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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102772

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102772

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102772
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL BENDJEBBAR-LOPES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 octobre 2021 et 10 septembre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées les 30 octobre, 2 et 25 novembre 2021, M. Q F, M. E C, Mme O I, Mme A B, Mme R J, M. D N T, Mme K G, M. S, Mme P L et Mme M H demandent au tribunal :

1°) d'annuler tout ou partie de l'article 2 de l'arrêté municipal n° 21-02763 du 3 septembre 2021 de la commune de Saintes portant organisation du " Village des associations " au jardin public les 4 et 5 septembre 2021 ;

2°) de condamner la commune de Saintes à réparer leur préjudice moral et matériel ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saintes la somme de 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1110-4 du code de la santé publique ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le lieu du rassemblement n'était pas soumis à l'obligation d'un " passe sanitaire " ;

- il est disproportionné et est entaché d'une atteinte au principe d'égalité ;

- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;

- il porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale, à la dignité, à l'intégrité physique, au droit d'aller et venir, à l'interdiction de toute discrimination fondée sur l'état de santé, ainsi qu'à la liberté d'association ;

- il est fondé sur des lois inconstitutionnelles, dès lors que les lois n° 2021-689 du 31 mai 2021 et n° 2021-1040 du 5 août 2021 ont été prises en méconnaissance du respect de la dignité humaine, du respect de l'intégrité physique de la personne composante de la liberté individuelle, du libre choix " éclairé " des individus, qui donne notamment le droit de consentir et donc de refuser un vaccin quand bien même ce dernier est obligatoire, le droit à la liberté comme droit naturel de l'homme et à la liberté personnelle, le droit au respect de la vie privée, au développement de l'individu et de sa famille, ainsi qu'à la liberté d'entreprendre, aux principes d'égalité et de non-discrimination, au principe de clarté, d'accessibilité et d'intelligibilité de la loi, au principe de précaution et à la liberté d'association ;

- il est fondé sur des lois inconventionnelles, dès lors que les lois n° 2021-689 du 31 mai 2021 et n° 2021-1040 du 5 août 2021 ont été prises en méconnaissance du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, de la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme adoptée le 19 octobre 2005, de la Convention pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain signée à Oviedo le 4 avril 1975 et de son Protocole additionnel relatif à la recherche bio-médicale, de la déclaration d'Helsinki de l'Association médicale mondiale de juin 1964 et amendée notamment sur le consentement " éclairé " du patient, du code de Nuremberg concernant les expériences médicales acceptables, des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 36 et 62 du règlement européen du 14 juin 2021 n° 2021-953 ;

- il est fondé sur des lois illégales, dès lors que les lois n° 2021-689 du 31 mai 2021 et n° 2021-1040 du 5 août 2021 ont été prises en méconnaissance de l'article 16 du code civil, de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, de l'article 35 du code de déontologie médicale et des articles L. 1110-4, L. 1111-4 alinéa 4, L. 1122-1-1 et R. 4127-36 du code de la santé publique ;

- les vaccins visés à l'article 6 de l'article 55-1 du décret n° 2020-1262 du 16 octobre 2020 ne correspondent pas à ceux ayant fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché délivrée par l'agence européenne du médicament et la Commission européenne ;

- le décret d'application prévu par l'article 12 II de la loi n° 20211040 du 5 août 2021 fixant le schéma vaccinal pour l'obligation vaccinale n'a été publié que le 23 septembre 2021 ;

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 225-1 du code pénal ;

- il a été pris en méconnaissance des dispositions du décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;

- en leur refusant l'accès au " Village ", l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2022, la commune de Saintes, représentée par Me Lopès, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que l'arrêté attaqué a disparu de l'ordonnancement juridique ;

- les moyens de la requête sont infondés.

Par courrier du 28 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la requête, faute d'avoir été précédées d'une demande préalable.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 modifiée ;

- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 modifié ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bureau,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- les observations de Me Lopès, représentant la commune de Saintes.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 3 septembre 2021, le maire de Saintes a organisé le " Village des associations " les 4 et 5 septembre 2021. Par la présente requête, les requérants, habitants de la commune, demandent au tribunal l'annulation de l'article 2 de cet arrêté, instituant un " passe sanitaire ".

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".

3. Les requérants sollicitent l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison du refus d'accès au " Village des associations " qui leur a été opposé. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'ils aient formés une demande indemnitaire préalable auprès de l'administration. Par suite, le contentieux n'étant pas lié, leurs conclusions indemnitaires doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 1 de la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire, modifié par la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire, alors en vigueur : " () II. -A. -A compter du 2 juin 2021 et jusqu'au 15 novembre 2021 inclus, le Premier ministre peut, par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, dans l'intérêt de la santé publique et aux seules fins de lutter contre la propagation de l'épidémie de covid-19 : () 2° Subordonner à la présentation soit du résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19, soit d'un justificatif de statut vaccinal concernant la covid-19, soit d'un certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 l'accès à certains lieux, établissements, services ou évènements où sont exercées les activités suivantes : a) Les activités de loisirs ; () c) Les foires, séminaires et salons professionnels ; () Cette réglementation est rendue applicable au public et, à compter du 30 août 2021, aux personnes qui interviennent dans ces lieux, établissements, services ou évènements lorsque la gravité des risques de contamination en lien avec l'exercice des activités qui y sont pratiquées le justifie, au regard notamment de la densité de population observée ou prévue. () ".

