mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIMON-WINTREBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 novembre 2021, la commune de Louzy (Deux-Sèvres), représentée par Me Dallet, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum la société civile professionnelle (SCP) Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la société à responsabilité limitée (SARL) Gonord TP à l'indemniser des désordres affectant le chemin piétonnier de la rue de Maisonnette et de la rue de Villeneuve à hauteur de 110 625,32 euros TTC ;
2°) de condamner in solidum la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la SARL Gonord TP à l'indemniser de son préjudice esthétique et d'image à hauteur de 7 000 euros ;
3°) de condamner in solidum la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la SARL Gonord TP à l'indemniser de son préjudice de jouissance et d'agrément à hauteur de 8 500 euros ;
4°) de condamner in solidum la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la SARL Gonord TP aux dépens, en ce inclus les frais d'expertise ;
5°) de mettre à la charge in solidum de la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et de la SARL Gonord TP la somme de 6 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les désordres, qui se présentent sous forme unique de fissures longitudinales, majoritairement parallèles à l'axe de la chaussée avec des ouvertures plus ou moins importantes, représentent un danger important pour la circulation des vélos et des piétons, pouvant générer un risque de chute ; certaines portions de cette piste cyclable ont dû être fermées afin d'assurer la sécurité des usagers et de procéder à un rebouchage des fissures ; les fissurations longitudinales sont dues à des tassements différentiels provoqués par une variation en teneur en eau du sol argileux ; les essais réalisés sur les enrobés ne montrent aucune anomalie, de sorte que la société qui les a réalisés n'a pas de responsabilité dans les dégradations de cette voirie, causées uniquement par une défaillance des fondations ; cette défaillance aurait pu être évitée si une évaluation des portances au démarrage du chantier avait été réalisée, ce qui aurait été conforme au CCTP en sa page 12, qui précise que l'entrepreneur devra justifier d'un niveau de portance PF2 du sol de fondation au moment de la mise en œuvre des matériaux et du corps de la chaussée, chaque couche devant être capable de supporter les charges des couches supérieures ;
- ces désordres sont de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs ; l'expert judiciaire précise en page 21 du rapport d'expertise qu'il existe un défaut d'" évaluation des portances au démarrage du chantier qui aurait permis de définir les zones à purger " de sorte que la mise en cause de la maîtrise d'œuvre, la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Geo ", lors de la phase préparatoire de ces travaux, peut être engagée, ainsi que celle de la SARL Gonord TP, qui n'a pas réalisé d'essais et dont la responsabilité peut également être engagée à ce titre ; la commune de Louzy ayant signé un contrat déléguant la maîtrise d'œuvre totale, elle n'est, en ce qui la concerne, aucunement responsable des dommages subis ; lors de la réunion du 6 avril 2021, un accord général est intervenu entre toutes les parties sur la réalité et la cause des désordres et pour considérer que les deux entreprises SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la SARL Gonord TP étaient responsables des désordres et devaient en assumer les conséquences ; toutefois, aucun accord n'a pu être trouvé en raison de l'intransigeance de la société de maîtrise d'œuvre sur sa part de responsabilité ;
- en ce qui concerne les préjudices, le chiffrage retenu par l'expert judiciaire pour les travaux de reprise intégrale des désordres selon le devis de la société Charrier s'élevant à 110 625,32 euros toutes taxes comprises sera retenu ; le préjudice esthétique et d'atteinte à l'image s'élève 7 000 euros, dès lors qu'il s'agissait de travaux d'embellissement situés à l'entrée de la commune, avec une piste cyclable et de promenade reliant le village à l'entrée de l'agglomération thouarsaise donnant ainsi un cachet certain à ce village propre, agréable et très attractif ; les désordres en cause ont porté atteinte à l'image d'une petite commune aux infrastructures conséquentes, propres et pratiques ; ces désordres spectaculaires et très visuels sur le chemin piétonnier et cyclable ont en outre créé un doute quant à la capacité de la commune à entretenir et à préserver lesdites infrastructures sans avoir à intégrer une collectivité locale plus importante ; le préjudice de jouissance et d'agrément est évalué à 8 500 euros, dès lors que la piste cyclable et piétonnière a été rendue quasiment impraticable dans des conditions normales et que le risque d'accident pouvant déclencher une responsabilité de la commune, ce qui a amené à la fermeture de certains segments, et ce pour une durée de plusieurs années, commençant en 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2022, la SARL Gonord TP, représentée par Me Simon-Wintrebert, conclut, d'une part, à ce que les demandes indemnitaires de la commune soient limitées à la somme totale de 77 561,21 euros toutes taxes comprises ainsi qu'au rejet du surplus de ces demandes, d'autre part, à la condamnation de la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " à la garantir de toute condamnation pouvant être prononcée à son encontre au prorata des parts de responsabilité qui seront retenues par le tribunal ainsi qu'au partage des dépens au prorata des mêmes parts de responsabilité.
