jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 septembre 2021 et 21 septembre 2022, M. D A et Mme C A, représentés par la SCP KPL Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2021 par laquelle le maire de Saint-Brice a rejeté leur demande de déplacer une barrière interdisant l'accès à leur propriété, implantée en application de l'arrêté du 22 janvier 2021 réglementant la circulation sur les chemins d'accès à l'abbaye de Châtres ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Brice de déplacer de 140 mètres vers le sud la barrière située sur le chemin rural longeant l'Est de leur propriété ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Brice la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une inexactitude matérielle des faits ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle repose sur des motifs inexacts ;
- l'implantation de la barrière a pour effet de leur interdire l'accès à leur propriété en véhicule, alors que ce terrain sert de prairie pour des chevaux.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 décembre 2021, la commune de Saint-Brice, représentée par Me Drouineau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Par courrier du 21 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 6 juillet 2021 sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de Me Pielberg, représentant M. et Mme A, et celles de Me Dallemane, représentant la commune de Saint-Brice.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 janvier 2021, le maire de la commune de Saint-Brice a interdit la circulation sur les chemins de l'abbaye de Châtres, par la RD15 et la RD157, du 1er novembre au 31 mai de chaque année et le stationnement devant les barrières y donnant accès toute l'année. Par un courrier du 25 juin 2021, M. et Mme A ont demandé au maire de déplacer de 140 mètres vers le Sud la barrière située sur le chemin rural longeant l'Est de leur propriété. Par la présente requête, M. et Mme A demandent l'annulation de la décision du 6 juillet 2021 par laquelle le maire de Saint-Brice a rejeté leur demande de déplacement et demandent qu'il soit enjoint à la commune de procéder au déplacement de la barrière.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 juillet 2021 :
2. Il ne relève pas de l'office du juge administratif, saisi d'une demande tendant à la démolition ou au déplacement d'un ouvrage public irrégulièrement implanté, d'annuler la décision refusant une telle mesure, mais seulement de rechercher s'il a été irrégulièrement implanté et d'en tirer, le cas échéant, les conséquences en termes d'injonction. Par conséquent, les conclusions de la requête de M. et Mme A tendant à ce que le tribunal annule la décision refusant de déplacer la barrière litigieuse sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les conclusions tendant au déplacement de la barrière :
3. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition ou le déplacement d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il n'appartient pas au juge administratif, juge de plein contentieux, d'annuler la décision refusant une telle mesure au propriétaire de la parcelle sur laquelle est construit cet ouvrage, mais de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
En ce qui concerne la régularité de l'implantation de la barrière :
4. Il résulte de l'instruction que les barrières installées dans le cadre de l'arrêté du 22 janvier 2021 réglementant la circulation sur les chemins d'accès à l'abbaye de Châtres, et notamment la barrière située sur le chemin rural longeant l'Est des parcelles de M. et Mme A, ont pour effet d'interdire l'accès à ces parcelles en véhicule, alors que ce terrain sert de prairie pour des chevaux appartenant à M. B. La circonstance que les requérants disposent d'un portillon pour accéder à pied aux parcelles est sans incidence. Dès lors, la barrière litigieuse doit être considérée comme irrégulièrement implantée.
En ce qui concerne les possibilités d'une régularisation :
5. Il résulte de l'instruction qu'une régularisation de l'implantation de l'ouvrage en litige n'apparaît pas envisageable à la date du présent jugement dès lors que la demande précontentieuse de déplacement de la barrière auprès du maire de Saint-Brice n'a pas abouti.
En ce qui concerne la mise en balance des intérêts :
6. La commune de Saint-Brice fait valoir que la barrière litigieuse a été installée dans le cadre de l'arrêté du 22 janvier 2021 réglementant la circulation sur les chemins d'accès à l'abbaye de Châtres, qui repose sur un objectif de sécurité publique. Cependant, la commune n'établit pas que le coût du déplacement de l'ouvrage, au regard de l'irrégularité de son implantation et de la nature même d'un tel ouvrage, serait excessif. La commune ne fait pas non plus état de difficultés techniques ou d'un autre motif d'intérêt général susceptible de faire obstacle au déplacement de cet ouvrage.
7. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la barrière litigieuse a pour effet d'interdire l'accès aux parcelles des requérants en véhicule, alors que ce terrain sert de prairie pour des chevaux appartenant à M. B. Il est donc constant que M. et Mme A subissent des désagréments liés à la présence de cet ouvrage.
8. Dans les circonstances de l'espèce, au regard des désagréments résultant de l'implantation irrégulière de l'ouvrage et du caractère insuffisant des éléments apportés par la commune quant aux inconvénients de son déplacement, la démolition et le déplacement de la barrière ne saurait être regardés comme portant une atteinte excessive à l'intérêt général.
9. Il y a donc lieu d'enjoindre à la commune de Saint-Brice de procéder à l'enlèvement de la barrière située sur le chemin rural longeant l'Est de la propriété de M. et Mme A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Brice la somme de 1 200 euros à verser à M. et Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la commune de Saint-Brice de procéder à l'enlèvement de la barrière située sur le chemin rural longeant l'Est de la propriété de M. et Mme A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : La commune de Saint-Brice versera à M. et Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Brice en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, Mme C A et à la commune de Saint-Brice.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026