jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102742 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 23 octobre 2021, le 10 novembre 2022, le 26 janvier 2023 et le 15 février 2023, M. A B, représenté par Me Rouché, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision tacite du maire de La Rochelle du 30 avril 2021 portant non-opposition à la déclaration préalable DP 17300210390 sollicitée le 30 mars 2021 par M. C pour la réalisation d'un mur sur un terrain cadastré section BI n°498 situé au n° 3 rue Février ainsi que le certificat de non-opposition du 7 mai 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 25 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Rochelle et de M. C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le certificat de non-opposition du 7 mai 2021 a été pris par une autorité incompétente ;
- le dossier de déclaration préalable est insuffisant au regard des dispositions des articles R. 431-35 et R. 431-36 du code de l'urbanisme ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article 1.10 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de La Rochelle et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; le projet de clôture fait obstacle à la servitude de passage dont il dispose sur la voie privée menant à la rue Février ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme, de l'article 1.6.3 des dispositions générales du PLUi, de l'article 4.3.1 du règlement de la zone UV et de la fiche n°4 de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Construire aujourd'hui ".
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 septembre 2022, le 21 décembre 2022 et le 6 février 2023, la commune de La Rochelle, représentée par la SCP Brossier, Carré, Joly, conclut :
1°) au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir du requérant ;
- les conclusions à fin d'annulation du certificat de non opposition du 7 mai 2021, qui ne fait pas grief, sont irrecevables ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par des mémoires en défense enregistrés le 9 septembre 2022 et le 20 décembre 2022, M. C, représenté par la SELARL Julie Benigno, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Rouché, représentant M. B, et de Me Brossier, représentant la commune de La Rochelle.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, propriétaire d'une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée BI n° 498 au n° 3 rue Février à La Rochelle, a déposé, le 30 mars 2021, une déclaration préalable de travaux n° DP 17300210390 pour la réalisation d'une clôture de 2 mètres de haut et 4,5 mètres de long au fond de la voie privée qui mène à sa parcelle. Il a pour cela obtenu l'accord des propriétaires des parcelles BI n° 495, 491 et 494 riveraines de cette voie privée. Par la présente requête, M. B, propriétaire de la parcelle voisine cadastrée section BI n° 503, demande l'annulation de la décision implicite de non-opposition à cette déclaration préalable de travaux prise par le maire de La Rochelle le 30 avril 2021 ainsi que du certificat de non-opposition à déclaration préalable de travaux délivré le 7 mai 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 25 juin 2021.
Sur les fins de non-recevoir :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, le requérant, propriétaire de la parcelle cadastrée section BI n° 503 est voisin immédiat du projet qui consiste à construire une clôture maçonnée d'une hauteur de deux mètres à environ 1,50 mètres de l'entrée de sa propriété. Le projet est ainsi de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien de M. B, quand bien même il ne disposerait pas d'une servitude de passage sur l'allée privée ainsi clôturée. Par suite, la fin de non-recevoir tiré de l'absence d'intérêt donnant qualité pour agir au requérant doit être écartée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction () le silence gardé par l'autorité compétente vaut () décision de non-opposition à la déclaration préalable ". Aux termes de l'article R. 424-13 du même code : " En cas () de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit ".
6. Le certificat prévu par les dispositions précitées n'a pas le caractère d'une décision créatrice de droits, mais est purement recognitif d'une situation acquise par le bénéficiaire d'un permis tacitement délivré et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. La requête de M. B doit ainsi être regardée comme exclusivement dirigée contre la décision implicite de non-opposition à déclaration préalable de travaux du 30 avril 2021. Par suite, ses conclusions dirigées contre le certificat du 7 mai 2021 sont irrecevables, ainsi que le fait valoir la commune de La Rochelle en défense.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme : " La déclaration préalable précise : () b) La localisation et la superficie du ou des terrains ; c) La nature des travaux ou du changement de destination ; () ". Aux termes de l'article R. 431-36 du même code : " Le dossier joint à la déclaration comprend : () b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Le formulaire de déclaration de travaux indique que le projet consiste à créer une clôture de 2 mètres de hauteur et 4,5 mètres de largeur " au fond " d'une voie privée en faisant référence à la " parcelle 498 ". Comme le fait valoir le requérant, ces éléments restent toutefois insuffisamment précis pour permettre à l'autorité compétente de visualiser l'emplacement et la nature de cette clôture, dont l'objet consiste, comme l'ont indiqué les défendeurs dans le cadre de l'instance, à fermer l'allée privée donnant sur la rue Février entre la parcelle 498 et la parcelle 656 pour créer une impasse, empêchant ainsi l'accès depuis la rue Février au chemin qui permet de rejoindre l'avenue Denfert Rochereau depuis le chemin des Chirons Longs et qui dessert plusieurs parcelles, notamment la parcelle 503 appartenant au requérant. Le plan de situation produit au dossier de déclaration préalable, qui se borne à entourer la parcelle 498 et à hachurer la voie privée sur toute sa longueur, n'apporte pas plus de précisions utiles sur la localisation et la nature exacte du projet. Par ailleurs, quand bien même le projet se situerait au fond d'une allée privée, il reste néanmoins visible depuis la rue de Février, qui est une voie publique, alors le dossier de demande ne contient aucun élément permettant de connaître l'aspect extérieur de la clôture projetée, notamment les matériaux utilisés et son traitement. L'autorité compétente ne disposait donc pas des éléments permettant d'apprécier la conformité de la nature, de la localisation exacte et de l'aspect extérieur du projet à la réglementation applicable. Le requérant est par suite fondé à soutenir que la déclaration de travaux en litige méconnait sur ces points les dispositions des articles R. 431-35 et R. 431-36 du code de l'urbanisme.
10. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme et eu égard à l'imprécision du dossier de demande, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible de justifier l'annulation de la décision en litige.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
11. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
12. Le vice constaté au point 9, relatif au caractère incomplet du dossier de la déclaration préalable au regard des dispositions des articles R. 431-35 et R. 431-36 du code de l'urbanisme, est susceptible d'être régularisé. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, ainsi que le demande la commune de La Rochelle, de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer pendant un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement afin de permettre cette régularisation.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. B jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à M. C de produire au tribunal une déclaration préalable de travaux régularisant le vice retenu au point 9 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de La Rochelle et à M. D C.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
La rapporteure
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026