jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BENDJEBBAR-LOPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistré les 30 août 2021 et 29 juillet 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 6 octobre 2022, Mme D B et M. A C, représentés par Me Lopès, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 17/2021 du 3 juin 2021 par lequel le maire d'Arces-sur-Gironde a interdit la circulation et le stationnement de tous véhicules hormis les riverains impasse des Valérianes et a instauré une signalisation verticale en ce sens, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux du 22 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre, sous astreinte, à la commune d'Arces-sur-Gironde de retirer la bordure en béton installée sur la longueur de l'accès à leur propriété ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Arces-sur-Gironde la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision du 22 juillet 2021 est entachée d'erreurs dans la motivation ;
- l'arrêté du 3 juin 2021 est dépourvu de fondement légal ;
- les décisions attaquées constituent une interdiction générale et absolue illégale ;
- elles constituent une rupture de l'égalité dans l'usage du domaine public ;
- elles ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elles retirent des décisions créatrices de droit plus de quatre mois après ces décisions :
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 février et 30 septembre 2022, la commune d'Arces-sur-Gironde, représentée par Me Boisseau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de Mme B et M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Lopès, représentant Mme B et M. C, et celles de Me Boisseau, représentant la commune d'Arces-sur-Gironde.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire de parcelles contiguës cadastrées section C n° 823, 826, 1068, 1069, 1072 et 1010, d'une superficie totale de 5 490 m², sur le territoire de la commune d'Arces-sur-Gironde (Charente Maritime). M. C, son fils, est propriétaire de la parcelle cadastrée section C n° 1009, d'une superficie de 1 390 m². Dans la perspective de la cession des parcelles n° 823 et 826, la commune d'Arces-sur-Gironde, par une délibération du 10 février 2020, a autorisé Mme B à créer une voie d'accès à sa propriété par l'impasse des Valérianes. Par un arrêté en date du 3 juin 2021, la maire de cette commune a interdit le stationnement et la circulation de tout véhicule dans l'impasse des Valérianes, à l'exception de ceux des riverains y ayant leur domicile. Par un recours formé le 23 juin 2021, les requérants ont sollicité la reconnaissance de leur statut de riverain ou, à défaut, le retrait de l'arrêté du 3 juin 2021 précité. Par un courrier en date du 22 juillet 2021, la maire d'Arces-sur-Gironde a rejeté leur recours. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 3 juin 2021, ensemble la décision du 22 juillet 2021 de rejet leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2213-4 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l'air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques ".
3. Il appartient aux autorités administratives compétentes, en vertu des pouvoirs de police administrative qu'elles tiennent du code général des collectivités territoriales et sous le contrôle du juge, d'apprécier la nécessité de prendre les mesures de réglementation, et, au besoin, d'interdiction de la circulation des véhicules dont le passage sur le territoire communal est de nature à compromettre la sécurité et la tranquillités publiques, et de veiller à ce que ces mesures soient proportionnées aux buts poursuivis.
4. Pour prendre l'arrêté litigieux, la maire de d'Arces-sur-Gironde s'est fondée sur les " caractéristiques géométriques de l'impasse des Valérianes () (largeur de chaussée, défaut de visibilité au carrefour avec la rue des Basses Coutures), sans aucun aménagement de voirie protecteur existant ou aménageable " qui ne " permettent pas la circulation d'autres véhicules que ceux des riverains de cette voie pour accéder à leurs habitations ".
5. Les requérants font valoir que l'arrêté n'est fondé que sur les dispositions de l'article L. 2213-4 du code général des collectivités territoriales. A supposer que la commune ait entendu solliciter, dans ses mémoires en défense, une substitution de base légale et se prévaloir ainsi des dispositions de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales, aux termes desquelles " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation () Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ", il ne ressort pas des pièces du dossier que la limitation de la circulation imposée par l'arrêté contesté serait nécessaire au maintien de la sécurité publique. Pour établir l'exactitude de ses affirmations, la commune d'Arces-sur-Gironde produit, outre des pièces qui sont sans rapport avec les questions évoquées, deux attestations de riverains de l'impasse qui indiquent que celle-ci était prévue pour 3 lots d'un lotissement, qu'il n'y a pas de trottoirs et que le ramassage des poubelles ne peut s'y effectuer. Toutefois, en l'absence d'élément suffisamment précis démontrant la dangerosité de la circulation dans cette impasse et la nécessité de la sécuriser, la maire d'Arces-sur-Gironde a entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, les requérants sont fondés à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'illégalité et doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Les requérants soutiennent sans être contredits que l'arrêté du 3 juin 2021 a été matérialisé par l'implantation d'une bordure en béton installée sur la longueur de l'accès à leur propriété. L'exécution du présent jugement implique ainsi nécessairement que le maire d'Arces-sur-Gironde procède à la dépose de cette bordure afin de restaurer le libre passage. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Arces-sur-Gironde la somme globale de 1 200 euros à verser à Mme B et M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de Mme B et M. C, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 17/2021 du 3 juin 2021 par lequel la maire d'Arces-sur-Gironde a interdit la circulation et le stationnement de tous véhicules hormis les riverains impasse des Valérianes et a instauré une signalisation verticale en ce sens, ensemble la décision du 22 juillet 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la maire d'Arces-sur-Gironde de procéder à la dépose de la bordure en béton installée sur la longueur de l'accès des parcelles de Mme B et M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune d'Arces-sur-Gironde versera à Mme B et M. C la somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, M. A C et à la commune d'Arces-sur-Gironde.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MÉHAUTÉ
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026