jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LELONG DUCLOS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 janvier 2022 et le 11 mai 2023, M. B A, représenté par Me Lelong, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juin 2021 de la préfète de la Vienne valant certificat d'urbanisme opérationnel négatif qui lui a été opposée pour l'installation d'un mobil-home sur le terrain cadastré section AB n° 202 situé à Moussac ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer le certificat d'urbanisme pré-opérationnel sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 350 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et la somme de 500 euros à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation pour l'application des articles L. 111-3 et L. 111-4 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation pour l'application des dispositions des articles R. 111-37 et R. 111-38 du code de l'urbanisme ;
- l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration doit être écartée dès lors que la décision du 23 juin 2021 a reçu exécution pour la période courant du 23 juin 2021 au 4 mars 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2022, le préfet de la Vienne conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il a pris le 4 mars 2022 un arrêté accordant le certificat d'urbanisme opérationnel et abrogeant la décision du 23 juin 2021.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 12 novembre 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Duclos, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 avril 2021, M. A a déposé à une demande de certificat d'urbanisme sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme pour l'installation d'un mobil-home sur la parcelle cadastrée section AB n° 202 située sur le territoire de la commune de Moussac (Vienne). Par arrêté du 23 juin 2021, la préfète de la Vienne a refusé d'accorder le certificat d'urbanisme sollicité pour la réalisation de cette opération. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : "Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain / ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / () Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'Etat () ".
3. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai de recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 4 mars 2022, le préfet de la Vienne a abrogé l'arrêté portant certificat d'urbanisme opérationnel négatif du 23 juin 2021 et accordé le certificat d'urbanisme sollicité. Contrairement à ce que soutient le requérant, compte tenu de la nature du certificatif d'urbanisme négatif, qui ne lie pas l'autorité compétente en ce qui concerne la délivrance d'autorisations d'urbanisme ultérieures, ce certificat ne peut être regardé comme ayant connu un commencement d'exécution entre le 23 juin 2021 et le 4 mars 2022, date de son abrogation. Par suite, et dès lors que l'arrêté du 4 mars 2022 a acquis un caractère définitif, les conclusions à fin d'annulation du certificat d'urbanisme du 23 juin 2021 présentées par M. A sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer, ainsi que le fait valoir le préfet de la Vienne en défense.
Sur les frais liés à l'instance :
5. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 12 novembre 2021. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Lelong, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lelong de la somme de 240 euros. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 960 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. A.
Article 2 : L'Etat versera à Me Lelong une somme de 240 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 960 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Me Lelong.
Copie en sera adressée au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
N° 200075
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026