jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200253 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARINE BAUDRY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 janvier 2022, le 2 août 2022 et le 10 novembre 2022, M. B A et M. D A, représentés par Me Marine A, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 août 2021 par laquelle le maire de La Jarne a accordé un permis d'aménager n° PA17193200005 à M. et Mme C pour la réalisation d'un lotissement composé de deux lots sur une parcelle cadastrée section (ANO)AA n° 782(ANO) située au lieu-dit Le Bourg, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé 30 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Jarne et de M. et Mme C une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme dès lors que les pétitionnaires n'ont pas fait appel à un architecte ou un paysagiste concepteur ;
- le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet au regard des dispositions des articles R. 441-3, R. 441-4, R. 442-4 et R. 442-3 du code de l'urbanisme en ce qui concerne l'indication des constructions avoisinantes, de la végétation présente sur le terrain d'assiette du projet, du traitement des parties situées en limite de terrain, du programme des travaux d'équipement, de l'absence de différenciation dans le plan de composition de ce qui relève des usages collectif des parties privatives et enfin de la surface de plancher maximale envisagée ;
- le projet méconnait les dispositions des articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme dès lors que la voie d'accès empiète sur un espace boisé classé ; à supposer même que le projet empiète sur un espace vert protégé au sens des dispositions de l'article L. 151-23 du code de l'environnement, il méconnait les dispositions de l'article 1.7.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;
- il méconnait les dispositions de l'article 1.10 du règlement du PLUi relatif aux conditions de desserte par la voie ;
- il méconnait les dispositions de l'article UV5 du règlement du PLUi ;
- le PLUi est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'il classe la parcelle d'assiette du projet en zone urbaine.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er avril 2022 et le 3 octobre 2022, la commune de La Jarne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable au motif de sa tardiveté.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2022, M. F et Mme E C, représentés par la SELARL e-LITIS Société d'Avocats, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants d'une part et au motif de sa tardiveté d'autre part ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par un courrier du 16 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.7.2 du règlement du PLUi, présenté pour la première fois postérieurement à la date de cristallisation des moyens, intervenue en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Verger substituant Me A, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 3 août 2021, le maire de La Jarne a accordé un permis d'aménager n° PA17193200005 à M. et Mme C pour la réalisation d'un lotissement composé de deux lots sur une parcelle cadastrée section (ANO)AA n° 782(ANO) situé au lieu-dit Le Bourg. M. B A et M. D A, propriétaires de la parcelle voisine, demandent l'annulation de cette décision ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé 30 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la nécessité de faire appel à un architecte ou un paysagiste concepteur :
2. Aux termes de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis d'aménager concernant un lotissement ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel aux compétences nécessaires en matière d'architecture, d'urbanisme et de paysage pour établir le projet architectural, paysager et environnemental dont, pour les lotissements de surface de terrain à aménager supérieure à un seuil fixé par décret en Conseil d'Etat, celles d'un architecte au sens de l'article 9 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture ou celles d'un paysagiste concepteur au sens de l'article 174 de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ". L'article R.441-4-2 du même code précise que : " Le seuil mentionné à l'article L. 441-4 est fixé à deux mille cinq cents mètres carrés ".
3. S'il ressort du formulaire Cerfa de demande de permis d'aménager que la superficie de la parcelle cadastrale (ANO)AA n° 782(ANO) sur laquelle sera implanté le projet est de 5 085 m², la notice descriptive du projet précise que le projet n'est envisagé que sur une partie de cette parcelle pour une surface de 1 029 m², inférieure au seuil fixé par les dispositions précitées. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 441-4 du code de l'urbanisme au motif que les pétitionnaires n'ont pas fait appel à un architecte ou un paysagiste concepteur doit être écarté.
En ce qui concerne le caractère complet du dossier de demande :
4. Aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme indique que : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". Aux termes de l'article R.441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également : 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ". Aux termes de l'article R.442-4 du même code : " Le plan prévu par le 2° de l'article R. 441-4 fait apparaître la répartition prévue entre les terrains réservés à des équipements ou des usages collectifs et les terrains destinés à une utilisation privative ". Aux termes de l'article R.442-3 du même code : " La demande précise, outre les informations mentionnées à l'article R. 441-1, le nombre maximum de lots et la surface de plancher maximale dont la construction est envisagée dans l'ensemble du lotissement ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En premier lieu, la notice descriptive mentionne que le secteur de la rue de Parthenay est compris dans un îlot délimité par des typologies de bâtis anciens en pierre et indique que l'accès à l'opération est également constitué de bâtiments anciens en pierres. La notice comprend notamment par ailleurs un extrait de plan cadastral qui permet de distinguer clairement l'emplacement des constructions entourant le terrain d'assiette du projet, y compris celle des requérants. La notice comporte également des photographies aériennes du site qui permettent également de visualiser les constructions avoisinantes, y compris la construction appartenant aux requérants ainsi que différentes prises de vue du terrain d'assiette du projet, qui permettent également d'observer le mur entourant la propriété des requérants, et des prises de vue de la rue de Parthenay et du Quéreux située à proximité. Le dossier de demande pris dans son ensemble a ainsi permis à l'autorité compétente de connaître l'emplacement, le volume et le style architectural des constructions existantes aux abords du terrain d'assiette du projet.
