveaux rédacteurs. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander la réparation de l'intégralité de son préjudice au titre de la responsabilité pour faute de l'Etat.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
18. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
19. Par sa demande indemnitaire préalable du 25 octobre 2022, Mme B se bornait à demander la réparation intégrale de ses préjudices au titre de la responsabilité pour faute de l'Etat. Dans ces conditions, ses conclusions indemnitaires présentées directement devant la juge au titre de la responsabilité sans faute de l'Etat, qui constitue une cause juridique différente, sont irrecevables.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme B doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur la fin de non-recevoir invoquée par l'administration.
Sur les frais liés aux instances :
En ce qui concerne la requête n° 2102172 :
21. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 que Mme B demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne la requête n° 2300268 :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans l'instance n° 2300268, les frais non compris dans les dépens que Mme B déclare avoir exposés et qui ne sont en tout état de cause pas chiffrés.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 juin 2021 du directeur des créances spéciales du Trésor est annulée.
Article 2 : Les requêtes n° 23000268 et 2300566 sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre chargé du budget et des comptes publics.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La greffière
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
N°2102172, 2300268, 2300566
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026