5. D'une part, le juge administratif n'a pas compétence pour apprécier la constitutionnalité de la loi ou la conformité de la loi à un traité. Dans ces conditions, les requérants, qui n'ont pas mis pas en cause la conformité des dispositions des lois n° 2021-689 du 31 mai 2021 et n° 2021-1040 du 5 août 2021 à la Constitution par la voie d'une question prioritaire de constitutionnalité, ne peuvent utilement soutenir, en tout état de cause, que ces dispositions portent atteinte aux principes de la dignité humaine, d'égalité, de non-discrimination, de clarté, d'accessibilité et d'intelligibilité de la loi et au principe de précaution, au respect de l'intégrité physique de la personne, composante de la liberté individuelle, au libre choix " éclairé " des individus, au droit à la liberté et à la liberté personnelle, au droit au respect de la vie privée, au développement de l'individu et de sa famille, à la liberté d'entreprendre et à la liberté d'association, car ces critiques, qui tendent à mettre en cause la conformité de la loi à la Constitution, échappent à la compétence du tribunal. En outre, le moyen tiré de ce que les lois n° 2021-689 du 31 mai 2021 et n° 2021-1040 du 5 août 2021 auraient été prises en méconnaissance du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, de la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme adoptée le 19 octobre 2005, de la Convention pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain signée à Oviedo le 4 avril 1975 et son Protocole additionnel relatif à la recherche bio-médicale, de la déclaration d'Helsinki de l'Association médicale mondiale de juin 1964 et amendée notamment sur le consentement " éclairé " du patient, du code de Nuremberg concernant les expériences médicales acceptables, des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 36 et 62 du règlement européen du 14 juin 2021 n° 2021-953 ne peut qu'être rejeté.

6. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'arrêté attaqué repose sur ces lois illégales, en méconnaissance de l'article 16 du code civil, de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, de l'article 35 du code de déontologie médicale et des articles L. 1110-4, L. 1111-4 alinéa 4, L. 1122-1-1 et R. 4127-36 du code de la santé publique.

7. En deuxième lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir, pour contester l'arrêté municipal en litige, que les vaccins visés à l'article 6 de l'article 55-1 du décret n° 2020-1262 du 16 octobre 2020 ne correspondent pas à ceux ayant fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché délivrées par l'Agence européenne du médicament et la Commission européenne et que le décret d'application prévu par l'article 12 II de la loi n° 20211040 du 5 août 2021 fixant le schéma vaccinal pour l'obligation vaccinale n'a été publié que le 23 septembre 2021.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire modifié, alors en vigueur : " () II. - Les rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports qui ne sont pas interdits en vertu du présent décret sont organisés en veillant au strict respect de ces mesures. Dans les cas où le port du masque n'est pas prescrit par le présent décret, le préfet de département est habilité à le rendre obligatoire, sauf dans les locaux d'habitation, lorsque les circonstances locales l'exigent. () ". Aux termes de l'article 47-1 du même décret, alors en vigueur : " I. - Les personnes majeures doivent, pour être accueillies dans les établissements, lieux, services et évènements mentionnés aux II et III, présenter l'un des documents suivants : 1° Le résultat d'un examen de dépistage, d'un test ou d'un autotest mentionné au 1° de l'article 2-2 réalisé moins de 72 heures avant l'accès à l'établissement, au lieu, au service ou à l'évènement. Les seuls tests antigéniques pouvant être valablement présentés pour l'application du présent 1° sont ceux permettant la détection de la protéine N du SARS-CoV-2 ; 2° Un justificatif du statut vaccinal délivré dans les conditions mentionnées au 2° de l'article 2-2 ; 3° Un certificat de rétablissement délivré dans les conditions mentionnées au 3° de l'article 2-2. La présentation de ces documents est contrôlée dans les conditions mentionnées à l'article 2-3. A défaut de présentation de l'un de ces documents, l'accès à l'établissement, au lieu, au service ou à l'évènement est refusé, sauf pour les personnes justifiant d'une contre-indication médicale à la vaccination dans les conditions prévues à l'article 2-4. II. - Les documents mentionnés au I doivent être présentés pour l'accès des participants, visiteurs, spectateurs, clients ou passagers aux établissements, lieux, services et évènements suivants : () 2° Les événements culturels, sportifs, ludiques ou festifs organisés dans l'espace public ou dans un lieu ouvert au public et susceptibles de donner lieu à un contrôle de l'accès des personnes ; () III. () Lorsque des activités relevant des établissements et lieux mentionnés au II se déroulent hors de ceux-ci, les dispositions du présent article leur sont applicables comme si elles se déroulaient dans ces établissements et lieux, dans la limite des espaces et des heures concernés. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que l'évènement litigieux réunissait 180 associations de la commune. Dans ces conditions, alors même qu'il se tenait en plein air, il doit être regardé comme un évènement culturel sportif, ludique ou festif au sens de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1 de la loi du 31 mai 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire modifiée, alors en vigueur : " () La présentation des documents prévus au premier alinéa du présent B par les personnes mentionnées au 2° du A du présent II est réalisée sous une forme ne permettant pas aux personnes ou aux services autorisés à en assurer le contrôle d'en connaître la nature et ne s'accompagne d'une présentation de documents officiels d'identité que lorsque ceux-ci sont exigés par des agents des forces de l'ordre. () ". Aux termes de l'article 2-3 du décret du 1er juin 2021 modifié : " () II. - Les justificatifs mentionnés au I peuvent être présentés sous format papier ou numérique, enregistré sur l'application mobile " TousAntiCovid " ou tout autre support numérique au choix de la personne concernée. Sont autorisés à contrôler ces justificatifs, dans les seuls cas prévus au A du II de l'article 1er de la loi du 31 mai 2021 susvisée, et dans la limite de ce qui est nécessaire au contrôle des déplacements et de l'accès aux lieux, établissements, services ou évènements mentionnés par ce A : () 3° Les responsables des lieux, établissements et services ou les organisateurs des évènements dont l'accès est subordonné à leur présentation en application du présent décret ; () III. () Pour le contrôle des justificatifs requis en application du 1° du A du II de l'article 1er de la loi du 31 mai 2021 susvisée, les personnes et services habilités peuvent lire les noms, prénoms et date de naissance de la personne concernée par le justificatif, ainsi que les informations relatives à l'examen de dépistage ou au vaccin réalisé (date de réalisation, état dans lequel l'acte a été réalisé, type d'examen ou de vaccin, fabricant de l'examen ou du vaccin, rang d'injection du vaccin ou résultat de l'examen, organisme qui a délivré le certificat, centre de test et identifiant unique du certificat).".

