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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102524

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102524

lundi 19 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102524
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantROUCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er octobre 2021 et le 12 janvier 2023, Mme C D, représentée par Me Rouché, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2021 par laquelle le directeur du groupe hospitalier littoral atlantique (GHLA) l'a suspendue de ses fonctions ;

2°) d'enjoindre au GHLA de la rétablir dans ses fonctions ;

3°) de mettre à la charge du GHLA la somme de 2500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle a été prise en méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par l'article 14 de la loi du 5 août 2021 ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle interdit l'exercice d'une activité professionnelle rémunérée durant la période de suspension ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de mise en œuvre de la procédure disciplinaire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle fait application d'une lettre-circulaire du 12 janvier 1996 émanant du ministre du travail et des affaires sociales, relative aux modalités de retenues sur rémunération pour service non fait, qui est inapplicable ;

- elle méconnaît les dispositions du règlement (CE) n° 507/2006 et du règlement (CE) n° 726/2004 ;

- elle méconnaît les articles 5 et 26 de la convention d'Oviedo ;

- elle méconnaît le principe d'égalité devant la loi en ne prenant pas en compte la situation sanitaire locale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022, le groupe hospitalier littoral atlantique conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2000 euros soit mise à la charge de Mme D.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme D n'est fondé.

Vu :

- l'ordonnance n°2102524 du 15 décembre 2021 par laquelle la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Poitiers a jugé qu'il n'y avait pas lieu de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par mémoire distinct par Mme D ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention d'Oviedo du 4 avril 1997 ;

- la directive 2001/83/CE du 6 novembre 2001 ;

- le règlement n°726/2004 du 31 mars 2004 ;

- le règlement n°507/2006 du 29 mars 2006 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;

- le décret n° 2021-699 du 1 juin 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Servane Bruston, Présidente rapporteure,

- et les conclusions de Mme Aude Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D est titulaire du grade d'assistante médico-administrative de classe normale au sein de la fonction publique hospitalière. Elle est affectée dans le service radiologie du groupe hospitalier littoral atlantique (GHLA) depuis le 18 décembre 2020. L'intéressée n'ayant pas remis à son employeur de justification de vaccination contre la Covid-19 ou de contre-indication à la vaccination ou de rétablissement à la suite d'une contamination, a été convoquée à un premier entretien par la direction des ressources humaines le 16 septembre 2021. A l'issue d'un second entretien le 22 septembre 2021, et par décision du directeur datée du même jour, Mme D a été suspendue de ses fonctions à compter du 23 septembre 2021 et jusqu'à production de l'un des justificatifs précités.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'illégalité externe

2. Aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la Covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () II. - Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, détermine les conditions de vaccination contre la covid-19 des personnes mentionnées au I du présent article. Il précise les différents schémas vaccinaux et, pour chacun d'entre eux, le nombre de doses requises.

Ce décret fixe les éléments permettant d'établir un certificat de statut vaccinal pour les personnes mentionnées au même I et les modalités de présentation de ce certificat sous une forme ne permettant d'identifier que la nature de celui-ci et la satisfaction aux critères requis. Il détermine également les éléments permettant d'établir le résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 et le certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 ". Aux termes de l'article 13 de la même loi : " I - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. Avant la fin de validité de ce certificat, les personnes concernées présentent le justificatif prévu au premier alinéa du présent 1°. () / II. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 justifient avoir satisfait à l'obligation prévue au même I ou ne pas y être soumises auprès de leur employeur lorsqu'elles sont salariées ou agents publics. () ". Et aux termes de l'article 14 de la même loi : " () / B. - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la Covid-19 prévu par le même décret. () / III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail.

La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit.

La dernière phrase du deuxième alinéa du présent III est d'ordre public ". Aux termes de l'article 2-2 2° du décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 : " Pour l'application du présent décret :1° Sont de nature à justifier de l'absence de contamination par la covid-19 un examen de dépistage RT-PCR, un test antigénique ou un autotest réalisé sous la supervision d'un des professionnels de santé,() 2° Un justificatif du statut vaccinal est considéré comme attestant d'un schéma vaccinal complet de l'un des vaccins contre la covid-19 ayant fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché délivrée par la Commission européenne après évaluation de l'agence européenne du médicament ou dont la composition et le procédé de fabrication sont reconnus comme similaires à l'un de ces vaccins par l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé () ".

