LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102516

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102516

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102516
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantLECLER-CHAPERON AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2021 et des mémoires enregistrés les 23 mai et 5 juillet 2022, Mme B et M. A C, représentés par Me Lecler-Chaperon, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 9 avril 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Poitiers a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Jardres, ensemble la décision du 23 juillet 2021 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre solidairement à la charge de la communauté urbaine du Grand Poitiers et de la commune de Jardres une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le commissaire enquêteur n'a formulé aucun avis personnel s'agissant de leur parcelle E 890 ;

- le classement de leur parcelle E 890 en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 avril et 21 juin 2022, la communauté urbaine du Grand Poitiers, représentée Me Lelong, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- à titre principal que la requête est irrecevable ;

- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dumont,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Duclos, représentant la communauté urbaine du Grand Poitiers.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et M. A C sont propriétaires sur la commune de Jardres d'une maison d'habitation implantée sur la parcelle 887 ainsi que d'un terrain non bâti qui correspond à la parcelle 890. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2021, ils demandent l'annulation de la délibération du 9 avril 2021 approuvant la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Jardres, ensemble la décision du 23 juillet 2021 rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions en annulation :

2. En premier lieu, d'une part, l'article R 123-19 du code de l'environnement prévoit que : " () Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ". ". En application de ces dispositions, le commissaire enquêteur, qui n'est pas tenu de répondre à chacune des observations présentées au cours de l'enquête publique, doit donner son avis personnel en précisant s'il est ou non favorable et indiquer, au moins sommairement, les raisons qui en déterminent le sens.

3. D'autre part, la motivation personnelle des conclusions du commissaire enquêteur constitue, pour le public, la garantie que les observations émises au cours de l'enquête soient prises en compte.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le commissaire enquêteur a fait part de son avis sur chacune des observations exprimées au cours de l'enquête publique. S'agissant des observations formulées par M. C, il a toutefois commis une erreur quant à la parcelle concernée et a fondé son avis sur le caractère boisé d'un secteur qui ne correspond pas à celui dans lequel se situe la parcelle n° 890 des requérants.

5. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier, notamment de l'annexe 1 à la délibération litigieuse, que cette erreur n'a pas empêché la communauté urbaine, qui a analysé les différentes observations émises au cours de l'enquête publique, de prendre en compte les doléances des requérants et d'y répondre, après avoir rectifié l'erreur commise par le commissaire enquêteur relative à la parcelle en cause. Dans ces circonstances, les observations émises par les requérants au cours de l'enquête publique ayant été prises en compte, le moyen titré de la méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; () Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. () ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".

7. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du PLU a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Ainsi, le critère déterminant le classement d'une parcelle ne se limite pas aux seules caractéristiques de celle-ci mais repose sur la vocation de la zone couverte.

8. D'autre part, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

9. En l'espèce, le projet d'aménagement et de développement durables comporte une orientation générale " être soucieux du caractère rural de la commune dans les choix de développement pour demain " qui prévoit de prioriser l'extension de l'urbanisation dans le prolongement du bourg de manière équilibrée, de maîtriser le développement de l'urbanisation autour des quartiers résidentiels structurés, de contenir le développement des hameaux dans leur enveloppe urbanisée existante et de maintenir les espaces agricoles, de jardins, vergers, espaces libres qui contribuent au caractère rural du bourg. Il comporte également une orientation " soutenir les activités économiques en place et permettre leur renouvellement " qui prévoit de préserver et permettre le développement des activités agricoles.

10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans et vues aériennes qui y sont produits, que la parcelle litigieuse, qui se situe à la limite d'une zone urbanisée qui comprend des maisons d'habitation, s'ouvre à l'Est et au Nord sur un vaste espace agricole et se situe à la jonction entre la zone urbanisée et la zone agricole. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette parcelle, qui n'est pas bâtie et jouxte de manière immédiate un espace agricole, serait dépourvue de potentiel agronomique, biologique ou économique et sa superficie de 2 010 m2 n'est pas un élément susceptible, à lui seul, de démontrer qu'elle ne pourrait pas être exploitée. En outre, son classement s'inscrit dans les objectifs poursuivis par la commune de Jardres tels qu'ils sont décrits au point 9 du présent jugement. Par suite, la communauté urbaine du Grand Poitiers n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant la parcelle litigieuse en zone agricole. Le moyen invoqué par les requérants doit, dès lors, être écarté.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions de Mme et M. C tendant à l'annulation de la délibération du 9 avril 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Poitiers a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune Jardres doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté urbaine du Grand Poitiers et de la commune de Jardres, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur ce fondement. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de Mme et M. C la somme de 1 200 euros à verser à la communauté urbaine du Grand Poitiers au titre de ces mêmes dispositions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.

Article 2 : Mme et M. C verseront à la communauté urbaine du Grand Poitiers la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et M. A C et à la communauté urbaine du Grand Poitiers.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

La rapporteure,

Signé

G. DUMONT

Le président,

Signé

A. LE MÉHAUTÉLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

N ° 2102516

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions