jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2103350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MESRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 décembre 2021, 5 septembre et 11 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Mesri, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 16199 19 C0002 du 21 octobre 2021 par lequel le maire de Magnac-sur-Touvre a refusé de lui délivrer un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle rue du Vallon ;
2°) d'enjoindre à la commune de Magnac-sur-Touvre de procéder à nouvelle instruction de sa demande dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Magnac-sur-Touvre la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le conseil municipal aurait dû être consulté et que le dossier de demande n'était pas incomplet ;
- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors que la parcelle litigieuse est enclavée ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que cela limite son droit de propriété en méconnaissance de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté d'agglomération Grand Angoulême est illégal, dès lors qu'il porte une atteinte disproportionnée à son droit de propriété en méconnaissance des dispositions de l'article 544 du code civil, de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et du protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme intercommunal opposée au projet n'est pas suffisamment précise ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 682 du code civil ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 mars, 11 octobre et 14 novembre 2022, la commune de Magnac-sur-Touvre, représentée par Me Devaine, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le requérant est dépourvu d'un intérêt à agir ;
- les conclusions relatives à l'arrêté du 31 août 2021 sont irrecevables, dès lors qu'elles sont tardives ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- les observations de M. A et celles de Me Tribot, représentant la commune de Magnac-sur-Touvre.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 janvier 2019, M. A a déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle sur une parcelle située rue du Vallon sur le territoire de la commune de Magnac-sur-Touvre. Par un arrêté du 21 octobre 2021, la maire de Magnac-sur-Touvre a refusé de lui délivrer le permis de construire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet () ".
3. En l'espèce, l'arrêté vise le code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération Grand Angoulême approuvé le 5 décembre 2019, ainsi que ses évolutions récentes. Il indique que le terrain fait l'objet d'une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) prévue par le PLUi qui impose un projet global sur la totalité de la zone et qu'un accès général sur la rue du Vallon doit être mis en place. Il mentionne, enfin, que le projet remet en cause cette OAP avec la construction d'une habitation sur une seule petite partie du terrain de l'OAP et en prévoyant une place de stationnement individuelle et un accès direct à la rue du Vallon sans desservir un autre lot. Cet arrêté comporte ainsi de façon suffisamment précise les éléments de droit et de fait sur lesquels il se fonde, et permet à son destinataire d'en contester utilement le bien-fondé. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. / Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir ainsi que les déclarations préalables sur lesquelles il n'a pas été statué à la date du transfert de compétence restent soumises aux règles d'instruction et de compétence applicables à la date de leur dépôt. ".
5. Il ne résulte pas de ces dispositions que le conseil municipal doive être consulté avant que le maire délivre ou refuse un permis de construire. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de ce que l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière au motif que son dossier de demande de permis n'était pas complet, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le caractère incomplet allégué de son dossier aurait fait obstacle à ce que l'autorité compétente dispose des éléments nécessaires pour se prononcer en connaissance de cause.
En ce qui concerne la légalité interne :
7. En premier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, dès lors que la circonstance que la parcelle litigieuse est enclavée est sans incidence sur la légalité de cet arrêté.
8. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme, dès lors qu'elles sont relatives au schéma directeur de la région d'Ile-de-France.
9. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : () 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; () ". Aux termes de l'article L. 151-7 du même code : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; () 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics. ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les OAP d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.
11. D'autre part, le règlement du PLUi prévoit que dans la zone UB : " Des OAP " sectorielles " complètent, en pouvant être plus restrictives mais pas plus permissives, le règlement des zones U. ". L'OAP de la rue du Vallon dans laquelle se situe la parcelle n° 326 appartenant à M. A, mais aussi la parcelle n° 345 qui lui est adjacente au Nord et la parcelle n° 277 qui jouxte cette dernière, prévoit la création de quatre logements avec " des espaces de stationnement mutualisés ", ce qui permettra " au quartier de se densifier dans un projet urbain cohérent ".
12. Le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme, dès lors que le code de l'urbanisme ne limite pas les OAP aux zones AU.
13. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux prévoit la construction d'une maison d'habitation individuelle et la création de deux places de stationnement individuelles. Par suite, en estimant que le projet était incompatible avec l'OAP précitée, notamment au regard des espaces de stationnement mutualisés, le maire de Magnac-sur-Touvre n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'OAP n'est pas suffisamment précise pour lui être opposable et que l'arrêté attaqué, qui n'a pas pour objet de lui refuser un droit d'accès à sa parcelle, porterait atteinte à son droit de propriété.
14. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 682 du code civil, dès lors que l'arrêté attaqué, qui rejette une demande de permis de construire, n'a pas pour objet de refuser au requérant un droit d'accès à sa parcelle, alors qu'au demeurant un portillon donne sur la rue du Vallon.
15. En cinquième lieu, si M. A soutient que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme, il n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
16. En sixième et dernier lieu, M. A ne peut utilement soutenir que l'arrêté litigieux est entaché d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'il n'a pas pour objet de lui refuser un droit d'accès à sa parcelle.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Magnac-sur-Touvre du 21 octobre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
18. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Magnac-sur-Touvre au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Magnac-sur-Touvre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Magnac-sur-Touvre la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Magnac-sur-Touvre.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026