Elle soutient que :
- les désordres ont un caractère décennal ;
- le rapport d'expertise judiciaire établit la responsabilité partagée de la SARL Gonord TP et de la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo ", sans toutefois définir le partage de responsabilité ; les désordres relèvent uniquement d'un défaut d'appréciation des portances au démarrage du chantier qui aurait permis de déterminer les zones à purger ; la responsabilité est, selon l'expert judiciaire, partagée entre la SARL Gonord TP, qui n'a pas réalisé les essais prévus au CCTP, et le maître d'œuvre qui a, pour sa part, engagé sa responsabilité en validant l'exécution des travaux sans la réalisation desdits essais ; une répartition à parts égales des responsabilités est souhaitable ;
- pour les demandes indemnitaires, le rapport d'expertise judiciaire établit deux hypothèses de reprise soit totale, soit partielle, ainsi qu'une solution intermédiaire consistant en un changement complet du remblais au niveau des dégradations et une reprise de l'ensemble des enrobés ; les trois parties ayant convenu de retenir cette solution mais le protocole n'ayant pu être finalisé, il convient de retenir cette dernière solution ; le montant des travaux de reprise dont la commune de Louzy pourra solliciter le paiement doit donc être limité à la somme de 77 561,21 euros toutes taxes comprises ;
- pour l'indemnisation des préjudices annexes, la commune de Louzy ne démontre aucunement la réalité du préjudice allégué, qui n'est en l'espèce justifié, ni dans son principe ni dans son montant, et ce d'autant moins que l'expert judiciaire a relevé que la commune a " admis ne pas avoir subi de trouble de jouissance " puis indique, en conclusion finale de son rapport, que ladite commune ne sollicite pas d'indemnisation pour trouble de jouissance.
Par un mémoire enregistré le 13 septembre 2022, la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Geo ", représentée par Me Le Lain, conclut, à titre principal, au rejet des conclusions dirigées à son encontre et à ce que soit mis à la charge de la commune de Louzy les entiers dépens ainsi que la somme de 2 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, à ce que l'indemnisation de la commune soit limitée à la somme de 77 561,21 euros toutes taxes comprises et au rejet du surplus de ses demandes ainsi qu'à la condamnation de la SARL Gonord TP à la garantir de toute condamnation pouvant être prononcée à son encontre à hauteur de 80 % et au partage des dépens au prorata de la même part de responsabilité.
Elle soutient que :
- sa responsabilité en tant que maître d'œuvre ne saurait être engagée dès lors que la commune requérante ne démontre pas en quoi le désordre constaté est en lien avec la mission qui lui a été confiée ;
- le rapport d'expertise judiciaire retient deux hypothèses de reprise totale ou partielle, ainsi qu'une solution intermédiaire consistant en un changement complet du remblais au niveau des dégradations et une reprise de l'ensemble des enrobés ; les trois parties ayant convenu de retenir cette solution mais le protocole n'ayant pu être finalisé, il convient de retenir cette dernière solution ; le montant des travaux de reprise dont la commune de Louzy pourra solliciter le paiement doit donc être limité à la somme de 77 561,21 euros toutes taxes comprises ;
- pour le préjudice esthétique et d'image, pour que la commune de Louzy puisse obtenir une quelconque réparation au titre de ce prétendu préjudice, il lui incombe d'expliquer le rôle et les incidences de l'image et de la réputation de la commune, et de démontrer l'existence d'un préjudice d'image mais également d'évaluer son étendue en construisant un modèle permettant d'évaluer la valeur économique que représente l'image et la perte de valeur engendrée par les actes litigieux, ce qu'elle s'abstient de faire ;
- pour le préjudice de jouissance et d'agrément, le rapport d'expertise ne retient aucun préjudice de jouissance et précise que la commune de Louzy, quant à elle, ne sollicite pas d'indemnisation pour trouble de jouissance ; en outre, des travaux conservatoires ont été réalisés par la SARL Gonord TP suite à la première réunion d'expertise, permettant ainsi la circulation sur la piste cyclable ;
- la responsabilité de la SARL Gonord TP est engagée pour ne pas avoir réalisé un essai de portance avant la réalisation des travaux, et ce en contradiction avec les termes du CCTP en ses articles 1.2 et 3.4.5 ; dans une telle hypothèse, la jurisprudence retient en général une part prépondérante de responsabilité à l'encontre de l'entreprise de construction.
