jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL OPTIMA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 18 octobre 2021, le 5 novembre 2021, le 29 novembre 2022 et le 20 avril 2023, M. B et Mme G F, représentés par la SELARL Genesis, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le maire de Saint-Palais-sur-Mer a délivré à M. et Mme C un permis de construire PC n° 01738021 N0016 pour la rénovation et la surélévation d'une maison d'habitation sur un terrain cadastrée section AV n° 784 situé au n°5 bis rue du Brick et de la décision du 17 août 2021 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Palais-sur-Mer une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant au regard des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9, R. 431-10 et R. 431-14 du code de l'urbanisme ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- elle méconnait les dispositions de l'article UD9 du règlement du PLU relatif à l'emprise au sol des constructions ;
- elle méconnait les dispositions de l'article UD11 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur des constructions et à l'aménagement de leurs abords ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de l'Architecte des bâtiments de France au titre de l'article L. 632-2 du code du patrimoine ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme selon lequel seule une extension limitée de l'urbanisation peut être autorisée dans un espace proche du rivage.
Par des mémoires en défense enregistrés le 29 avril 2022 et le 24 janvier 2023, la commune de Saint-Palais-sur-Mer, représentée par Me Baudry, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou, à défaut, à ce qu'une annulation partielle soit prononcée en application de l'article L. 600-5 du même code ;
3°) à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir et pour défaut de production de la notification du recours contentieux aux pétitionnaires ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, M. D et Mme A C, représentés par la SELARL Optima Avocats, concluent au rejet de la requête et demandent au tribunal de mettre à la charge de M. et Mme F la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir et pour défaut de production de la notification du recours contentieux aux pétitionnaires ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Cassin, représentant M. et Mme F, et E, représentant la commune de Saint-Palais-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 février 2021, M. et Mme C ont déposé une demande de permis de construire pour la rénovation et la surélévation d'une maison d'habitation sur un terrain cadastrée section AV n° 784 situé au n°5 bis rue du Brick à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime). Le 7 juin 2021, le maire de la commune de Saint-Palais-sur-Mer a délivré le permis de construire PC n° 01738021N0016 sollicité. Par la présente requête, M. et Mme F, propriétaires de la parcelle voisine cadastrée section AV n°783, demandent l'annulation de cette décision et de la décision du 17 août 2021 portant rejet de leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, les requérants sont propriétaires de la parcelle cadastrée section AV n°783 voisine du terrain d'assiette du projet. L'extension autorisée par le permis de construire en litige sera directement adossée à leur maison d'habitation, la " Villa Sirène ", répertoriée d'intérêt élémentaire par les annexes du règlement du site patrimonial remarquable de Saint-Palais-sur-Mer. De plus, les requérants disposent d'une servitude de vue par une fenêtre qui donne directement sur l'extension projetée. Le projet est ainsi de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien de M. et Mme F. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt donnant qualité pour agir aux requérants doit être écartée.
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'auteur d'un recours contentieux dirigé contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme d'adresser au greffe de la juridiction où le recours contentieux a été enregistré une copie du certificat de dépôt de la lettre recommandée adressée à l'auteur de la décision contestée et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation.
