lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200007 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LELONG DUCLOS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
1. Par une requête n°2200007 et des mémoires enregistrés successivement les 3 janvier 2022, 1er janvier 2024 et 17 mars 2024, M. E D, représenté par Me Lelong, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mai 2021 par laquelle le maire de la commune de Saint-Martin-la-Pallu l'a placé en disponibilité d'office à titre conservatoire avec maintien à mi-traitement dans l'attente de l'avis de la commission de réforme ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Martin-la-Pallu de lui permettre de poursuivre sa reconversion professionnelle et son reclassement ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Martin-la-Pallu une somme de 2 000 euros à verser à Me Lelong en application des dispositions des articles 35 et 37 de la loi du 11 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, faute de publication régulière de l'arrêté de délégation de signature ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que le maire n'a pas respecté les obligations de reclassement qui lui incombaient avant de prendre la décision attaquée ;
- elle est illégale en raison de l'impossibilité matérielle dans laquelle il s'est trouvé pour mener à bien sa reconversion professionnelle ;
- elle est illégale en raison de l'absence de tentative de reclassement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet 2023 et le 20 février 2024, la commune de Saint-Martin-la-Pallu représentée par la SCP KPL Avocats conclut au rejet de la requête et demande à ce qui ce soit mis à la charge de M. D la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mars 2024.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
2. Par une requête n°2201054 et des mémoires, enregistrés le 29 avril 2022, le 1er janvier 2024, le 14 février 2024 et le 17 mars 2024, M. E D, représenté par Me Lelong, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Saint-Martin-la-Pallu l'a placé en disponibilité d'office à titre conservatoire avec maintien à mi-traitement dans l'attente de l'avis de la CNRACL ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Martin-la-Pallu de lui permettre de poursuivre sa reconversion professionnelle et son reclassement ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
3)°de mettre à la charge de la commune de Saint-Martin-la-Pallu une somme de 2 000 euros à verser à Me Lelong en application des dispositions des articles 35 et 37 de la loi du 11 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, faute de publication régulière de l'arrêté de délégation de signature ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence d'information du médecin de prévention ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 19 mai 2021 le plaçant en disponibilité d'office dans l'attente de l'avis de la commission de réforme ;
- elle est illégale en raison de l'absence de tentative de reclassement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 octobre 2023, le 14 février 2024 et le 15 mars 2024, la commune de Saint-Martin-la-Pallu représentée par la SCP KPL Avocats conclut au rejet de la requête et demande à ce qui ce soit mise à la charge de M. D la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 avril 2024.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
3. Par une requête n°2300113 et des mémoires, enregistrés le 11 janvier 2023, le 26 janvier 2023, le 14 février 2024 et le 5 avril 2024, M. E D, représenté par Me Lelong, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du maire de la commune de Saint-Martin-la-Pallu le plaçant à la retraite pour invalidité ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Martin-la-Pallu de lui permettre de poursuivre sa reconversion professionnelle et son reclassement ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
3) de mettre à la charge de la commune de Saint-Martin-la-Pallu une somme de 2 000 euros à verser à Me Lelong en application des dispositions des articles 35 et 37 de la loi du 11 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 25 février 2022 le plaçant en disponibilité d'office dans l'attente de l'avis de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) ;
- elle est illégale en raison de l'absence de tentative de reclassement.
Par des mémoires en défense, enregistré le 25 octobre 2023, le 15 mars 2024 et le 18 avril 2024, la commune de Saint-Martin-la-Pallu représentée par la SCP KPL Avocats, conclut au rejet de la requête et demande à ce qui ce soit mise à la charge de M. D la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 avril 2024.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 modifié ;
- le décret n°85-1054 du 30 septembre 1985 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duval-Tadeusz,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duclos, représentant M. D, et de Me Kolenc-Lebloch, représentant la commune de Saint-Martin-la-Pallu.