7. En deuxième lieu, comme cela a été exposé ci-dessus, le projet en litige ne s'étend pas sur l'ensemble de la parcelle cadastrée section (ANO)AA n° 782(ANO), qui est en partie classée en espace boisés protégés, mais seulement sur une emprise limitée à 1 029 m². La notice comporte un extrait du règlement graphique du PLUi permettant de visualiser la partie de la parcelle concernée par l'EBC. Par ailleurs, les photographies aériennes et les vues du terrain prises sous quatre angles (notamment PA6) permettent de visualiser de manière suffisante la végétation existante sur l'emprise du projet, faisant apparaître notamment la présence d'un seul arbre de haute tige et de quelques arbustes.
8. En troisième lieu, le dossier de demande, notamment le plan de composition PA4 et le plan de coupe PA5, présente les modalités de traitement des parties du terrain situées en limite du projet, notamment la voie d'accès en revêtement bicouche, la pelouse qui entoure cette voie et la plantation d'un arbre en limite Nord-Est de l'emprise du projet. Par ailleurs, le programme des travaux d'équipement est quant à lui exposé page 13 du dossier de demande et les requérants ne précisent pas en quoi les informations fournies seraient insuffisantes. Le plan de composition permet pourtant de bien distinguer les équipements collectifs, c'est-à-dire la voie d'accès en partie végétalisée, des deux lots destinés à une utilisation privative. Enfin, le formulaire Cerfa indique bien sous la rubrique 4.2 la surface de plancher maximale envisagée de 650 m² pour les deux lots projetés. Les requérants ne sont par suite pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis d'aménager est insuffisant sur ces différents points.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme :
9. Aux termes de l'article L.113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". Aux termes de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements ".
10. Les requérants soutiennent que le terrain d'assiette du projet est en partie protégé en tant qu'espace boisé classé et, plus précisément, que la voie d'accès aux lots empiète sur cet espace. Toutefois, il ressort du règlement graphique du PLUi que la voie d'accès en question empiète sur un espace vert protégé et non pas sur un espace boisé classé.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance du PLUi :
11. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative () / Le président de la formation de jugement, ou le magistrat qu'il désigne à cet effet, peut, à tout moment, fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens lorsque le jugement de l'affaire le justifie. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire ".
12. Dans leur mémoire en réplique du 2 août 2022, les requérants soutiennent qu'à supposer même que le chemin d'accès empiète sur un espace vert protégé, le projet méconnait les dispositions de l'article 1.7.2 du PLUi qui exige que les espaces verts protégés au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme soient maintenus. Ce moyen a toutefois été invoqué pour la première fois plus de deux mois après communication du premier mémoire en défense de la commune le 6 avril 2022 et, en toute hypothèse, également plus de deux mois après communication du premier mémoire en défense des pétitionnaires le 22 avril 2022. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1.7.2 du règlement du PLUi est par suite irrecevable en application des dispositions précitées de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1.10 du règlement du PLUi relatif aux conditions de desserte par la voie : " Les caractéristiques des voies de desserte des constructions, qu'elles soient existantes ou nouvelles, doivent être adaptées à l'importance ou à la destination des constructions qu'elles doivent desservir. Les projets doivent limiter les voies en impasse. Les voies nouvelles doivent permettre la circulation et l'utilisation des véhicules assurant un service public, si cette circulation et cette utilisation sont nécessaires. Dans le cas des voies en impasse publique, celles-ci doivent se terminer par une aire de retournement libre de stationnement et sur voie publique de façon notamment à ce que le véhicule de collecte des déchets puissent faire aisément demi-tour en effectuant au plus une marche arrière. L'ouverture de pistes cyclables et de chemins piétonniers pourra être exigée notamment pour desservir les équipements publics ou pour renforcer des liaisons inter quartiers en compatibilité avec les Orientations d'Aménagement et de Programmation (OAP) figurant en pièce n° 3.2.2 du présent PLUi ". Le lexique du PLUi définit la notion d'accès comme correspondant " soit à la limite donnant directement sur la voie (portail, porte de garage), soit à l'espace tel que le porche ou la portion de terrain par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain d'assiette du projet depuis la voie de desserte. Sont donc soumis aux dispositions du règlement : - les accès donnant directement sur la voie : portail, porte de garage ; - les chemins d'accès raccordés sur une voie sous la forme d'une bande de terrain et d'une servitude de passage permettant l'accès à un ou des terrains en second rang, qui ne sont pas desservis directement par une voie publique. Les accès sont considérés comme des voies lorsque ces deux conditions sont réunies : - l'accès ou le chemin d'accès présente une longueur supérieure à 60 mètres mesurée depuis la voie ouverte à la circulation automobile ; - l'accès ou le chemin d'accès dessert 3 logements et plus ".