7. Les requérants justifient avoir adressé aux pétitionnaires et à l'auteur de la décision le présent recours contentieux par courrier recommandé pris en charge par les services de la poste le 18 octobre 2021. La fin de non-recevoir invoquée au titre de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté 8 novembre 2020, le maire de la commune de Saint-Palais-sur-Mer a délégué à M. Jean-Louis Garnier, conseiller municipal, sa compétence pour l'ensemble de l'instruction et de la délivrance des autorisations d'urbanisme dont relève le projet en litige. Il en résulte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté du 7 juin 2021 aurait été signé par une autorité incompétente.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant :1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". Aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. S'agissant de l'état initial du terrain et de ses abords, la notice architecturale décrit la parcelle composée d'une maison individuelle et d'un garage annexe. Le plan de masse mentionne la végétation existante qui sera conservée, notamment les deux arbres, et la notice architecturale précise également que les éventuels arbres, arbustes et buissons existants seront intégralement remplacés. La notice architecturale indique par ailleurs que l'architecture des parcelles environnantes est caractérisée par des bâtiments d'habitation de facture traditionnelle et balnéaire. La présence de la construction voisine appartenant aux requérants, sur laquelle s'appuiera l'extension, est indiquée sur le plan cadastral fourni et les photographies d'insertion permettent de visualiser la présence de cette villa balnéaire. Les avis de l'Architecte des bâtiments de France des 15 mars 2021 et 26 avril 2021 indiquent que l'immeuble concerné par le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable et les plans de situation permettent de visualiser sa proximité avec le littoral et la corniche de Terre Nègre. Le plan de situation satellite n°1 permet également de constater la proximité de la parcelle d'assiette du projet avec le phare de Terre Nègre, classé monument historique. La chapelle des aviateurs, classée patrimoine d'intérêt historique, est également indiquée sur le plan de situation cartographique n°2. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les photographies d'insertion permettent de visualiser le projet dans son environnement, mais également la végétation existante et conservée ainsi que la nature précise des travaux à réaliser. Le dossier de demande de permis de construire a ainsi permis à l'autorité compétente d'apprécier la conformité du projet avec la réglementation applicable. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du code l'urbanisme citées au point 9 doit donc être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Saint-Palais sur-Mer : " () / L'implantation en limite séparative est autorisée dans les cas suivants : / pour les constructions qui s'adossent à une construction voisine existante et à condition que leur hauteur et leur volume soient au maximum celles de la construction voisine. / () ".
13. En ce qui concerne la hauteur du projet, il ressort des pièces du dossier que l'extension projetée, qui s'adosse à une construction voisine existante d'une hauteur de 7,63 mètres, s'élève au point le plus haut de la toiture à une hauteur de 7,90 mètres. Dans ces conditions, et quand bien même le projet prévoit un décroché à une hauteur plus basse de 6,86 mètres au niveau de la partie de la toiture directement adossée à la construction mitoyenne, les requérants sont fondés à soutenir que le maire de la commune de Saint-Palais-sur-Mer a fait une inexacte application des dispositions de l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) en autorisant cette construction.
14. En ce qui concerne le volume du projet en revanche, dès lors que l'emprise au sol de la maison préexistante en rez-de-chaussée dépassait déjà en largeur la construction mitoyenne appartenant aux requérants, la circonstance que l'extension en R+1 projetée, qui prend nécessairement appui sur cette emprise préexistante, s'élève sur la même largeur, n'entraine pas la méconnaissance des dispositions de l'article UD7 qui régissent les conditions d'" implantation " des constructions en limite séparative.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD9 du règlement du PLU : " Pour l'application du PLU, l'emprise au sol est calculée à partir de la projection verticale du (ou des) bâtiments et structures comportant point(s) d'ancrage(s) au sol non compris : / les piscines enterrées et les installations sportives de plein-air, / les porte-à-faux des balcons, galeries et avant-toits (dans la limite d'un porte-à-faux de 0,80 m), / les parties de constructions d'une hauteur inférieure à 0,60 m au-dessus du sol existant avant remaniement. / () En secteur UDx, UDXa et UDxa : / l'emprise au sol est fixée à 40%. ".
16. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse, que la construction principale projetée dispose d'une emprise au sol de 102,396 m², correspondant à 12,19 m sur 8,4 m et déduction faite des avant-toits dans la limite de 0,80 m, ainsi que d'un garage d'une emprise au sol de 32,325 m² correspondant à 8,62 m sur 3,75 m. Les requérants ne contestent pas sérieusement que l'emprise totale au sol des constructions serait ainsi de 134,721 m² pour une superficie de parcelle de 340 m², ce qui représente un coefficient d'emprise au sol de 39,62%, inférieur au maximum fixé par les dispositions de l'article UD9 du règlement du PLU. La circonstance que la notice architecturale aurait pu induire en erreur l'autorité compétente en calculant le coefficient d'emprise au sol sur la base de la surface de plancher est par suite sans incidence sur le sens de la décision d'autorisation en litige. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD9 du règlement du PLU doit donc être écarté, de même que celui tiré de l'insuffisance sur ce point du dossier de demande de permis de construire.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD11 du règlement du PLU : " Les constructions nouvelles doivent tenir compte du contexte : elles doivent avoir de par leurs dimensions, leur architecture et la nature des matériaux un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, afin de préserver l'intérêt de la zone. D'une façon générale, le caractère architectural des constructions devra donc se référer au caractère balnéaire de la commune de Saint-Palais-sur Mer. / (). ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone urbaine dans un quartier composé de maisons individuelles en R et R+1 de type traditionnel et balnéaire. Le projet consiste à créer une surélévation de la maison existante, avec création d'un étage adossé à la construction voisine en limite séparative. La construction sera couverte d'un toit en tuile et les murs seront recouvert d'un enduit de couleur " blanc ton pierre ". L'étage créé sera, afin de tenir compte de l'existence d'une servitude de vue attachée à la fenêtre en R+1 existant sur le mur pignon Nord-Est de la maison appartenant à M. et Mme F, composé de deux blocs reliés par une terrasse, fermée sur la façade Nord-Est par un claustra en aluminium blanc. Compte tenu des caractéristiques de la construction, compatibles avec le caractère des lieux avoisinants, le maire de Saint-Palais-sur-Mer n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article UD11 du règlement du PLU en autorisant le projet en litige.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 632-2 du code du patrimoine : " I. L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. () ". Il résulte de ces dispositions que la délivrance d'un permis de construire est subordonnée, lorsque les travaux envisagés sont situés dans les abords de monuments historiques, à l'avis conforme de l'architecte des Bâtiments de France.
20. Il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé dans un périmètre protégé en tant que site patrimonial remarquable. Il est notamment situé à une centaine de mètres du Phare de Terre Nègre classé monument historique et la construction est adossée à la Villa Sirène. Toutefois, compte tenu des caractéristiques du projet exposées au point 18, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Architecte des bâtiments de France a commis une erreur d'appréciation en donnant son accord au projet par avis du 26 avril 2021.
21. En septième lieu, aux termes de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer. / () ".
22. Une opération qu'il est projeté de réaliser en agglomération ou, de manière générale, dans des espaces déjà urbanisés, ne peut être regardée comme une " extension de l'urbanisation " au sens de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme, que si elle conduit à étendre ou à renforcer de manière significative l'urbanisation de quartiers périphériques ou si elle modifie de manière importante les caractéristiques d'un quartier, notamment en augmentant sensiblement la densité des constructions. En revanche, la seule réalisation dans un quartier urbain d'un ou plusieurs bâtiments, qui est une simple opération de construction, ne peut être regardée comme constituant une extension au sens de la loi.
23. En l'espèce, la parcelle d'assiette du projet est déjà construite et située dans un quartier urbanisé. Le projet, qui consiste au sein d'une même construction à usage d'habitation à augmenter la surface de plancher de 72,02 m² à 124,08 m² n'a pas pour effet d'étendre l'urbanisation ou de densifier sensiblement les constructions du quartier. Le projet ne constitue donc par une extension de l'urbanisation au sens de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, par suite, être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme F sont fondés à soutenir que la méconnaissance des dispositions de l'article UD7 du règlement du PLU, en ce qui concerne la hauteur de la construction, a entaché d'illégalité le permis de construire délivré.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
25. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " () le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer () jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
26. Le vice constaté au point 13, relatif à la méconnaissance des dispositions de l'article UD7 du règlement du PLU, est susceptible d'être régularisé sans apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu, par suite, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme invoquées en défense par la commune, de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois afin de permettre au pétitionnaire et à l'autorité administrative de régulariser le vice par un permis de construire modificatif.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête M. et Mme F jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à M. et Mme C ou à la commune de Saint-Palais-sur-Mer de produire au tribunal un permis de construire modificatif régularisant le vice mentionné au point 13 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et G F, à la commune de Saint-Palais-sur-Mer et à M. et Mme D et A C.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
La rapporteure
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026