Considérant ce qui suit :
1. E D a été recruté le 8 juillet 2007 par la commune de Vendeuvre du Poitou, devenue la commune de Saint-Martin La Pallu, en qualité d'adjoint administratif de deuxième classe, au sein des services administratifs de la commune. Après réception d'un avis d'inaptitude totale et définitive de M. D à ses fonctions rendu par le comité médical départemental le 20 novembre 2019, précisant que celui-ci était toutefois apte à effectuer une reconversion professionnelle, la commune a informé M. D, par un courrier du 6 décembre 2019, qu'il pouvait bénéficier d'une période de préparation au reclassement s'il en faisait la demande, ce à quoi M. D a répondu favorablement. La période de préparation au reclassement, du 23 décembre 2019 au 22 décembre 2020, a fait l'objet d'une convention de mise en œuvre signée le 28 septembre 2020 et a été prolongée par un premier avenant, signé le 24 décembre 2020, jusqu'au 21 février 2021. Un second document, signé le 15 février 2021, a prévu une période de stage du 17 février 2021 au 8 avril 2021, sur un poste d'archiviste à l'évêché de Poitiers. Par un courrier du 20 février 2021, M. D a demandé à la commune de le reclasser au sein de la collectivité, ou dans une autre structure ou dans une autre fonction publique, compatible avec son état de santé. La commune a adopté, le 22 mars 2021, un arrêté maintenant M. D en position d'activité, dans l'attente de son reclassement, à compter du 22 février 2021. Le 19 mai 2021, il a été placé en disponibilité d'office à titre conservatoire avec maintien d'un demi-traitement dans l'attente de la décision de la commission de réforme. Il s'agit de la décision dont l'annulation est demandée dans l'instance n°2200007. Le 17 février 2022, la commission de réforme a émis un avis favorable à la mise à la retraite pour invalidité, et à l'inaptitude totale et définitives à ses fonctions à l'issue de ses droits à congés. Par arrêté du 25 février 2022, le maire de Saint-Martin-la-Pallu a placé M. D en disponibilité d'office avec maintien d'un demi-traitement dans l'attente de l'avis de la CNRACL. Il s'agit de la décision dont l'annulation est demandée dans l'instance n°2201054. A la suite de l'avis favorable de la CNRACL du 31 août 2022, le maire, par arrêté du 6 septembre 2022, a admis M. D à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2022 et l'a radié des cadres à cette même date. Il s'agit de la décision dont l'annulation est demandée dans l'instance n°2300113.
Sur la jonction
2. Les requêtes n°2200007, 2201054 et 2300113, présentées par M. D, concernent la situation d'un même fonctionnaire. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 mai 2021
3. En premier lieu, l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales dispose : " I. Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés dans les conditions prévues au présent article et, pour les actes mentionnés à l'article L. 2131-2, qu'il a été procédé à la transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement prévue par cet article. Le maire peut, sous sa responsabilité, certifier le caractère exécutoire d'un acte. " Il résulte de ces dispositions que les mentions apportées, sous la responsabilité du maire, pour certifier le caractère exécutoire des actes des autorités communales font foi jusqu'à la preuve du contraire.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A B, adjoint au maire, bénéficiait d'une délégation de pouvoir relative aux ressources humaines de la commune en date du 21 avril 2021, transmise au contrôle de légalité et dont le maire atteste le caractère exécutoire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en raison de l'absence de délégation et de publication de l'arrêté portant délégation doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 37 du décret 87-602 dans sa version en vigueur du 8 octobre 2011 au 14 mars 2022 : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 susvisé, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. Pendant toute la durée de la procédure requérant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances, le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. "
6. En l'espèce, la décision attaquée concerne le placement de M. D en disponibilité dans l'attente de l'avis de la commission de réforme. Dans ces conditions, le vice de procédure allégué, qui concerne une position qui n'est pas celle dans laquelle le requérant a été placé par l'arrêté d'attaqué, est sans incidence sur la légalité de la procédure. Le moyen sera donc écarté.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D a bénéficié d'une période de reclassement du 23 décembre 2019 au 21 février 2021, puis a été placé en position d'activité dans l'attente de son reclassement, période pendant laquelle il a effectué un stage. Dans ces circonstances, le seul fait que la commune n'ait pas proposé au requérant de poste dans le cadre de la procédure de reclassement antérieure à la décision attaquée est sans incidence sur la légalité de cette dernière. Le moyen tiré du vice de procédure sera donc écarté.