3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. B A, directeur adjoint des ressources humaines du GHLA. Par une décision du 23 décembre 2020 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Charente-Maritime, le directeur général du GHLA a donné délégation à M. B A pour signer tous les actes relatifs aux personnels non médicaux, concernant notamment la gestion des carrières. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son auteur doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article 14 III de la loi du 5 août 2021 citées au point 2, que le législateur a entendu créer un motif spécifique de suspension des fonctions. Cette modalité de suspension, justifiée par un objectif de santé publique, est assortie de garanties pour l'agent concerné telles que l'information sans délai de cette décision et la convocation à un entretien permettant d'examiner les moyens de régulariser la situation.

5. D'une part, Mme D ne peut utilement se prévaloir, pour contester la décision de suspension, de ce que cette décision revêt le caractère d'une sanction et que les garanties de la procédure disciplinaire n'ont pas été respectées, dès lors que la décision de suspension attaquée n'a pas été prise sur le fondement de ces dispositions mais sur celles prévues par le III de l'article 14 précité de la loi du 5 août 2021. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme D a été convoquée par son employeur à un premier entretien le 16 septembre 2021 au cours duquel elle a été informée d'une part qu'elle ne répondait pas aux exigences d'obligation vaccinale prévue par la loi précitée, et d'autre part des solutions lui permettant de répondre rapidement à cette obligation. Le GHLA justifie ainsi du respect de la garantie tenant à l'exigence de convocation à un entretien. Il ressort par ailleurs des pièces produites au dossier que la décision contestée du 22 septembre 2021 a été notifiée le jour même à l'intéressée à l'occasion d'un second entretien, de sorte que la garantie tenant à l'information sans délai de cette décision a également été respectée.

6. En troisième lieu, la mesure de suspension de fonctions attaquée prise à l'encontre de Mme D vise les textes dont il est fait application et mentionne les faits sur lesquels elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

En ce qui concerne l'illégalité interne :

7. En premier lieu, si les visas de la décision du 22 septembre 2021 mentionnent notamment une lettre-circulaire du 12 janvier 1996 émanant du ministre du travail et des affaires sociales, relative aux modalités de retenues sur rémunération pour service non fait, il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier des motifs de la décision contestée, que le directeur du GHLA ne s'est pas fondé sur les dispositions de cette correspondance pour suspendre Mme D de ses fonctions. Dès lors, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle ferait application de ce document.

8. En deuxième lieu, il est constant que les vaccins contre la covid-19 administrés en France ont fait l'objet d'une autorisation conditionnelle de mise sur le marché de l'Agence européenne du médicament, qui procède à un contrôle strict des vaccins afin de garantir que ces derniers répondent aux normes européennes en matière de sécurité, d'efficacité et de qualité et soient fabriqués et contrôlés dans des installations agréées et certifiées. Contrairement à ce qui est soutenu, les dispositions de la loi du 5 août 2021 et du décret du 1er juin 2021, telles que rappelées au point 2, ne sauraient donc être regardées comme excluant du champ de l'obligation vaccinale les vaccins ayant fait l'objet d'une autorisation conditionnelle de mise sur le marché. Est, par suite, infondé le moyen tiré de ce que la loi du 5 août 2021 et le décret du 1er juin 2021 méconnaîtraient les règlements n° 726/2004 du 31 mars 2004 et n° 507/2006 du 29 mars 2006.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 de la convention pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, ou convention sur les droits de l'homme et la biomédecine, signée à Oviedo le 4 avril 1997 : " Une intervention dans le domaine de la santé ne peut être effectuée qu'après que la personne concernée y a donné son consentement libre et éclairé. / Cette personne reçoit préalablement une information adéquate quant au but et à la nature de l'intervention ainsi que quant à ses conséquences et ses risques. / La personne concernée peut, à tout moment, librement retirer son consentement ". Aux termes du 2 de son article 6 : " Lorsque, selon la loi, un mineur n'a pas la capacité de consentir à une intervention, celle-ci ne peut être effectuée sans l'autorisation de son représentant, d'une autorité ou d'une personne ou instance désignée par la loi ". Enfin, aux termes de l'article 26 de cette même convention : " 1. L'exercice des droits et les dispositions de protection contenus dans la présente Convention ne peuvent faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sûreté publique, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé publique ou à la protection des droits et libertés d'autrui. / 2. Les restrictions visées à l'alinéa précédent ne peuvent être appliquées aux articles 11, 13, 14, 16, 17, 19, 20 et 21 ". Ces stipulations créent des droits dont les particuliers peuvent directement se prévaloir.

