jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102819 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LOHMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 novembre 2021 et un mémoire enregistré le 15 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Gillet, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 4 septembre 2020 par laquelle le maire d'Ars-en-Ré a réglementé le stationnement dans la rue de la Gadrille, en tant qu'elle interdit le stationnement bilatéral, ensemble la décision du 1er octobre 2021 par laquelle le maire a rejeté son recours gracieux ;
2°) de condamner la commune d'Ars-en-Ré à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'acte réglementant le stationnement dans la rue de la Gadrille est inexistant et doit être déclaré nul et non avenu ;
- à supposer que cet acte réglementaire soit matérialisé par la lettre du maire d'Ars-en-Ré du 4 septembre 2020, il est entaché d'un défaut de signature ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de consultation et d'information préalable des riverains ;
- l'interdiction du stationnement bilatéral présente un caractère disproportionné ;
- cette mesure crée une rupture d'égalité devant les charges publiques.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2022, la commune d'Ars-en-Ré, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Lohmann, représentant M. B et de Me Finkelstein, représentant la commune d'Ars-en-Ré.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur B est propriétaire d'une maison d'habitation située rue de la Gadrille à Ars-en-Ré (Charente-Maritime), laquelle est en impasse. Le 4 septembre 2020, le maire d'Ars-en-Ré a adressé un courrier aux habitants de cette rue les informant que le stationnement était désormais interdit au niveau de la raquette de retournement ainsi que du côté gauche de la rue. Par sa requête enregistrée le 2 novembre 2021, M. B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle interdit le stationnement bilatéral, ensemble la décision du 1er octobre 2021 par laquelle le maire a rejeté son recours gracieux et a maintenu cette interdiction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, un acte ne peut être regardé comme inexistant que s'il est dépourvu d'existence matérielle ou s'il est entaché d'un vice d'une gravité telle qu'il affecte, non seulement sa légalité, mais son existence même.
3. D'une part, s'il résulte des dispositions de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales que le maire ne peut réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains qu'en édictant un arrêté motivé, la circonstance qu'une décision écrite ne se présente pas formellement comme un arrêté ne fait pas obstacle à son existence matérielle.
4. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier que le maire d'Ars-en-Ré n'a pas édicté, pour réglementer le stationnement rue de la Gadrille, une décision se présentant formellement comme un arrêté, il a adressé une lettre du 4 septembre 2020 aux riverains valant décision, ainsi que le fait valoir la commune dans ses écritures en défense.
5. D'autre part, aucun des vices invoqués par le requérant, à les supposer établis, n'est d'une gravité telle qu'il serait susceptible d'affecter l'existence même de l'acte en cause.
6. Il en résulte que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'acte réglementant le stationnement rue de la Gadrille est inexistant.
7. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 200-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Pour l'application du présent livre, on entend par actes les actes administratifs unilatéraux décisoires et non décisoires. / Les actes administratifs unilatéraux décisoires comprennent les actes réglementaires, les actes individuels et les autres actes décisoires non réglementaires. Ils peuvent être également désignés sous le terme de décisions, ou selon le cas, sous les expressions de décisions réglementaires, de décisions individuelles et de décisions ni réglementaires ni individuelles. " Aux termes de l'article L. 212-1 du même code : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Le respect de ces formalités constitue une condition de la légalité formelle de l'acte, leur non-respect étant susceptible d'entraîner l'annulation de l'acte pour violation d'une formalité substantielle.
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision du 4 septembre 2020, laquelle revêt un caractère réglementaire, n'est revêtue d'aucune signature. Dès lors et compte-tenu des conséquences d'une telle mesure de police administrative pour les usagers de la voirie, cette absence de signature entache d'illégalité la décision d'interdiction contestée.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 4 septembre 2020 par laquelle le maire d'Ars-en-Ré a réglementé le stationnement dans la rue de la Gadrille.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à la commune d'Ars-en-Ré une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Ars-en-Ré la somme de 1 200 euros à verser à M. B au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 septembre 2020 par laquelle le maire d'Ars-en-Ré a réglementé le stationnement dans la rue de la Gadrille est annulée.
Article 2 : La commune d'Ars-en-Ré versera la somme de 1 200 euros à M. B.
Article 3 : Les conclusions de la commune d'Ars-en-Ré présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Ars-en-Ré.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTELa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026