jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er février et 22 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Boisseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Dignac a refusé de lui délivrer un permis de construire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dignac la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté repose sur des motifs illégaux dès lors que le projet consiste en une reconstruction à l'identique ;
- la construction existante étant vétuste et inhabitable, la condition de sinistre prévue par l'article A 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) est remplie.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 mars et 5 octobre 2022, la commune de Dignac, représentée par la SELARL Valadou-Josselin et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens invoqués dans la requête sont infondés ;
- l'arrêté attaqué peut être fondé sur le motif tiré de l'absence de sinistre préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- et les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 octobre 2021, M. A a déposé une demande de permis de construire ayant pour objet la destruction d'une maison préfabriquée et la construction d'une maison charentaise sur une parcelle cadastrée section 0C n°363, située au lieu-dit La Beaurie, sur le territoire de la commune de Dignac (Charente). Par arrêté du 8 décembre 2021, le maire de Dignac a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement ". Il résulte de ces dispositions que, dès lors qu'un bâtiment a été régulièrement construit, seules des dispositions expresses de la réglementation locale d'urbanisme prévoyant l'interdiction de la reconstruction à l'identique de bâtiments détruits par sinistre ou démolis peuvent faire légalement obstacle à sa reconstruction.
3. Aux termes de l'article A.2.4 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la commune de Dignac : " La reconstruction, après sinistre, d'une construction est autorisée aux conditions complémentaires de respecter les dispositions prévues à l'article A11, de ne pas changer la destination initiale de la construction avant sinistre, et que la surface de plancher reconstruite ne dépasse pas une surface de plancher maximale équivalente à 1,5 fois la surface de plancher de la construction initiale ".
4. Le maire de Dignac a refusé de délivrer le permis de construire sollicité par M. A au motif que la construction d'une maison d'habitation charentaise suite à la démolition d'une maison préfabriquée ne peut être considérée comme une reconstruction à l'identique. Toutefois, les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme ne conditionnent pas les reconstructions en zone A au caractère identique de la nouvelle construction. Il en résulte qu'en opposant ce motif pour rejeter la demande de permis de construire sollicitée par le requérant, la commune doit être regardée comme ayant entaché l'arrêté attaqué d'une erreur de droit.
5. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. La commune de Dignac demande que soit substitué au motif de sa décision entaché d'une erreur de droit, ainsi que relevé au point 4, celui tiré de ce que la reconstruction projetée ne fait pas suite à un sinistre.
7. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, la reconstruction de la maison d'habitation existante est motivée par sa vétusté et son caractère inhabitable en raison notamment de plusieurs défauts de construction et l'utilisation de matériaux de mauvaise qualité, d'autre part, cet état de vétusté n'est pas imputable à un sinistre. Par suite, le motif tiré de l'absence de sinistre préalable à la reconstruction projetée est de nature à fonder légalement le refus de permis de construire opposé à M. A. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le maire de Dignac aurait pris la même décision s'il s'était fondé initialement sur ce motif. Dès lors, la substitution de motif demandée ne privant le requérant d'aucune garantie procédurale, il y a lieu d'y procéder et de rejeter les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Dignac lui a refusé la délivrance d'un permis de construire.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Dignac au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la commune de Dignac, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Dignac la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Dignac.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. JARRIGE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026