jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DAURIAC PAULIAT-DEFAYE BOUCHERLE MAGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 10 novembre 2021, le 15 novembre 2022 et le 17 avril 2023, M. C et Mme A B, représentés par Me Dauriac-Pauliat, demandent au tribunal:
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2021 du maire de la commune de Thurageau portant non-opposition à la déclaration préalable de travaux n° DP 08627121N0004 déposée par la société Orange pour la construction d'un pylône de téléphonie sur le terrain cadastré section BI n°450 situé au lieu-dit Pré Boileau ainsi que la décision du 13 septembre 2021 de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Thurageau une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision méconnait le devoir de mutualisation des sites accueillant des antennes entre les opérateurs, prévu à l'article D. 98-6-1 du code des postes et des télécommunications électroniques ;
- elle méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2023, la commune de Thurageau, représentée par la SCP Drouineau 1927, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. et Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable au motif de sa tardiveté et pour défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par des mémoires en défense enregistrés le 10 octobre 2022 et le 27 avril 2023, la société Orange, représentée par la SELARL Cabinet Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. et Mme B la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de M. B et de Me Filkelstein, représentant la commune de Thurageau.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté de non-opposition à déclaration préalable n° DP08627121N0004 du 28 juin 2021, la maire de Thurageau (Vienne) a autorisé la SA Orange à édifier une antenne de radiotéléphonie comprenant un pylône treillis d'une hauteur de 30,05 mètres, sur un terrain cadastré section BI n° 450 situé au lieu-dit Pré Boileau. M. et Mme B, propriétaires d'une maison d'habitation sur la parcelle voisine, demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision du 13 septembre 2021 par laquelle le maire de Thurageau a rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques : " () / II. - L'opérateur fait en sorte, dans la mesure du possible, de partager les sites radioélectriques avec les autres utilisateurs de ces sites. / Lorsque l'opérateur envisage d'établir un site ou un pylône et sous réserve de faisabilité technique, il doit à la fois : / - privilégier toute solution de partage avec un site ou un pylône existant ; / - veiller à ce que les conditions d'établissement de chacun des sites ou pylônes rendent possible, sur ces mêmes sites et sous réserve de compatibilité technique, l'accueil ultérieur d'infrastructures d'autres opérateurs ; / - répondre aux demandes raisonnables de partage de ses sites ou pylônes émanant d'autres opérateurs. / () ".
3. Si les requérants font valoir que l'opérateur ne démontre pas avoir privilégier toute solution de partage avec un site ou un pylône existant, il n'appartient pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect de la réglementation des postes et communications électroniques, qui est sans application dans le cadre de l'instruction des déclarations ou demandes d'autorisation d'urbanisme. En tout état de cause, si les dispositions précitées incitent les opérateurs à la mutualisation des sites radioélectriques, elles ne créent pas une obligation de partage de ces sites ou des pylônes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
5. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel au sens des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
6. Le projet litigieux consiste à implanter sur une parcelle enherbée et en partie boisée classée en zone N au plan local d'urbanisme (PLU) de la commune, un pylône de type treillis d'une hauteur de 30 mètres, à proximité de terrains agricoles qui s'étendent à l'Ouest et au Sud et d'une zone urbaine située à une centaine de mètres à l'Est, caractérisée par un habitat pavillonnaire diffus et relativement récent. Compte tenu de l'absence d'intérêt particulier de la zone d'implantation du projet et des caractéristiques de la construction, qui, malgré sa hauteur, permet une vue traversante, la maire de la commune de Thurageau n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation pour l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en prenant la décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux en litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur sa recevabilité.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Thurageau et la somme de 1 000 euros à verser à la société Orange au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Thurageau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront une somme de 1 000 euros à la commune de Thurageau et une somme de 1 000 euros à la société Orange au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme A B, à la commune de Thurageau et à la société Orange.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
La rapporteure
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026