10. Il ressort de la loi du 5 août 2021 que la restriction apportée à l'obligation de consentement à toute intervention dans le domaine de la santé est inhérente au caractère obligatoire de la vaccination pour les personnes exerçant dans les établissements de santé, lequel est justifié par les besoins de la protection de la santé publique et proportionné au but poursuivi. Dans ces conditions, les dispositions de cette loi ne sont pas incompatibles avec les stipulations des articles 5 et 26 de la convention signée à Oviedo le 4 avril 1997.

11. En quatrième lieu, il ressort des dispositions de l'article 12 de la loi du 5 août 2021, telles que mentionnées au point 2, que le législateur a défini le champ de l'obligation de vaccination contre la covid-19 en retenant, notamment, un critère géographique pour y inclure les personnes exerçant leur activité dans un certain nombre d'établissements, principalement les établissements de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi qu'un critère professionnel pour y inclure, outre les professionnels de santé, les personnels non médicaux de ces établissements afin de protéger les personnes accueillies qui présentent une vulnérabilité particulière au virus de la covid-19. En revanche, eu égard à l'objectif de santé publique poursuivi, et en dehors des cas de contre-indication, aucune dérogation à l'obligation de vaccination ne ressort des dispositions précitées. Dès lors, cette obligation s'impose aux personnels des établissements précités, indépendamment de la situation sanitaire locale et du taux d'incidence communiqué par l'agence régionale de santé.

12. Il résulte de ces développements que le directeur du GHLA, qui se trouvait en situation de compétence liée à la date de la décision, n'a pas méconnu le principe d'égalité devant la loi en procédant à une juste application des dispositions de la loi du 5 août 2021.

13. Toutefois, la décision attaquée précise, en son article 4, que durant la période de suspension, Mme D continue à relever de l'établissement, mais n'est pas autorisée à exercer une activité professionnelle rémunérée. Or, si un fonctionnaire suspendu dans les conditions prévues par les dispositions précitées de la loi du 5 août 2021 continue d'être lié au service public et doit, en conséquence, observer la réserve qu'exige la qualité dont il demeure revêtu et, notamment, s'abstenir d'exercer toute activité incompatible avec la mission du corps ou cadre d'emplois auquel il continue d'appartenir, il cesse, par contre, du fait même qu'il est dans l'impossibilité de poursuivre l'exercice de ses fonctions, d'être soumis à l'interdiction de principe du cumul desdites fonctions avec une activité privée rémunérée. Par suite, l'article 4 de la décision attaquée ne peut qu'être annulé dans cette mesure.

14. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 22 septembre 2021 doit être annulée en tant seulement qu'elle interdit, dans son article 4, à Mme D d'exercer une activité professionnelle rémunérée durant la période de suspension.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Compte tenu de l'étendue de l'annulation prononcée par le présent jugement, celui-ci n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions de la requérante aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du GHLA une somme de 1300 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par le GHLA soient mises à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : L'article 4 de la décision du 22 septembre 2021 est annulé.

Article 2 : le groupe hospitalier littoral atlantique versera à Mme D une somme de 1300 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Madame C D et au groupe hospitalier littoral atlantique.

Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bruston, présidente,

Mme Gibson-Théry, première conseillère,

M. Pipart, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2023.

La présidente-rapporteure,

Signé

S. BRUSTON

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

S. GIBSON-THERY

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

2-3

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