8. En quatrième lieu, il ressort de ce qui a été dit précédemment que M. D a pu effectivement suivre un plan personnalisé de reclassement, qui s'est conclu par un stage. Dans ces conditions, le requérant a pu suivre la totalité de sa formation. Le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de la décision mettant fin à sa période de reclassement est donc en tout état de cause inopérant et doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 23 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 dans sa version applicable au litige : " II. Les centres de gestion assurent pour leurs agents, y compris ceux qui sont mentionnés à l'article 97, et pour l'ensemble des agents des collectivités territoriales et établissements publics affiliés, les missions suivantes, sous réserve des dispositions du II de l'article 12-1 : () 6° Le reclassement, selon les modalités prévues aux articles 81 à 86, des fonctionnaires devenus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, de catégories A, B et C ; ". L'article 1er du décret n°85-1054 du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions dispose que : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial ne lui permet plus d'exercer normalement ses fonctions et que les nécessités du service ne permettent pas d'aménager ses conditions de travail, le fonctionnaire peut être affecté dans un autre emploi de son grade. L'autorité territoriale procède à cette affectation après avis du service de médecine professionnelle et de prévention, dans l'hypothèse où l'état de ce fonctionnaire n'a pas rendu nécessaire l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical si un tel congé a été accordé. Cette affectation est prononcée sur proposition du centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion lorsque la collectivité ou l'établissement y est affilié. "
10. Il résulte de ces dispositions que la recherche d'une nouvelle affectation pour un fonctionnaire territorial est une compétence partagée entre la collectivité et le centre de gestion, celui-ci devant en outre faire la proposition finale. Il n'est pas contesté que la commune de Saint-Martin-la-Pallu est affiliée au centre de gestion de la Vienne. Dans ces conditions, et compte tenu du fait que la médecine du travail avait précisé que le requérant ne pouvait faire qu'un reclassement externe et ne pouvait rester dans sa collectivité d'origine, le centre de gestion était bien l'autorité désignée pour proposer de nouvelles affectations au requérant. Il en résulte que la commune de Saint-Martin-la-Pallu pouvait réorienter le requérant en lui demandant de prendre attache avec le centre de gestion. Le moyen sera donc écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 mai 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 février 20212. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales précité, les mentions apportées, sous la responsabilité du maire, pour certifier le caractère exécutoire des actes des autorités communales font foi jusqu'à la preuve du contraire. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, adjoint au maire, bénéficiait d'une délégation de pouvoir relative aux ressources humaines de la commune en date du 12 mai 2021, transmise au contrôle de légalité et dont le maire atteste le caractère exécutoire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte en raison de l'absence de délégation et de publication de l'arrêté portant délégation doit donc être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière, la commission de réforme comprend : " () 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes () ". Il résulte de ces dispositions que c'est seulement dans les cas où il est manifeste, au vu des éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par un agent est nécessaire pour éclairer l'examen de son cas, que l'absence d'un tel spécialiste doit être regardée comme privant l'intéressé d'une garantie et comme entachant la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.
14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme disposait d'un rapport réalisé par le docteur C en 2022 selon le format exigé, à savoir le formulaire AF3, ainsi que d'un rapport écrit plus détaillé, établi en 2019. Dans ces conditions, et au regard des éléments ainsi mis à la disposition de la commission de réforme, il n'est pas manifeste que la présence d'un médecin spécialiste était nécessaire. Le moyen sera donc écarté.
15. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le médecin de prévention a été informé de la tenue de la réunion de la commission de réforme du 17 février 2022, ainsi que de l'examen du dossier de M. D dans le cadre de celle-ci. Le moyen tiré de l'absence d'information de celui-ci sera donc écarté.
16. En quatrième lieu, il résulte des points 3 à 10 que l'illégalité de la décision du 19 mai 2021 n'est pas établie. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité sera donc écarté.
17. En cinquième lieu, il résulte ce qui a été dit aux points 9 et 10 que l'absence de proposition de nouvelle affectation par la commune de Saint-Martin-la-Pallu n'était pas constitutive d'une erreur de droit. Le moyen sera donc écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant sur la mise à la retraite pour invalidité
19. En premier lieu, il résulte ce que qui a été dit aux paragraphes 13 et 14 que la commission de réforme disposait d'éléments suffisants pour éclairer sa décision, sans que la présence d'un médecin spécialiste soit nécessaire. Le moyen tiré du vice de procédure sera donc écarté.
20. En deuxième lieu, il résulte des paragraphes 12 à 16 que l'illégalité de la décision du 19 mai 2021 n'est pas établie. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité sera donc écarté.
21. En troisième lieu, il résulte ce qui a été dit aux points 9 et 10 que l'absence de proposition de nouvelle affectation par la commune de Saint-Martin-la-Pallu n'était pas constitutive d'une erreur de droit. Le moyen sera donc écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la décision portant mise à la retraite pour invalidité du requérant doivent être écartées.
Sur les frais d'instance
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Martin-la-Pallu qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans ces circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D la somme demandée par la commune de Saint-Martin-la-Pallu en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2200007, 2201054 et n°2300113 de M. D sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Martin-la-Pallu en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et à la commune de Saint-Martin-la-Pallu.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thévenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
J. DUVAL-TADEUSZ
Le président,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
2,2201054,2300113
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026