11. Il résulte de ces dispositions que le décret précité prévoyait que ce contrôle intervenait dans des conditions ne permettant pas aux personnes et services habilités à y procéder de connaître la nature du justificatif qui leur était présenté. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1110-4 du code de la santé publique en ce qu'il méconnaîtrait le secret médical.

12. En cinquième lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'arrêté attaqué porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale, à sa dignité, à l'intégrité physique, au droit d'aller et venir, à l'interdiction de toute discrimination fondée sur son état de santé, ainsi qu'à la liberté d'association et au principe d'égalité, dès lors que l'obligation de présenter un " passe sanitaire " pour l'accès à certains lieux ou établissements ne saurait être regardée comme constituant une obligation de vaccination ou comme ayant un effet équivalent. Pour les mêmes motifs, les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir que l'arrêté attaqué est disproportionné, entaché d'un détournement de pouvoir et qu'il aurait été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 225-1 du code pénal.

13. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 2-3 du décret du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire, alors en vigueur : " Les justificatifs mentionnés au I peuvent être présentés sous format papier ou numérique, enregistré sur l'application mobile " TousAntiCovid " ou tout autre support numérique au choix de la personne concernée. () III. - La lecture des justificatifs par les personnes et services mentionnés au II peut être réalisée au moyen d'une application mobile dénommée " TousAntiCovid Vérif ", mise en œuvre par le ministre chargé de la santé (direction générale de la santé), ou de tout autre dispositif de lecture répondant à des conditions fixées par un arrêté des ministres chargés de la santé et du numérique. Les personnes mentionnées aux 1° et 3° utilisant ces derniers dispositifs en informent le préfet de département. ". D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'arrêté attaqué du 3 septembre 2021 : " Un contrôle des passes sanitaires sera mis en place sur les deux entrées du site du Village des Associations qui aura pour objet de contrôler les justificatifs sanitaires papiers ou numériques suivants, via l'application mobile dénommée "TousAntiCovid Vérif" () Aucun autre justificatif ne pourra être demandé par les agents. Il est rappelé que les données contrôlées ne sont pas conservées sur l'application " TousAntiCovid Vérif " et qu'elles ne sont traitées qu'une seule fois, lors de la lecture du justificatif. ".

14. Les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions du décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 en ce qu'il prévoyait un contrôle des justificatifs papiers ou numériques uniquement par l'intermédiaire de l'application " TousAntiCovid Vérif ", dès lors qu'à la date de l'arrêté attaqué les ministres chargés de la santé et du numérique n'avaient pas pris d'arrêté fixant les conditions encadrant les autres dispositifs de lecture des justificatifs.

15. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'article 2 de l'arrêté du maire de Saintes du 3 septembre 2021.

Sur les frais liés au litige :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge des parties les frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. F et autres est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saintes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. Q F, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, et à la commune de Saintes.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet, première conseillère,

M. Bureau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

Le rapporteur,

Signé

V. BUREAU

Le président,

Signé

A. LE MEHAUTE

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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