jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200158 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ELIGE BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 janvier 2022 et le 29 avril 2023, M. A et Mme C B demandent au tribunal d'annuler la décision du 23 décembre 2021 par laquelle le maire de Salles-sur-Mer a refusé de leur accorder un permis d'aménager pour la division d'un terrain cadastré section situé au .
Ils soutiennent que :
- la décision ne s'appuie sur aucun texte, va à l'encontre de la loi ALUR et est dépourvue d'argument recevable donc arbitraire ;
- le projet, réalisé en concertation avec la mairie et la communauté d'agglomération de La Rochelle, respecte les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) en vigueur et la végétation alentour ;
- un engagement verbal a été donné par la mairie;
- le projet de construction présenté par le géomètre est pour le moment hypothétique, le seul projet pour l'instant est de conserver le terrain divisé avec la petite dépendance ;
- si la commune soutient dans son mémoire en défense que le projet s'oppose au régime de protection applicable dans la zone du château de la commune dans laquelle se situe leur propriété, l'unité départementale de l'architecture et du Patrimoine de la Charente Maritime a émis un avis " sans objet " sur le projet le 26 juillet 2021 ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne le motif tiré de ce que le projet de division est inesthétique.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2023, la commune de Salles-sur-Mer, représentée par la SELAS Elige Bordeaux Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'exposé de conclusions et de moyens ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me De Crasto, représentant la commune de Salles-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires d'une parcelle cadastrée section située au n°(ANO)5 rue des coutures(ANO) à Salles-sur-Mer (Charente-Maritime). Par arrêté du 23 décembre 2021, le maire de la commune a refusé de leur accorder un permis d'aménager pour la division d'un lot à bâtir d'une superficie de 572 m² sur cette parcelle. M. et Mme B demandent l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. Dans leur requête, M. et Mme B font notamment valoir que leur projet respecte les dispositions du PLUi, qu'il n'implique l'abattage d'aucun arbre, qu'il va dans le sens de la loi ALUR, et demandent l'annulation de la décision en litige. La fin de non-recevoir tirée par la commune de ce que la requête ne comporte aucun moyen et aucune conclusion doit par suite être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 421-2 du code de l'urbanisme : " Les travaux, installations et aménagements affectant l'utilisation des sols et figurant sur une liste arrêtée par décret en Conseil d'Etat doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager ".
5. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
7. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
8. Pour refuser le permis de construire en litige, le maire a considéré que le projet de division ne s'intègre pas dans l'environnement et qu'il est de nature à impacter des éléments de qualité. Il doit être regardé comme s'étant fondé ainsi sur les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme citées au point 6 dont l'arrêté reprend les termes.
9. Le terrain d'assiette du projet est situé dans un quartier résidentiel, composé d'habitats pavillonnaires de construction récente sans intérêt particulier, proche du centre-bourg de Salles-sur-Mer. Il est intégré dans le périmètre protégé du Château de l'Herbaudière, monument historique, sans covisibilité. Ce terrain est en outre bordé le long de la rue des coutures d'une haie de frênes et d'érables qui serait " en cours de sauvetage par le maire à la demande des riverains " et abrite un pin parasol à l'avant de la parcelle à l'Ouest de la construction existante. Le projet en litige prévoit de diviser en deux lots la parcelle. Cette parcelle longe la rue des coutures au sud et est entourée de parcelles construites sur les côtés Ouest et Est et d'une parcelle classée en zone 1AUV destinée à être ouverte à l'urbanisation à vocation principale d'habitat sous la forme d'opération d'ensemble côté Nord. Le terrain d'assiette du projet abrite déjà une construction existante à usage d'habitation en rez-de-chaussée implantée au Centre-Est de la parcelle. Le projet prévoit de créer un nouveau lot sur le " terrain d'agrément " à l'Ouest de la parcelle délimitée par une ligne tracée perpendiculairement à la voie publique et qui longe la façade Ouest de la construction existante. Le lot nouvellement créé comporte une largeur de 13,91 mètres du côté de la rue des coutures et 13,96 mètres en fond de parcelle. La seule circonstance de l'étroitesse de la bande de terrain, relevée dans la décision attaquée, ne suffit pas à établir que la réalisation d'une construction porterait atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants tels qu'ils viennent d'être décrits. Par ailleurs, le maire ne conteste pas que la réalisation d'un accès à la voie publique pourrait être réalisé dans l'espace de 4,40 mètres qui sépare deux arbres de la haie, sans avoir à abattre le pin parasol situé à l'avant de la parcelle, ces éléments de végétation n'étant à la date de la décision attaquée ni classés ni protégés. Dans ces conditions, le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en refusant sur ce fondement d'accorder le permis d'aménager en litige.
10. Si la commune de Salles-sur-Mer invoque par ailleurs la méconnaissance par le projet en litige, d'une part, du PLUi s'agissant de la protection des arbres remarquables, avec des compensations en cas d'abattage et, d'autre part, du régime de protection applicable dans la zone du château de l'Herbaudière, monument historique, elle ne précise pas, en tout état de cause, à quelles dispositions elle fait référence.
11. Pour l'application des dispositions de L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision en litige.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 23 décembre 2021 du maire de Salles-sur-Mer doit être annulée.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. et Mme B, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la commune de Salles-sur-Mer et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de la commune de Salles-sur-Mer du 23 décembre 2021 est annulée.
Article 2 : : Les conclusions de la commune de Salles-sur-Mer tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme C B et à la commune de Salles-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
M. BOUTET
Le président,
A. JARRIGE
La greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026