jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2103402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 décembre 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne a refusé de l'affecter au sein de la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS).
Il soutient que la motivation de cette décision est mensongère dès lors qu'il n'a jamais été convoqué à un entretien de recrutement pour intégrer la structure d'accompagnement vers la sortie.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. B a refusé de se présenter à l'entretien en question en dépit des appels répétés des agents ;
- le chef d'établissement a pris le 22 février 2022 une nouvelle décision de rejet de sa demande au motif de la situation administrative irrégulière de l'intéressé qui est de nationalité marocaine.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, incarcéré au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne du 23 mars 2020 au 13 avril 2022, a sollicité son affectation au sein de la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS) qui constitue un quartier de cet établissement. Par décision du 6 décembre 2021, le directeur du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne a rejeté sa demande au motif que l'intéressé avait refusé de se présenter à l'entretien préalable à cette affectation. M. B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 717 du code de procédure pénale alors en vigueur : " Les condamnés purgent leur peine dans un établissement pour peines () ". Aux termes de l'article D. 70 du code de procédure pénale alors applicable : " Les établissements pour peines () sont les maisons centrales, les centres de détention, les établissements pénitentiaires spécialisés pour mineurs, les centres de semi-liberté et les centres pour peines aménagées. / () ". Enfin, aux termes de l'article 49 du règlement intérieur type annexé à l'article R. 57-6-18 du code de procédure pénale dans sa version alors applicable : " () Dans les centres pour peines aménagées et les quartiers pour peines aménagées qui reçoivent les condamnés dont le reliquat de peine est inférieur à deux ans et les personnes condamnées qui font l'objet d'une mesure de semi-liberté ou de placement extérieur, les horaires sont aménagés pour prendre en compte la diversité des situations pénales des personnes détenues hébergées. / La personne détenue détient un exemplaire de la clé ou de la carte d'accès à sa cellule. / La personne détenue circule librement au sein de l'établissement. / ()".
3. Pour prendre la décision en litige de refus d'affectation de M. B au sein de la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS) à l'issu de la commission pluridisciplinaire unique (CPU) du 6 décembre 2021, le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne s'est fondé sur la circonstance que M. B avait refusé de se présenter à l'entretien de recrutement qui lui avait été proposé pour intégrer cette structure, en dépit des appels répétés des agents présents pour mener à bien cet entretien.
4. Pour contester cette décision, M. B se borne à alléguer qu'il n'a jamais été convoqué pour un tel entretien, alors que l'administration produit le compte-rendu de l'audience de recrutement qui indique que l'intéressé " régulièrement appelé par le surveillant () n'a pas daigné attendre, a refusé l'entretien et est remonté dans sa cellule au troisième étage ". Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige est entachée d'une erreur de fait en tant qu'elle est fondée sur le motif tiré de ce que B ne s'est pas présenté à l'entretien qui lui a été proposé.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur sa recevabilité ni sur le second motif invoqué par le ministre tiré de la situation irrégulière de l'intéressé qui a donné lieu à une seconde décision de refus d'affectation datée du 22 février 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
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