14. A supposer même que le chemin d'accès doive être regardé comme une voie de desserte au sens des dispositions de l'article 1.10 du règlement du PLUi, compte tenu des caractéristiques du projet qui prévoit la réalisation de deux lots d'une superficie de 292 et 358 m² pour une surface de plancher habitable maximale de 650 m², il ne ressort pas des pièces du dossier que le chemin d'accès projeté, d'une largeur de 4 mètres en double sens, et l'aire de retournement ne soient pas adaptés à l'importance du projet et qu'ils fassent obstacle à la circulation d'un véhicule de secours. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1.10 du règlement du PLUi doit par suite être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article UV5 du règlement du PLUi relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions : " Les arbres existants devront être conservés dans la mesure du possible. Tout arbre abattu devra être remplacé si l'espace libre restant le permet ".
16. Comme cela a été exposé au point 7 s'agissant du caractère complet du dossier de demande, il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comportait plus d'un arbre qu'il est prévu de replanter à l'angle Nord-Ouest du terrain.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la délibération approuvant le PLUi en tant qu'elle classe la parcelle d'assiette du projet en zone urbaine :
17. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Un vice de légalité externe est étranger à ces règles, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. En revanche, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, un vice de légalité interne ne leur est pas étranger.
18. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts
19. L'orientation n°4 du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle prévoit d' " accueillir plus de jeunes et d'actifs et de développer majoritairement le territoire dans l'enveloppe urbaine existante " et une orientation n° 9 visant à " mettre en œuvre les conditions de production de logements et d'hébergement pour tous, réparties sur l'ensemble du territoire et qui s'appuie sur les pôles d'emploi, de réseau et de transport ". Par ailleurs, selon le selon le rapport de présentation du PLUi, la zone UV intitulée " Esprit village " couvre l'ensemble des espaces bâtis des cœurs de ville et de village ainsi que des hameaux. Le secteur UV 4 a pour objectif "de développer et de favoriser le front bâti sur la voie en octroyant de nombreux droits à bâtir à l'avant des parcelles et plus de capacité en hauteur de façon à préserver les espaces libres des cœurs d'îlots ".
20. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section (ANO)AA n°782(ANO) en litige, correspondant à un ancien terrain de tennis et son chemin d'accès, est située à l'intérieur du bourg de La Jarne à la limite avec des parcelles construites classées en zone urbaine qui jouxtent la rue nationale (D. 939) au Nord et à l'Est. Quand bien même cette parcelle est entourée au Sud et à l'Ouest de parcelles classées en zone naturelle, correspondant en partie à un espace boisé classé au Sud et à l'Ouest, son classement en zone UV correspond à l'objectif du PADD de densifier l'urbanisation en zone urbaine, à proximité des axes de transport. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les auteurs du PLUi ont commis une erreur manifeste d'appréciation en classant la parcelle d'assiette du projet en zone UV4. Par ailleurs, les requérants ne sauraient utilement soutenir que le classement de cette parcelle aurait dû être maintenu en zone naturelle dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur l'opportunité du classement retenu par les auteurs d'un document local d'urbanisme. L'exception d'illégalité du classement de la parcelle cadastrée section (ANO)AA n°782(ANO) doit donc être écartée.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du permis d'aménager accordé le 3 août 2021 par le maire de la Jarne doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les fins de non-recevoir invoquées par la commune et par M. et Mme C.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge la commune de La Jarne et de M. et Mme C, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B A et M. D A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
23. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. B A et M. D A ensemble une somme de 1 200 euros que M. et Mme C demandent au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A et M. D A est rejetée.
Article 2 : M. B A et M. D A verseront ensemble à M. et Mme C la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, premier dénommé, à la commune de La Jarne et à M. F et Mme E C.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
M. BOUTET
Le président,
A. JARRIGE
La greffière,
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026