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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102510

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102510

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102510
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantWALTER & GARANCE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2021, ainsi qu'un mémoire complémentaire, enregistré le 27 mars 2023 après la clôture de l'instruction et qui n'a pas été communiqué, M. B A demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme négatif n° CU 17385 21 00449 délivré le 17 août 2021 par le maire de Saint-Pierre-d'Oléron pour la construction d'une maison d'habitation sur un terrain situé 15 route de l'Ileau.

Il soutient que :

- le projet litigieux s'implante dans une dent creuse ;

- la décision litigieuse a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet n'a pas pour effet d'étendre le bâti existant, ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti ;

- le projet litigieux ne porte pas atteinte à l'environnement et aux paysages.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2022, la commune de Saint-Pierre-d'Oléron, représentée par Me Verger, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.

Par une ordonnance du 6 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bureau,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- les observations de Me Giraud, représentant M. A, et celles de Me Finkelstein, représentant la commune de Saint-Pierre-d'Oléron.

Considérant ce qui suit :

1. Le 7 juillet 2021, M. A a déposé une demande de certificat d'urbanisme pour la construction d'une maison d'habitation sur une parcelle cadastrée section DX n° 380 et 381, située route de l'Ileau, dans le hameau " La Fromagerie ", sur le territoire de la commune de Saint-Pierre-d'Oléron. Par un arrêté du 17 août 2021, le maire de Saint-Pierre-d'Oléron a délivré un certificat d'urbanisme négatif. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. ".

3. Selon l'article 42 de la loi du 23 novembre 2018, dite loi Elan : " () III.- Jusqu'au 31 décembre 2021, des constructions et installations qui n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre du bâti existant, ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti, peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature des paysages et des sites, dans les secteurs mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction résultant de la présente loi, mais non identifiés par le schéma de cohérence territoriale ou non délimités par le plan local d'urbanisme en l'absence de modification ou de révision de ces documents initiée postérieurement à la publication de la présente loi. (). ".

4. Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. En outre, dans les secteurs déjà urbanisés ne constituant pas des agglomérations ou des villages, des constructions peuvent être autorisées en dehors de la bande littorale des cent mètres et des espaces proches du rivage dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, sous réserve que ces secteurs soient identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme. En revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages ou de ces secteurs déjà urbanisés.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le Pays Marennes Oléron a engagé la procédure de modification simplifiée du schéma de cohérence territoriale le 5 décembre 2019. Par ailleurs, le hameau " La Fromagerie " où est implanté le terrain d'assiette du projet, est situé à 2 km du centre du bourg et est structuré à l'intérieur des intersections formées par la route de l'Ileau, la route de l'Etang et la route de la Martière à la Fromagerie. Ce secteur comporte une trentaine de constructions regroupées les unes auprès des autres qui forment un noyau bâti d'une densité marquée qui doit être regardé comme constituant un secteur déjà urbanisé au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.

6. D'autre part, si M. A soutient que le projet envisagé n'a pas pour effet d'étendre le bâti existant, ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti, et permettra de combler une dent creuse, il ressort cependant des pièces du dossier que le projet litigieux situé sur la parcelle cadastrée section DX n° 380 et 381 n'est pas inclus dans le périmètre formé par l'emprise des constructions voisines. Par ailleurs, le terrain d'assiette du projet, qui est bordé à l'Est et au Sud par deux parcelles bâties, se trouve sur une zone de densité faible et est située en bordure d'un vaste espace agricole à l'Ouest et d'une zone boisée au Nord, sans présenter le caractère d'une dent creuse. Compte tenu de ces éléments et bien que la parcelle se trouve dans une zone déjà urbanisée comprenant une trentaine d'habitations, la commune de Saint-Pierre-d'Oléron n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le projet du requérant avait pour effet d'étendre le périmètre du bâti en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et n'a, par suite, pas commis d'illégalité en délivrant au requérant un certificat d'urbanisme négatif.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation du certificat d'urbanisme négatif délivré le 17 août 2021 par le maire de Saint-Pierre-d'Oléron.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Saint-Pierre-d'Oléron au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la commune de Saint-Pierre-d'Oléron la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Pierre-d'Oléron.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Dumont, première conseillère,

M. Bureau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.

Le rapporteur,

Signé

V. BUREAU

Le président,

Signé

A. LE MÉHAUTÉ

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef

La greffière

Signé

G. FAVARD

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