Vu :
- l'ordonnance n°2000632 du 11 juin 2020 du juge des référés du tribunal administratif de Poitiers ayant ordonné une expertise ;
- le rapport d'expertise établi le 24 juin 2021 ;
- l'ordonnance du 1er septembre 2021 par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Poitiers a liquidé et taxé les frais de cette expertise à la somme de 10 573,07 euros toutes taxes comprises ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pipart,
- les conclusions de M. Revel, rapporteur public,
- et les observations de Me Simon-Wintrebert, représentant la SARL Gonord TP et de Me Kinkelstein, représentant la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo ".
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'aménagement de la voirie communale dite " chemin piétonnier de la rue de Maisonnette et rue de Villeneuve ", la commune de Louzy (Deux-Sèvres) a passé un marché de travaux avec la société à responsabilité limitée (SARL) Gonord TP à fin de construction d'un chemin piétonnier et d'une piste cyclable avec enrobé. La maîtrise d'œuvre de cette opération a été confiée à la société civile professionnelle (SCP) Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo ". Quelques mois plus tard après l'achèvement des travaux, des désordres comportant, notamment, des fissures du revêtement du chemin piétonnier allant parfois jusqu'à la rétractation de l'enrobé vis-à vis de la bordure du chemin, ont été constatés par la commune de Louzy. Par une ordonnance n°2000632 du 11 juin 2020, le président du tribunal administratif de Poitiers, a désigné un expert, à la demande de la commune de Louzy, afin d'analyser ces désordres et de déterminer les responsabilités dans leur apparition. Sur la base du rapport rendu par l'expert le 21 juin 2021, la commune de Louzy demande la condamnation solidaire, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, de la SARL Gonord TP et de la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " à l'indemniser, à hauteur de 110 625,32 euros toutes taxes comprises, du coût des travaux de réparation et à l'indemniser du préjudice esthétique et d'image qu'elle a subi à hauteur de 7 000 euros ainsi que de son préjudice de jouissance et d'agrément à hauteur de 8 500 euros.
Sur la garantie décennale des constructeurs :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans et affectant l'ouvrage dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, même dissociable, engagent la responsabilité de ces constructeurs au titre de la garantie décennale s'ils sont de nature à compromettre sa solidité ou à le rendre impropre à sa destination. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
3. En l'espèce, suite aux travaux relatifs à la réalisation d'un chemin piétonnier et d'une piste cyclable de 383 mètres, des désordres sont apparus sous forme de fissures longitudinales, majoritairement parallèles à l'axe de la chaussée dès le mois de juin 2019, alors que les travaux étaient achevés et avaient fait l'objet d'une réception sans réserve le 7 mars 2019. Il résulte de l'instruction que ces fissures, dont certaines sont d'une largeur allant jusqu'à 6 centimètres et d'une profondeur supérieure à une dizaine de centimètres, sont susceptibles d'entraîner la chute de cyclistes ou de piétons et rendent, de la sorte, l'ouvrage impropre à sa destination.
4. Il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'origine de ces fissures se trouve dans le défaut d'évaluation des portances au démarrage du chantier, qui aurait permis de déterminer les zones à purger, chaque couche devant être capable de supporter les charges des couches supérieures. Les désordres sont ainsi imputables à la SARL Gonord TP et à la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo ", respectivement en charge de l'exécution des travaux et de la maîtrise d'œuvre totale de cette opération. Si cette dernière fait valoir que sa responsabilité ne saurait être engagée, dès lors qu'il n'est pas démontré que l'origine des désordres relevait du champ de sa mission, il ressort des termes mêmes du rapport d'expertise précité que la responsabilité de la maîtrise d'œuvre est engagée tant au stade de la phase préparatoire qu'au stade de l'exécution des travaux litigieux.
5. Il résulte de ce qui précède que la commune de Louzy est fondée à rechercher la responsabilité solidaire des sociétés Gonord TP et Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs.
Sur la réparation :
6. En premier lieu, il ressort du rapport d'expertise judiciaire que la reprise des désordres précités nécessite une reprise complète des travaux pour un montant de 110 625,32 euros toutes taxes comprises. Si les sociétés Gonord TP et Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " soutiennent que la solution hybride, identifiée par l'expert judiciaire et dont le coût est de 77 561,21 euros toutes taxes comprises doit être retenue, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'ensemble des désordres constatés résultent d'un problème de portance et que le devis Gonord TP n'apporte, sur ce point, qu'une réponse partielle en faisant état d'une reprise partielle des terrassements de 472 mètres carrés, alors que celui de la société TPPL s'engage sur une reprise totale des terrassement de 715 mètres carrés, ce qui constitue un gage de pérennité de l'ensemble de l'ouvrage. Par suite, la commune de Louzy est fondée à demander la prise en compte de la solution de reprise totale des travaux à hauteur de la somme de 110 625,32 euros toutes taxes comprises.
7. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la commune requérante ait subi un préjudice esthétique et d'image en raison des désordres en litige, qui se bornent à l'altération du revêtement d'une piste cyclable et d'un chemin piétonnier en bordure de route. Les conclusions présentées sur ce point doivent, par suite, être rejetées.
8. En dernier lieu, aucun élément versé à l'instance n'est de nature à établir que la commune de Louzy aurait elle-même subi un préjudice de jouissance en raison des désordres en litige. Au surplus, elle a elle-même admis ne pas avoir subi un tel trouble le 6 avril 2021, lors d'une réunion en présence de l'expert judiciaire. Les conclusions présentées sur ce point doivent, par suite, être rejetées.
Sur les appels en garantie :
9. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, que la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo ", agissant en tant que maître d'œuvre, a commis des manquements tant au moment de la phase préparatoire que de la phase d'exécution des travaux, en omettant de tenir compte des problèmes de portance dans le cadre du chantier et en validant les travaux litigieux. Il sera ainsi fait une juste appréciation de la responsabilité encourue par la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo ", en l'estimant à 30 % de la réparation du dommage. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la SARL Gonord TP a, pour sa part, omis de réaliser les tests de portance précités, qui auraient pu éviter l'apparition des désordres s'ils avaient été réalisés et pris en compte. Il sera ainsi fait une juste appréciation de la responsabilité encourue par la SARL Gonord TP, en l'estimant à 70 %.
10. Il résulte de ce qui précède que la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la SARL Gonord TP doivent être condamnées à se garantir mutuellement à hauteur respectivement de 70 % et de 30 % de toutes sommes pouvant leur être réclamées au titre de l'indemnisation des travaux litigieux.
Sur les frais d'expertise :
11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise (). Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute personne perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. ".
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 10 573,07 euros par l'ordonnance du tribunal susvisée, à la charge définitive de la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et de la SARL Gonord TP, en fonction de leur part respective de responsabilité dans la survenue des désordres, correspondant à un montant de 3 171,92 euros TTC pour la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et de 7 401,15 euros TTC pour la SARL Gonord TP.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge des sociétés Gonord TP et Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " une somme de 1 000 euros à verser chacune à la commune de Louzy au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que la commune de Louzy, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser à la SARL Gonord TP et à la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " les sommes que celles-ci réclament en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL Gonord TP et la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " sont condamnées solidairement à verser la somme de 110 625,32 euros TTC à la commune de Louzy.
Article 2 : La SARL Gonord TP garantira la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " à concurrence de 70 % de la somme visée à l'article 1er du présent jugement.
Article 3 : La SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " garantira la SARL Gonord TP à hauteur de 30 % de la somme visée à l'article 1er du présent jugement.
Article 4 : Les frais d'expertise sont mis à la charge définitive de la SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et de la SARL Gonord TP à hauteur, respectivement, de 3 171,92 euros TTC et de 7 410,15 euros TTC.
Article 5 : La SCP Jouck-Baisieux-Page " Air et Géo " et la SARL Gonord TP verseront, chacune, une somme de 1 000 euros à la commune de Louzy au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Louzy, à la société à responsabilité limitée Gonord TP et à la société civile professionnelle Jouck-Baisieux-Page.
Copie en sera adressée, pour information, à l'expert.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
R. PIPART
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026